Tout appelle à saluer et à poursuivre l’action de la municipalité d’Auray pour construire du logement social et accessible avec des lotissements communaux. Et cette priorité reprise dans le Plan Local de l’Habitat (PLH) d’Auray Communauté doit s’affirmer avec la création de la nouvelle intercommunalité dans les mois et années à venir car le besoin est grand. En cela le renforcement de la loi SRU en portant de 20 % à 25 % l’obligation de logements sociaux dans le parc de résidences principales des communes de plus de 3500 habitants doit y aider. Et combien même qu’à Auray aujourd’hui il y a près de 25 % de logements sociaux il ne faut pas réduire la voilure. D’ailleurs la révision du PLU d’Auray et l’élaboration du SCOT du Pays d’Auray doivent être l’occasion de porter cette exigence au niveau de notre commune et de toutes les communes de notre territoire car la présence de grues dans nos villes peut être trompeuse.

On assiste à une baisse, constatée nationalement, des constructions en 2012 (et qui se confirme en ce début 2013), elle inquiète les professionnels et les associations de locataires et de consommateurs. Il faut y voir le résultat du désengagement financier de l’Etat et de la hausse des coûts de construction en raison notamment de l’augmentation de la TVA pour les logements sociaux, au nom soit disant de la compétitivité et de l’emploi. La TVA est passée de 5,5 % à 7 % en 2012 et passera à 10 % en 2014. Ajouté à un prix du foncier élevé dans notre territoire, à la disparition d’outils bancaires comme le Crédit Immobilier de France Photo CIF Auray(qui ne semble émouvoir aucun élu politique à Auray !) et à un accroissement des difficultés pour nombre de ménages les efforts des collectivités locales et des bailleurs sociaux s’en trouvent limités de fait. Une volonté politique forte et de gauche s’impose pour inverser cette tendance lourde de conséquence en termes de logements construits et d’emplois dans le BTP.

Elle doit être d’autant plus forte que la crise économique, qu’accélère la politique austéritaire du gouvernement actuel pour résorber les déficits publics et respecter les critères de gestion imposés par l’Europe, va fragiliser, voir plus, déchirer nombre de familles. Certes des mesures ont été prises depuis l’arrivée de Hollande à l’Elysée comme la limitation des hausses de loyer dans le parc privé ou l’engagement de construire des milliers de logements mais, devant une courbe du chômage qui s’envole, face à un projet de loi qui va autoriser la baisse des salaires et faciliter les licenciements, elles sont loin d’apporter des réponses aux urgences sociales qui s’annoncent. Elles s’apparentent encore à un emplâtre sur une jambe de bois.

Lorsqu’à la précarité de l’emploi et du salaire s’ajoute celle du logement la pauvreté de l’être s’accroît, nourrit l’exclusion et le repli sur soi pour devenir le terreau de tous les rejets. Cette situation n’est pas tenable, elle pose encore avec plus d’acuité la nécessité de rompre avec les politiques d’austérité actuelles. Le Front de Gauche s’y emploie en menant campagne pour une alternative à l’austérité et en étant dans les manifestations au côté des salariés et des retraités le 5 mars prochain.