Ce concept de voisins vigilants nous vient d’Outre Manche, il s’appuie sur la vigilance de voisins référents d’un même quartier pour lutter contre la délinquance, notamment les cambriolages. De prime abord, on ne peut qu’être séduit par un tel dispositif. En effet qui peut s’opposer à décourager la réalisation d’actes de délinquance de toutes natures ? Qui peut être opposé à la lutte contre les cambriolages ?

Pour autant, nous ne sommes pas favorables à la mise en place de ce dispositif en l’état. Nous sommes bien sur partisan de toute opération qui vise à renforcer le civisme, le lien social, la solidarité de voisinage comme la Fête des voisins, mais ce dispositif porte en lui des risques de dérives sécuritaires. Opter pour ce dispositif, tel qu’il est élaboré à nos yeux, c’est choisir la construction d’une société de suspicion, de délation, de l’auto surveillance malveillante. C’est renforcer le sentiment d’insécurité, déjà bien ancré dans les esprits, qui nourrit le rejet de l’autre et conduit malheureusement, en partie, au vote d’extrême droite qu’il faut combattre.

La sécurité des biens et des personnes relève en premier lieu des missions régaliennes de l’Etat, donc de la gendarmerie et de la police nationale, à qui il faut donner les moyens de leur action et non privatiser les missions. Les transferts de compétences sans moyens, çà commence à bien faire, surtout à l’heure où les communes sont mises à la diète.

Renforcer les liens de voisinage ne peut se résumer au signalement d’évènements suspects, d’attitudes anormales. Etre voisin, c’est bien plus que cela. C’est la convivialité et la bienveillance entre tous et non entre quelques membres d’un réseau quand bien même qu’ils soient honorables et disponibles. Et in fine, faut-il, institutionnaliser un dispositif qui existe déjà sans formalisme mais par consentement mutuel : le ramassage du courrier des voisins vacanciers par exemple, c’est que qui se fait en maintes endroits en collaboration avec les agents de la Poste.

Il eut été aussi utile de disposer d’éléments chiffrés, d’une analyse quantitative et qualitative des faits délinquants à Auray et au niveau du quartier en question pour percevoir la nécessité de mettre en place ce dispositif.

Les élus de l’opposition se sont abstenus à l’issu du débat suscité par mon intervention.

Autres bordereaux qui m’ont amené à réagir en séance : l’adoption du Plan Local de l’Habitat (PLH) proposé par la communauté de communes AQTA, et la demande du Conseil Départemental du Morbihan de conserver la compétence Ports départementaux normalement transférée à la Région en application de la loi NOTRe du 8 août 2015.

Pour le PLH, j’ai souligné l’importance de ce document d’urbanisme et d’aménagement pour le territoire. D’une part parce qu’il participe à un rééquilibrage en matière de logements sociaux entre les différentes communes (dans la mesure où certaines sont bien en dessous des 20 %) ; d’autre part parce qu’il propose en sus des 20 % de logements sociaux l’obligation de construire 10 % de logements en accession sociale pour les jeunes ménages par communes. J’ai insisté pour dire que la ville d’Auray se devait d’acter au PLU, en révision actuellement, cette dernière disposition bien que la majorité municipale la juge contraignante (car difficile à mettre en œuvre par les promoteurs selon le maire). J’ai aussi rappelé les effets démultiplicateurs des aides accordées par le PLH : ce sont des millions d’euros qui seront injectés dans la filière du bâtiment, donc des emplois préservés. A titre indicatif : 5 millions d’€ d’aides pour la construction de logements sociaux génèrent 28 millions de travaux.

Pour le port de Saint Goustan, j’ai relevé l’incohérence législative de la loi NOTRe en matière de compétence portuaire (loi qui n’est pas sans critiques dans bien des domaines par ailleurs). L’encre des signatures des ministres est à peine sèche que les élus locaux, qui parfois n’ont pas assez de mots pour dénoncer le mille-feuille territorial, s’empressent de faire en sorte que rien ne bouge en la matière. Il est vrai que la loi ne laissait guère de temps pour la réflexion : il faut impérativement décidé avant fin 2015. J’ai surtout noté, à la lecture du bordereau, que la demande du département était insuffisamment motivée, que seule la préservation de la SPL « Compagnie des ports » semblait être la priorité, y compris pour la ville d’Auray qui a précédemment délibéré pour lui confier la gestion du port de Saint Goustan (transfert de gestion pour lequel j’ai voté contre).

En question diverse, j’ai fait part de l’interpellation de nombre de résidents du quartier Kernevez, et de quartiers environnants, au sujet des nuisances sonores générées par la pratique du tir de compétition dans l’équipement public mis à disposition de la société alréenne de tir, qui est insuffisamment aménagé. Au delà de la question du devenir de cet équipement, j’ai demandé si la Municipalité envisage de procéder à quelques travaux pour en améliorer l’acoustique. La réponse est non car il en couterait 80 000 € pour un équipement qui n’a pas lieu d’être préservé. Pour la Municipalité, il faut trouver une solution de transfert avec AQTA et la commune de Ploëmel qui dispose d’un équipement neuf et du foncier pour un éventuel agrandissement.