Pour le budget 2015, les premières annonces semblent encore les contredire; même si des artifices sont savamment distillés pour dire qu’il y aura des baisses d’impôts pour les ménages modestes et pas de hausse pour les autres. Les mesures concoctées ont un goût amer. La saignée se poursuit en fait. Les retraités voient à nouveau leur pouvoir d’achat attaqué : gel des pensions, assujettissement à la CSG à 6,6 % au lieu de 3,8 % pour certains. La famille, c’est à dire les ménages, sont dans le collimateur : baisse de la prime de naissance, réduction de la durée du congé parental, modification des conditions de prise en charge des enfants en bas âge. Comme le dit si justement M G Buffet du Front de Gauche, il est plus facile de faire payer les bébés que de s’attaquer à la finance, cette ennemie furtive du Bourget. Et il y a ce qui est dit sans l’être, mais qui vide notre porte monnaie : les hausses de cotisations retraites des salariés en application des réformes passées, les taxes diverses qui alourdissent nos factures d’électricité, de carburant et de redevance audiovisuelle, et aussi le timbre poste...

Pour le Président, « il n’y a pas de plan d’économies qui soit indolore » et d’ajouter « si vous n’entendez pas crier, c’est que nous ne faisons pas d’économies. Donc vous voyer, vous entendez ». Les professions libérales s’opposent à la libéralisation et défendent la réglementation, la régulation. Les retraités sont dans la rue. Oui on entend, mais toi l’ami François, entends-tu le cri sourd du pays… des sans dents, des illettrés que tu saignes. Il est vrai qu’ils crient moins fort que les loups du Medef. Vois-tu ces résultats des élections ? Vois-tu où tu nous mène : la droite jubile, l’extrême droite s’installe et la gauche disparaît. Il est vrai que ton premier ministre a dit « que nous pourrions basculer » dans une ère nouvelle dans laquelle le Parti Socialiste serait exclu des batailles électorales de demain, celles de 2017 en vérité, et que « la gauche peut aussi disparaître ». C’est à se demander si ce n’est pas sa feuille de route pour faire table rase du passé et renaître expurgé. Et que dire de la ministre de l’écologie Madame Royal qui se félicite de voir que de telles économies suscitent tant d’émotions.

Ils se foutent de nous.

C’est décidé, demain je déterre mes rosiers. C’est beau la rose mais l’épine est sévère, et elle commence à sentir mauvais.