La loi n°2014-626 du 18/06/2014 (dite loi Pinel) a modifié de manière substantielle le régime des baux commerciaux, notamment en accroissant de manière conséquente la protection du locataire comme pour apporter plus d’équilibre entre les parties. La durée des baux dérogatoires qui était jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi PINEL limité à une durée maximum de 2 ans a été étendue à 3 ans. Mais cette courte durée de bail est-elle la seule cause des difficultés rencontrées par les commerces en centre ville ? Il ne manque pas d’explications : pour les uns c’est l’insuffisance de stationnements, pour les autres la voiture occupe une trop grande place dans la ville et fait fuir le piéton, ou encore c’est la faute au porte monnaie en peau d’hérisson en cette période de crise. Il est vrai qu’en ces temps de baisse de pouvoir d’achat, de suppression d’avantages fiscaux et d’incertitude le consommateur est bien contraint à la prudence, même avec un écureuil radin.

Les halles d'AurayCertains voient en la loi Macron la solution : ouvrons plus souvent les commerces le dimanche. C’est d’ailleurs une piste envisagée par la municipalité pour les Halles d’Auray. Halles pour lesquelles il serait plus judicieux, à mon avis, de revoir les tarifs de location plutôt que d’élargir les heures d’ouverture. Pour réhabiliter les Halles en 1999, le coût des travaux s’élevait à 558 495 €, la ville avait souscrit un emprunt de 315 655,05 € sur 15 ans. Afin d’en assurer la charge, l’annuité, (de 29 248,21 € intérêts et capital compris), a été intégrée dans le calcul du ml des halles à cette époque. En clair les commerçants occupants ont payé l’emprunt, qui depuis juillet 2014, est remboursé. Hormis quelques gros travaux, la charge de la ville s’en trouve allégée, il serait normal de revoir le calcul au regard des dépenses réelles et d’en faire bénéficier les occupants des Halles. Le prix du m/l mensuel pourrait passer de 54,40 € à 35,00 € environ soit une baisse de 35 %. Et là peut-être les commerçants seraient en mesure de mieux répondre aux attentes de leurs clients. La Municipalité donnerait ainsi un signe fort aux acteurs économiques pour que les prix des baux soient plus en adéquation aux besoins du territoire.

La dynamisation de l’offre commerciale du centre ville d’Auray est aussi liée à la politique d’aménagement et d’urbanisme passée et à venir. Elle ne peut être réelle qu’à partir d’un renforcement de la zone de chalandise des commerces de proximité, d’un partage sécurisé des espaces publics qui minimise la dépendance à l’automobile. J’ai évoqué dans mon précédent billet le besoin d’affirmer la piétonisation comme un facteur de développement économique et social du cœur de ville. Un projet d’aménagement est en gestation suite au vote du Conseil Municipal. Affaire à suivre donc.

Photo gare d'AurayIl y a lieu d’aller plus loin, la ville d’Auray ne se limite pas à son centre, et l’occasion nous est donnée avec les débats publics à venir courant mars 2015 dans le cadre de la révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU) en cours. Début avril, le Conseil Municipal sera amené à valider le Projet d’Aménagement de Développement Durable (PADD). Ce document politique donnera les grandes orientations et priorités de développement de la ville pour les 15 ans à venir. Il en résultera de nouvelles règles d’urbanisme et de constructions pour Auray. Il est annoncé un objectif annuel de croissance de population de 1 %, soit à l’horizon de 2030 une ville à 15 000 habitants. Pour cela il y a lieu de construire 1 650 logements, soit annuellement 137 et ce dans le périmètre urbain existant. La ville va donc se reconstruire sur elle même. D’ores et déjà près de 600 logements vont être produits dans les 3 à 4 ans.

Mais où va-t-on construire, quoi, quel type de logement et pour qui, du social, de la maison individuelle, du collectif ? Et l’environnement, les espaces verts et naturels… Que veut-on faire de St Goustan ? Et le quartier gare ? Autant de questions à débattre collectivement. A vos agendas…