J’ai toujours pensé, et je le pense encore aujourd’hui, qu’il est urgent de s’unir pour résoudre les problèmes dont le Front National se nourrit. Relever le pouvoir d’achat, lutter contre la pauvreté, refuser la précarité du travail, aider les collectivités locales à développer des politiques sociales, culturelles et sportives pour le plus grand nombre : voilà la meilleure des voies à emprunter pour saper les discours nocifs, haineux et trompeurs du FN. Et je crois qu’il est possible de construire des majorités politiques à Gauche et de Gauche pour y parvenir. Contre le péril réactionnaire des Droites, notamment extrêmes, qui se profile aucune piste ne peut être négligée, ne devrait être négligée.

Les militants du PCF, au sein ou non du Front de Gauche, ont cette volonté de rassemblement à mon avis pour résoudre les problèmes dans l’intérêt du peuple. Mais, dans ce contexte de crise financière et économique, dont on n’en voit pas le bout mais en ressent les méfaits chaque jour, qui génère la peur et le repli sur soi dans chaque coin de France, avec qui se rassembler à Gauche maintenant ? Lorsque vous avez un Président de la République socialiste et un Gouvernement élu dit de Gauche menant une politique digne de la Droite, la tâche ne s’avère pas facile. Elle est d’autant plus difficile quand ce même Président de la République vous amalgame au Front National. Ses propos il y a peu comparant le discours du FN aux tracts du PCF des années 1970 m’ont d’ailleurs profondément blessé et la cicatrise n’est pas prête à se refermer.

Image_FdG_01_Urne.jpgLes échéances électorales passées nous montrent qu’il n’existe pas de solutions toutes faites en termes de rassemblement. Nombre de pistes ont été explorées à tous les niveaux: programme commun, plateforme de gouvernement, accord de gouvernance régional ou départemental, etc. Force est de constater qu’aujourd’hui les conditions de pareilles approches ne sont plus réunies. Dans la mesure où l’un des principaux acteurs de la Gauche, le Parti Socialiste, se voulant dominant, mais ne mobilisant plus ces électeurs, méprise ses partenaires d’hier. Certes, depuis 2012, nous ne le ménageons pas, mais il en porte l’entière responsabilité : nous n’avons pas voté pour l’austérité, la libéralisation à outrance de notre économie, la « macronisation » de la société française, la refonte des territoires pour une République fédérale et autoritaire.

La Gauche doit se reconstruire pour faire renaître l’espoir, sans renier son passé, ni abandonner ses valeurs d’humanisme, de fraternité, d’égalité et de liberté. Elle se le doit sans cesser de combattre le capitalisme financier qui ronge nos sociétés. Pour cela, le PCF, avec toutes les composantes du Front de Gauche, doit tout faire pour que grandisse le rassemblement à Gauche ; il le fera d’autant mieux s’il le fait en étant lui même rassemblé pour les prochaines échéances électorales. Car la question n’est pas de se compter en nombre d’élus mais d’exister en tant que force politique capable de faire bouger les lignes à Gauche, en ayant sa propre assise populaire. L’heure n’est pas à savoir si le PS est ou non de Gauche aujourd’hui, je m’en moque ; portons d’abord haut et fort nos propres couleurs, nos propres propositions dans les luttes sociales, dans les campagnes électorales à venir.