Pour rappel, à ma demande expresse et ce afin de préserver la qualité de l’eau du Golfe du Morbihan (site sensible à bien des égards), tout carénage est interdit depuis 2008 à St Goustan. Combien même qu’aucune réglementation ne fixe les limites des rejets consécutifs aux opérations de carénage, la Loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006 et le Règlement Sanitaire Départemental du Morbihan arrêtent les interdictions générales de rejet polluant dans les eaux et fixent les conditions de rejet des eaux des aires de carénage vers le milieu naturel. S’y ajoutent les recommandations de l’Agence de l’eau, prescrites au Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux du Comité de Bassin Loire-Bretagne, dont l’objectif est de préserver la qualité des eaux de rivière et du littoral. Si le respect de l’ensemble de ces règles et recommandations conditionne l’obtention des subventions de l’Agence de l’eau et du Département pour la réalisation d’une aire de carénage, la nécessité partagée de sauvegarder la ressource vitale et économique que constitue l’eau pour la biodiversité et la qualité de nos rivages exige la prise en compte de ces obligations. Il ne peut en être autrement malgré la gêne et le coût qui en résultent aujourd’hui.

Port_St_Goustan.JPGDans ce contexte réglementaire et écologique, auquel s’ajoutent les contraintes liées au classement du site en ZPPAUP et aux marées, la création d’une aire de carénage permettant une collecte et un traitement des eaux est possible à St Goustan. Elle sera implantée à proximité de la cale de mise à l’eau côté capitainerie ; d’une surface de 150 m² elle sera prolongée d’une zone technique permettant les travaux de maintenance. Les eaux souillées seront collectées et traitées avant rejet dans la rivière. Afin de prendre en compte les fortes marées la station de traitement sera installée hors submersion dans la cour de la Maison de Quartier. Les activités de carénage et de maintenance des bateaux n’étant pas sans générer des déchets, une gestion de ces derniers sera organisée. Cet aménagement doit permettre de traiter au moins 125 bateaux par an. Son coût est estimé à 90 000 € HT.

Reste à définir les conditions d’exploitation de cette aire de carénage notamment celles relatives au grutage des bateaux. En effet, si les coûts de fonctionnement de l’aire (en Régie Municipale) se situent dans une fourchette de 5 000 à 10 000 € par an (amortissement, traitement des eaux et des déchets …), le recours à une grue pour la manutention des bateaux est nécessaire dans nombre de cas et il est de nature à alourdir la facture des usagers. Après examen des propositions formulées par la SOCOTEC le conseil portuaire pense que le recours à une Délégation de Service Publique (DSP) serait la solution la plus avantageuse pour le grutage. Le cabinet d’étude SOCOTEC est chargé d’affiner cette solution pour déterminer un prix d’utilisation de l’aire par bateau, grutage compris, qui serait intégré dans le tarif d’abonnement des emplacements.

Avec cette installation la ville d’Auray se veut exemplaire (Action 34 de son Agenda 21 local). Elle agit pour l’environnement et fait le choix du Service Public pour que les usagers du port puissent entretenir leurs bateaux. Cette exemplarité s’inscrit aussi dans la volonté d’Auray d’affirmer le caractère portuaire de Saint Goustan. Elle montre enfin la voie à suivre pour la création de telles structures dans les autres ports du Golfe du Morbihan.