Pourtant, plus personne, hélas, ne peut douter de la gravité du dérèglement climatique en cours. Les conclusions des travaux du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) ont largement démontré que l’intensification du dérèglement climatique due à l’activité humaine était une certitude et que le scénario de l’inaction aurait des conséquences catastrophiques. Le rapport 2014 du Programme des Nations unies pour le développement alerte déjà sur le ralentissement du développement humain qui en résulte.

Pour rappel, selon le GIEC, la planète s’est réchauffée en moyenne de 0,6° au cours du XXème siècle. Il prévoit un réchauffement (qu’il situe entre + 1,8° à + 4° d’ici 2100) de + 0,2° par décennie d’ici 2030. Il prédit une élévation du niveau de la mer (de + 18 cm à + 59 cm, voire davantage) et un accroissement de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. Les impacts et les conséquences pour nos territoires, de notre commune au Monde entier, bien que difficilement mesurables dans le détail, affectent déjà, et affecteront encore plus dans les temps futurs, nos modèles économiques et sociaux ; modèles actuellement bien mis à mal par une financiarisation et une marchandisation à outrance de l’économie qui ignorent les hommes et se moquent éperdument des questions environnementales, sauf si elles donnent lieu à spéculation.

AgriculteurLa transformation de nos économies et de nos sociétés pour un monde « décarboné » devient aujourd’hui un impératif car c’est bien de l’avenir de l’humanité, de notre avenir et de celui des générations futures dont il est question. C’est un défi sans précédent. Les solutions ne peuvent pas venir que seulement “d’en haut”, combien même qu’il en faut. Elles peuvent aussi être réfléchies et mises en œuvre au niveau local et régional, individuel et collectif. Mais lutter contre le défi climatique ne doit pas conduire à faire supporter à d’autres nos émissions de gaz à effet de serre, ce qui est en partie vrai aujourd’hui dans bien de domaines. Cette lutte doit constituer une opportunité de créations d’emplois et de richesses, d’invention de nouveaux modes de production et de consommation. Améliorer l’efficacité énergétique et diversifier les sources d’approvisionnement passe par la promotion de la recherche, l’implication des entreprises, des pouvoirs locaux et des citoyens.

Lutter contre le changement climatique exige donc de l’accepter, de s’y adapter dans un premier temps et d’en atténuer les effets dans un second temps. Le projet de loi sur la « transition énergétique pour une croissance verte » est actuellement débattu au Parlement pour être mis en œuvre dès 2015. Selon le gouvernement, il trace la voie vers la transformation de notre mix énergétique et établit une série de grands objectifs à savoir :

  • d’ici à 2030, de réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) de 40%, la consommation d’énergies fossiles de 30% et d’augmenter la part d’énergies renouvelables à 32% ;
  • d’ici à 2050, de réduire la consommation totale d’énergie de 50% et les émissions de GES de 75% par rapport à 1990.

Ce cadre ambitieux, pour ces promoteurs, devrait répondre aux enjeux climatiques et assurer la sécurité d’approvisionnement par la promotion de l’indépendance énergétique de notre pays avec comme corolaire la réduction de la facture d’énergie. Ce qui est, à mon sens, loin d’être le cas, cette loi accélérant la marchandisation de l’énergie comme l’a souligné les Parlementaires du Groupe Front de Gauche lors de la discussion du projet de loi.

Citoyens pliés par la bourseAu delà de cette loi controversée donc, il y a urgence à engager une action dans les territoires. La loi Grenelle 2 prévoit pour ce faire la réalisation d’un schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE). Il s’agit de définir les enjeux au niveau régional et de coordonner une action publique planifiée, cohérente, permettant une mobilisation de tous les acteurs. La Région Bretagne l’a fait. Cette même loi Grenelle 2 a également renforcé certains dispositifs locaux pour une meilleure appropriation des problématiques énergie-climat dans les territoires via :

  • la mise en place de Plans Climat Energie Territoriaux (PCET) dans les collectivités locales de plus de 50 000 habitants, qui devront être compatibles avec les orientations du SRCAE ;
  • les Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) et Plan Local d’Urbanisme (PLU) doivent prendre en compte les thématiques du climat, de l’énergie et de l’air.

Le SCoT du Pays d’Auray a intégré cette problématique en optant pour un développement qui amorce une adaptation au changement climatique. Comment : par un aménagement urbain qui recherche la sobriété énergétique et réduit la dépendance vis à vis des ressources notamment par la production locale d’énergie. C’est peu me direz-vous mais c’est écrit. Les PLU actuellement en cours sur le Pays d’Auray prennent en compte aussi cette obligation mais de façon assez sibylline, à l’exemple d’Auray, en veillant que la « « chose » soit évoquée. Quant à AQTA, qui dépasse le seuil de 50 000 habitants, le PCET n’est pas encore dans les tuyaux.

En cette année de COP 21 il serait de bon ton de s’atteler à mener une réflexion sur le sujet au niveau du Pays d’Auray, à Auray Quiberon Terre Atlantique (AQTA) et aussi à la Communauté de Communes de Belle Ile en Mer, même si cette dernière n’y est pas contrainte.