Print - copieDonc pour maintenir la dynamique créée, les organisations mises en place sous la forme de collectifs Front de Gauche doivent perdurer et conduire à impliquer encore plus de monde. Il y a là un impératif pour créer un rapport de force favorable à l’Humain d’abord face aux puissances de l’argent et de la finance. Rien ne dit aujourd’hui que le gouvernement socialiste entend reprendre la main sur la finance et redistribuer les richesses créées par le travail ; ne vient-il pas de rassurer les patrons en leur rendant visite à leur université d’été ! Ces bases locales et citoyennes sont les plus à même à crédibiliser l’action et les propositions du Front de Gauche. La tenue d’assemblées citoyennes thématiques pendant la campagne a également montré la pertinence de la démarche pour un partage des connaissances et une mobilisation allant au delà de nos propres rangs. Au niveau du Pays d’Auray il ne manque pas de sujets à aborder dans ce cadre : l’exposition débat proposée à la fête du Bel Air le 8 septembre à Auray sur le devenir du quartier gare avec l’arrivée du Bretagne Grande Vitesse et la réalisation d’un pôle d’échange multimodal à titre d’exemple. Mais à mes yeux le sujet qui doit occuper l’espace aujourd’hui c’est la ratification du Traité Européen tant celui-ci va brider l’action politique, sociale et économique de notre pays pour les décennies à venir. Demain quelles marges de manœuvre avec un tel carcan ?

Ce traité, appelé aussi pacte budgétaire ou paquet européen, durcit encore les traités de Maastricht et de Lisbonne : il prône à la fois l’austérité à perpétuité et le contrôle des budgets par la Commission de Bruxelles. La règle d’or y est inscrite en toutes lettres avec un déficit public maximal de 0,5% du Produit Intérieur Brut contre 3% jusqu’à présent. En France, il s’élève aujourd’hui à 4,5 %. Pour atteindre les 3%, trente milliards d’euros doivent être trouvés en 2013 (40 milliards selon certains économistes car l’austérité qui s’installe réduit les rentrées fiscales !). Peut-on imaginer ce qu’il en serait pour parvenir à 0,5% en 2017 ? Ces dispositions portent en elles des menaces contre les Services Publics, la Protection Sociale. Elles conduisent inéluctablement à la privatisation des services publics, à une marchandisation de tous nos biens communs (eau, énergie….) et imposent aux Etats des mesures coercitives en évitant tout débat citoyen et parlementaire. Elles sont contraires à tous principes d’égalité et de justice. Pourtant l’expérience montre qu'elles ne font qu’enfoncer les pays européens dans la crise et les peuples dans la souffrance. Il suffit de porter son regard vers les grecs, les espagnols, les portugais, les italiens … pour s’en convaincre. Les choix politiques économiques, sociaux et écologiques à opérer pour sortir de la crise et répondre aux salariés menacés de perdre leur emploi, de PSA à Doux en passant par ceux qui ne défraient pas la chronique médiatique, ne peuvent pas se résumer à une austérité à perpétuité. Il faut sortir des griffes de la finance. Il faut en avoir le courage.

Image_FdG_02_Plage.jpgUne majorité du peuple qui a voté F Hollande et PS aux élections de mai et juin derniers aspire à ce que le gouvernement, la gauche socialiste au pouvoir réussisse à changer la donne et ainsi à améliorer la situation de chacun. Le Front de Gauche doit par conséquent prendre appui sur cette aspiration forte pour que les choses aillent dans le sens d’une vraie transformation sociale, politique et écologique en conjuguant dénonciation (de ce qui est inacceptable), proposition (celle du programme l’Humain d’abord) et intervention (être à l’initiative, au côté et avec le mouvement social et associatif). En effet croire que la simple affirmation que le gouvernement va échouer, trahir son électorat va suffire à renforcer le Front de Gauche est une ineptie. La Gauche dans son ensemble n’a pas d’autre voie que celle de la réussite au risque de décevoir et d’ouvrir la porte aux excès nationalistes d’extrême droite. Mais pour réussir le peuple de Gauche ne doit pas retomber dans les errements du passé, de ces années 80 ou 90 où le triste héritage de la droite voir l’impuissance face aux marchés et à la libéralisation justifiaient toutes les compromissions. Le pire serait de se satisfaire d'avoir défait Sarkozy et l'UMP. Mais alors comment gagner lorsque le gouvernement et le parlement sont sur le point d’ancrer l’austérité à perpétuité et dans le marbre ? Et ce n’est pas le tour de passe-passe du Conseil Constitutionnel qui autorise la ratification du traité européen par la voie parlementaire sans modifier la Constitution qui le rend plus démocratique et acceptable.

Manif SécuSelon un sondage de CSA pour l’Humanité 72 % des français veulent un referendum pour décider de la ratification ou non du traité européen. Le meilleur moyen de rapprocher les français de l’Europe c’est de la construire avec eux par le débat et la voie démocratique. Ce sondage montre aussi qu’ils considèrent que l’engagement pris par le candidat Hollande de renégocier le traité rédigé par Sarkozy et Merkel n’est pas tenu, que le simple ajout d’une annexe relative à la croissance ne suffit pas pour obtenir l’adhésion du peuple. Un petit rappel s’impose quant à ce plan de relance de 120 milliards d’euros : le montant peut paraître conséquent mais rapporté au PIB européen il n’est qu’un trompe œil, d’autant plus que selon Natixis les nouveaux moyens issus de ce plan ne devraient pas aller au-delà de 15 milliards d’euros, le reste du montant étant déjà sur la table bien avant les présidentielles. Il est plus que temps d’en finir avec cette construction d’une Europe exclusivement faite par des Etats Majors, des experts et autres lobbyistes de tous poils qui n’ont de comptes à rendre à personne si ce n’est à ceux dont leur action profitent. Pour moi c’est clair, Sarkozy battu, son traité ne doit pas être appliqué. Il faut aujourd’hui un débat public sur les orientations européennes et un référendum sur un nouveau traité. Seul le peuple souverain peut décider de son avenir. C’est une question de démocratie.

La force du Front de Gauche résulte de l’intervention citoyenne permanente sur tous les sujets d’actualité et de la vie quotidienne. La bataille engagée pour un referendum donne l’occasion d’occuper le terrain, tout comme la mobilisation pour la manifestation du 30 septembre prochain. C’est bel et bien la rentrée, je vous le dis. Alors osons et soyons utiles!