Je crois utile de nous réunir en pareille circonstance parce que les moments consacrés au souvenir de ceux qui nous ont précédés restent très importants, ils le sont de plus en plus à mon avis aujourd’hui. Le devoir de mémoire et de transmission de la connaissance des faits est indispensable pour lutter contre l’oubli et les révisions de l’histoire. Les sacrifices de ces combattants ont inspirés nos actes et nos décisions. Espérons qu’ils n’auront pas été vains.

Guy MocquetNous ne sommes pas en guerre mondiale au sens militaire du terme aujourd’hui, telles que l’ont été la première et la seconde, mais il n’est pas exagéré de dire que nous sommes face à une guerre complexe et difficile contre les excès du capitalisme, nourri en cela par un libéralisme exacerbé qui meurtri les peuples et dont les dégâts sont tout aussi conséquents.

Au moment où la France, l’Europe, le Monde sont affectés par la crise du système capitalisme et financier la résistance citoyenne et républicaine doit s’affirmer dans les urnes car nous sommes en temps de paix. Je le dis d’autant plus à cette heure où l’extrême droite, remise en selle ces derniers mois par Nicolas Sarkozy et certains de ces ministres, Claude Guéant en tête, menace la République et ses fondements. Les idées portées par ces politiques doivent être combattues sans relâche et les risques encourus mis en exergue pour montrer combien ils constituent un danger pour notre peuple.

Permettez-moi de dire à cet instant combien nous devons exprimer notre gratitude à tous ces combattants venus d’Afrique, des anciennes colonies françaises, qui ont activement participé à la Libération de notre pays en 1944. Oui pour dire que si la France a pu compter sur ces hommes de par le passé, elle se doit aujourd’hui, au nom de ceux qui l’ont payé de leur vie, d’accueillir avec respect leurs frères et leurs sœurs et leur apporter la solidarité.

Aujourd’hui nous sommes réunis pour commémorer la mémoire de nos camarades cheminots résistants fauchés par les nazis en 1942, j’entends associer à cet hommage toutes les victimes de ces terribles années noires de la guerre ; je salue ici l’héroïsme de tous ces combattants de l’ombre, ces femmes et ces hommes, de la Résistance qui ont sauvé la France, qui en se redressant face à l’envahisseur ont dit non à la défaite et ainsi réaffirmer avec vigueur les valeurs de la République.

Partisans, maquisards, FTP et FFI, tous Résistants ils ont fait le choix de la rébellion et du courage. Saluons la mémoire de Raymond Aubrac disparu il y a peu, qui avec son épouse Lucie ont fait partie de ces êtres d’exception qui ont porté haut le flambeau des idéaux de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Moins publiques mais tous aussi méritants et téméraires ayons une pensée pour nos concitoyens d’Auray, il s’agit de Léon Le Mauguen, Joseph Rollo, Désiré Redien et Yves-Marie Kerroux ; et de tous ceux dont les noms figurent aujourd’hui sur notre monument aux morts pour la Patrie et autres plaques commémoratives.

Arc de triompheC’est aussi le prix de nos avancées sociales issues du programme du Conseil National de La Résistance dont l’objectif était entre autre de mettre en place :
• Une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général ; ce qui se traduira par les nationalisations… et le développement de grandes entreprises comme EDF/GDF ; Renault…
• Un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens les moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ; une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours. Ce qui donnera naissance à la Sécurité Sociale à la sortie de la guerre.

Programme dont monsieur Denis Kessler (ancien dirigeant du Medef) dissertait en octobre 2007, je cite: « le modèle français est le pur produit du Conseil National de la Résistance… Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. »

Programme que monsieur Nicolas Sarkozy s’est évertué à détricoter, n’est-ce pas ce même Sarkozy qui disait en novembre 2011 : « la crise va provoquer beaucoup de souffrances, mais elle peut être une opportunité pour notre pays de prendre des mesures qui n’auraient jamais été acceptées dans un autre contexte. »

Devant les tombes de nos camarades livrés par la police de Vichy et tombés sous les balles nazies, j’affirme que l’heure est encore à la résistance pour des conquêtes nouvelles, c’est la meilleure des façons de leur rendre hommage.

Merci.