Port EtelEt l’activité maritime est très forte encore avec les ports de plaisance (La Trinité Sur Mer, Locmiquélic…) et la conchyliculture. Des activités économiques y sont encore liées telles que les usines à conserves comme « la Belliloise » à Quiberon ; ou se sont développées avec le nautisme et le tourisme et il y a le transport avec les Iles. Ce littoral est donc porteur de potentialités de développement mais des menaces, des risques existent comme vient de nous le rappeler le triste échouage du TK Bremen ou encore la présence répétée des algues vertes sur nos côtes.

Quelques données pour situer la problématique.

La mer, bien commun de l’humanité, couvre 70 % de la surface du globe. Utile à la vie sur Terre la mer absorbe 80 % de la chaleur produite par la planète et 20 % de CO2. Les populations côtières, dont la vie est liée à la mer représente les 2/3 de l’humanité. C’est la première réserve de biodiversité, seulement 15 % de la faune et la flore marines seraient connus. 90 % du commerce mondial transite par la mer, premier mode d’échange, le plus économique et le plus écologique. La mer, c’est 90 % des réserves d’hydrocarbures et 84 % des réserves de minerais et de métaux. Au regard de cela la mer, est, avec l’accès à l’eau potable, l’objet de toutes les convoitises. La France possède le deuxième domaine maritime du monde. La moitié de la population française vit dans la bande côtière des 100 km si l’on intègre l’Outre-mer.

Quelques données bretonnes.

Port QuiberonLa pêche c’est environ 6000 emplois de pêcheurs et autant pour le mareyage et la transformation. Plus d’un millier de bateaux de pêche dont 80 % en petite pêche ou côtière. La conchyliculture et la pisciculture : c’est 2500 emplois. Le transport maritime : 16 ports, plus de 8 millions de tonnes de marchandises et entre 3 et 4 millions de passagers. La plaisance : 190 000 bateaux, 95 ports et 145 sites de mouillages ; et des projets à venir pour 5000 places supplémentaires ; plus de 600 clubs nautiques Le nautisme, la construction et la réparation navale : 14 000 emplois, et plus de la moitié des entreprises comptent moins de 5 salariés. Le tourisme : 100 millions de nuitées et 20 000 emplois équivalents temps plein, 73 000 résidences secondaires en Morbihan.

La France, la Bretagne sont donc très directement concernées pour se préoccuper de la mer, de son littoral et des activités qui s’y mènent. Pourquoi le faire? Pourquoi s’en préoccuper ? Je vais vous le dire en quelques mots en ouverture au débat.

C’est une priorité écologique du point de vue de l’humanité en général. Il s’agit de la préservation du premier réservoir de biodiversité et des principaux équilibres dont dépend tout l’écosystème humain.

C’est une priorité alimentaire compte tenu de l’importance des protéines issues de la mer (du poisson), des potentialités qu’offrent l’identification et la culture des algues par exemple.

C’est une priorité sanitaire. La qualité des eaux marines dépend d’une part des rejets et des activités humaines du continent et d’autre part des activités maritimes elles même. Et toutes les pollutions ont une incidence sur la vie humaine et sur l’écosystème : pêche à pied et vente des huitres interdites, plages interdites à la baignade…

C’est une priorité énergétique. L’énergie des mers est la moins exploitée et un des plus grands gisements à notre portée.

Mais comment faire ? Je me permets d’y apporter un début de réponse. Pour le Front de Gauche, la mer, c’est un axe d’investissement public prioritaire pour notre projet de planification écologique.

Pen Duick LorientCela implique de relancer la recherche scientifique et technologique sur les questions marines et maritimes, pas suffisamment développée aujourd’hui, pour mieux connaître la mer, pour valoriser ces atouts.

Cela implique de développer les moyens d’exploration et de surveillance, et de protection pour améliorer les techniques de pêche (pour trier sur le fond plutôt que sur le pont et préserver la ressource) ou sécuriser la navigation et la navigabilité des bateaux par exemple.

Cela implique de développer l’emploi maritime en France. Nous sommes dans une situation de sous- emplois et d’activités maritimes en France. Avec le deuxième domaine maritime, nous avons 305 000 emplois, tandis que l’Espagne avec le trente et unième domaine maritime en a 384 000.

Cela implique de renforcer l’enseignement professionnel donc d’accorder les moyens nécessaires aux lycées professionnels d’Etel par exemple, ou à l’AFPA à St Goustan pour répondre aux besoins d’emplois qualifiés qui font défaut aujourd’hui alors que les débouchés sont importants, avec l’émergence de nouveaux métiers dans le domaine de l’énergie notamment.

Cela implique de relocaliser un tissu industriel diversifié qui place les lieux de production près des lieux de consommation.

Cela implique de repenser notre agriculture et l’urbanisation du littoral.

Cela implique de créer un pôle public bancaire pour développer entre autre ce secteur d’activités.

Print - copieLa France est dans le domaine maritime un des seuls Etats au monde à pouvoir se confronter à un défi mondial à travers sa présence dans tous les océans du globe. Notre mise en mouvement, notre audace pourrait être un immense espoir pour la maîtrise écologique d'un des principaux ressorts de l'écosystème humain.