Affiche congrès ANECR 2012 Suite aux échanges collectifs entre les représentants des ADECR, la direction de l’ANECR et le conseil national de l’association une contribution est soumise au débat des élus adhérents des ADECR. Je vais en présenter les grandes lignes et vos interventions viendront l’enrichir. Ce congrès se tient dans une période où la Gauche socialiste avec ses alliés d’Europe Ecologie les Verts disposent de tous les leviers du pouvoir : de l’Elysée au Parlement, des Régions aux Départements auxquels il convient d’ajouter nombre de communes et intercommunalités.

Cette nouvelle donne résulte d’un rejet massif du sarkozysme qui a pris forme dès les premières échéances électorales après 2007 et confirmé par l’élection de Hollande comme Président de la République et d’une assemblée nationale à majorité socialiste au printemps 2012. Nous avons contribué à cette victoire de la Gauche, c’est aussi notre victoire, avec le Front de Gauche et son candidat J.L. Mélenchon qui a obtenu 4 millions de voix au premier tour des présidentielles. Nous y avons contribué aussi en étant de toutes les luttes sociales et politiques depuis 2007 : à l’exemple de la bataille contre la réforme des retraites, de notre présence aux élections européennes, régionales et cantonales ou l’action contre la réforme territoriale (qui n’est toujours pas abrogée à ce jour !). Et pendant toute cette période nous avons été les seuls à combattre les idées nauséabondes et les fausses solutions du FN.

Certes les législatives ont laissé un gout amer, la vague rose a été plus forte que nos arguments et justesses de vues malgré nos progrès en nombre de voix ; nombre d’électeurs du Front de Gauche satisfaits d’avoir chassé Sarkozy ont considéré qu’il convenait de donner une majorité parlementaire socialiste au nouveau président, ou alors déçus du score de Mélenchon se sont réfugiés dans l’abstention. Ces résultats sont aussi la conséquence directe du caractère anti-démocratique de la Vème République, renforcé par le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral qui tend à la bipolarisation de la politique.

Quoiqu’il en soit nous avons fait grandir les exigences populaires avec notre programme « l’humain d’abord ». Des millions de personnes ont trouvé, retrouvé le chemin du débat citoyen pour changer la société à partir de propositions et aspirations fortes et par des solutions partagées. Les formules « Prenez le pouvoir », « Place au peuple » ont ouverts des horizons pour un autre partage des richesses, une mise au pas des banques et marchés financiers, une autre République plus démocratique, plus solidaire, de transformation sociale et écologique.

          Ce congrès va se dérouler quelques semaines après la grande manifestation du 30 septembre à Paris contre le Traité de Stabilité, de Coordination et de Gouvernance (TSCG) ou encore appelé traité « Merkozy », traité mis en débat actuellement au Parlement, traité qui sera sans doute adopté par la Gauche socialiste et la Droite. La proposition n° 11 de Hollande de renégociation de ce traité aura fait flop. Nous n’avons de cesse dénoncé ce traité austéritaire depuis des mois. Les urgences sociales sont toujours présentes, les plans sociaux et les fermetures d’entreprises se succèdent et les marchés financiers ne sont plus les ennemis du Président. Dans ce contexte d’aggravation de la crise, avec ce traité, avec une droite qui ne baisse pas la garde, avec un patronat qui a trouvé une oreille attentive auprès du gouvernement nous ne pouvons rester attentistes, spectateurs voir parier sur un échec de la gauche socialiste ; faire ainsi c’est aller droit dans le mur.

Après les présidentielles et les législatives une nouvelle séquence s’ouvre : les élus que nous sommes doivent avoir à l’esprit l’impérieuse nécessité de donner suite au travail réalisé ces derniers mois pour que les deux prochaines années soient celles des mobilisations et des conquêtes sociales et politiques. Cette bataille nous avons à la mener avec ces militants et citoyens que nous avons côtoyé dans nos Assemblées Citoyennes et autres initiatives. Nous avons à la mener aussi avec nos parlementaires Front de Gauche, nos élus à la Région, au Conseil Général, dans nos communes et au niveau européen sous des formes qu’il nous faut inventer : ateliers législatifs, forums citoyens, collectifs d’usagers ..., osons la démocratie à grande échelle pour une République du peuple, pour et par le peuple.

          Cette intervention citoyenne est au cœur de la démarche de rassemblement qu’il nous faut pour pousser aux transformations politiques, sociales et écologiques qu’exige la situation. Cette question vaut pour la période actuelle dans le but d’infléchir l’action du gouvernement, les 60 propositions de Hollande n’étant pas à prendre ou à laisser. Elle vaut aussi pour les échéances à venir afin de sortir de cette espèce de « mécano électoral » qui au travers d’accords politiques préétablis réduit l’action municipale notamment à une simple répartition de rôles et de sièges, et qui constituerait la seule porte de salut pour exister et agir aux yeux de certains. Elle vaut également pour les élections européennes de 2014, afin de rapprocher les français de cette Europe trop technocratique et sous influence de la finance aujourd’hui pour la changer, la mettre au service des peuples.

Cette question interroge donc nos pratiques d’élus communistes et républicains dans nos collectivités respectives, elle interroge aussi le fonctionnement de notre ADERC 56. Au regard des défis politiques et sociaux de la période nous avons besoin de s’organiser pour mieux peser sur les choix, partager nos expériences, avoir des positions communes, se former. La diversité et la richesse des élus qui composent notre association départementale constituent un atout qu’il convient de valoriser ; la direction de celle-ci doit donc s’en imprégner pour libérer l’initiative et être utile à toutes et à tous. Une nouvelle page de l’ADECR 56 est à écrire, à vos crayons !