Bienvenue à toutes et tous. Merci d’avoir répondu à l’invitation de notre collectif Auray Citoyen 2014 qui a vu le jour sous l’impulsion de Roland Le Sauce. Qui sommes-nous ? Nous sommes des citoyennes, des citoyens, alréennes et alréens comme vous, engagés. Nous ne sommes pas de ceux qui se répandent sur l’idée que la politique c’est pourrie mais bien sur la conviction qu’il faut changer la politique. Le même constat, en effet pas bien enthousiasment, se fait à tous les niveaux, y compris pour la vie locale. Trop souvent elle demeure l’affaire de ceux qui font de la politique et fait que la réalité de nos vécus ne s’y intègre guère.

Voilà une des raisons de la crise de confiance profonde que nous traversons et qui nourrit le terreau du Front National. D’élection en élection le taux de participation diminue et aux abstentionnistes s’ajoutent cinq millions d’électeurs non inscrits sur les listes électorales ! Notre collectif part de ce constat : si tous les niveaux sont en crise c’est que les gens ont laissé faire. Soit on est acteur, soit on subit et donc se soumet, auquel cas on perd la main sur sa propre vie … on finit par enfouir tous ses ressentis et le chacun pour soi l’emporte avec tous les dangers de régression et de rejets qu’il favorise. Tous ensembles au contraire les citoyens peuvent être entendus à tous les échelons, de la commune à l’Europe.

Regardez les émissions politiques dans les médias : il est fait appel aux experts, pas à nous qui à leurs yeux ne savons pas. C’est cela que nous n’acceptons pas. Oui, les sachant doivent devenir les écoutants. Il faut renverser la politique et ça se construit avec les citoyens. Les élus rassemblent et font retour aux citoyens : est-ce comme cela que ça se fait ? L’intercommunalité que va nous présenter Roland pour engager le débat est de plein pied dans le sujet. Plusieurs villes se regroupent dans le but de partager un projet. Il est préférable de rationaliser des prestations communes au lieu de les éclater. Bien, voilà de bonnes intentions, mais vous êtes où dans tout cela ? Ceux qui portent ce projet au niveau du Pays d’Auray (tout comme le sont les projets de décentralisation aujourd’hui en débat au Parlement) ont recours à des cabinets d’experts et débattent en catimini, entre eux alors que, chacun en conviendra, le devenir de nos institutions intéresse le grand public.

Nous sommes dans un mode de fonctionnement tellement inscrit dans les esprits qu’il a du mal à se libérer. Schématiquement il se résume à « ça vous convient ou pas ». Mais que devient la souveraineté du peuple dans la décision ? Dans de nombreux domaines qui touchent à l’avenir de la ville va t’on répondre à nos attentes et à nos besoins ou pas ; il en est ainsi de la révision du PLU par exemple.

Il faut fonctionner autrement. Partir des territoires, des communes, des Régions et concevoir l’administration pour faire du bien aux gens, oui du bien. Ce qui exclut de sacrifier les Services Publics à la concurrence, aux intérêts privés. Ce qui suppose de réformer la fiscalité et de donner aux usagers un pouvoir de contrôle sur la gestion. Ce qui appelle à innover en dressant par exemple un diagnostic sur les ordures ménagères via un questionnement de satisfaction sur les prestations servies (le nombre de tournées …), ou encore sur l’eau ; l’audace ne serait-elle pas d’agir pour qu’elle redevienne un bien commun, soustraite aux appétits du marché en créant une régie publique ? D’autres l’ont fait avec succès et la facture a baissé jusqu’à - 37 % !

Nous ne sommes pas, rassurez vous, des ennemis des élus. Nous avons besoin d’eux mais leur pouvoir doit être partagé. Leur compétence, leur engagement s’apprécient d’autant mieux au regard de la place qu’ils donnent aux citoyens dans la chaîne d’élaboration des décisions. Ensemble dans la ténacité à impulser des actions solidaires, dans chaque avancée chacun trouve des raisons de reprendre confiance dans ses propres capacités à bousculer la vie comme elle va.

Nous ne sommes pas des opposants à l’actuelle équipe municipale de Gauche à Auray mais des insatisfaits. Nous déplorons à Auray un fonctionnement trop fermé, où la gestion se donne à voir sans se nourrir des débats pluriels, où la participation citoyenne est trop souvent vue comme artificielle, où pour les prochaines échéances le « avec qui » passe avant le « pour quoi faire ». Et cette insatisfaction se trouve renforcée par l’absence de changement de politique au niveau national, au point de s’interroger si la Gauche au pouvoir est porteuse de nos aspirations. On vient encore d’apprendre une coupe sombre de 1,5 milliards d’euros de l’Etat pour les dépenses publiques dont la moitié destinées aux collectivités territoriales. Nos élus se feront-ils le relais, en silence, des moyens dont on les prive injustement alors que de nouvelles responsabilités sont imposées aux communes à l’instar des nouveaux rythmes scolaires ? Hors austérité et recul social, point de salut ? Les résultats des élections législatives de Villeneuve S/Lot y répondent tristement : 48% pour le FN et la droite triomphe.

Cette insatisfaction n’est pas pour autant synonyme de résignation, au contraire elle invite à s’engager dans la clarté pour que nos exigences soient porteuses d’actes qui transforment le désappointement en espoir et en perspectives. Nous voulons faire partager notre approche aux citoyens car, comme disait Berthold Brecht, « quand les petits voient petit ils sont perdus ». Voilà en quelques mots la démarche ouverte et rassembleuse qui est la notre ; elle est à la disposition de tout citoyen désireux de s’informer, réfléchir et construire d’ici les élections municipales et au delà.