Cette mesure est injuste, dangereuse et inefficace. Injuste socialement parce qu’elle épargne les plus aisés qui peuvent se payer une Complémentaire, d’autant plus s’ils travaillent dans une de ces entreprises qui finance des contrats de prévoyance santé (Médéric dans certains cas dont le PDG s’appelle Sarkozy). Injuste politiquement car le Gouvernement ne s’attaque pas aux fauteurs de crise. Injuste fiscalement en raison d'une taxation non répartie au regard des moyens contributifs de chacun.

Dangereuse car elle participe au démantèlement de notre système de Protection Sociale chèrement acquise au lendemain de la Libération de notre pays en 1945. Dangereuse car elle contribue à faire de la santé une marchandise qui s’échange dans un marché « concurrentiel libre et non faussé ».

Inefficace car elle compromet l’accès aux soins de nombreux français qui sont amenés à faire des choix drastiques compte tenu de la pression subie sur leur pouvoir d’achat. D’autant plus que cette mesure fait suite à un ensemble de dispositifs sollicitant toujours plus le patient (1 € par visite, 0,50 € par boîte de médicament, hausse du forfait hospitalier…). Aujourd’hui 16,5 % des français renoncent à se soigner pour des raisons financières, nombre qui progresse d’année en année depuis 2002. Les femmes, les jeunes et les personnes à faibles revenus, les plus touchés par la précarité, sont plus enclins à renoncer aux soins. Et ce renoncement concerne majoritairement les soins dentaires et l’optique. Non sans rire, circulez, il n’y a rien à voir !

Il va sans dire que ce renoncement est d’autant plus important que la couverture sociale est faible. Le niveau de prise en charge par l’Assurance Maladie ne cessant de reculer (il se situe entre 50 à 55 % des soins non hospitaliers aujourd’hui), les Complémentaires sont amenées à augmenter leur tarif pour assurer une couverture correcte à leurs adhérents, et elles deviennent de moins en moins accessibles. Aussi l’accroissement des taxes que va répercuter les Complémentaires n’est pas de nature à améliorer la situation. La médecine à plusieurs vitesses s’instaure tranquillement mais réellement dans notre pays.

L’ensemble des organismes de santé complémentaires s’exprime contre cette taxation de la santé. Comme moi signez la pétition demandant au Gouvernement de renoncer à cette taxe de 7 % qui va affaiblir encore plus la Protection Sociale de nos compatriotes. Dites non à l’impôt sur la santé. (www.mutualite.fr/petition)