Les travaux du Bretagne Grande Vitesse (BGV) entre le Mans et Rennes avancent à grand pas et la mise en œuvre des nouveaux services TGV dès la mi-2017 vont se traduire par un gain de 37 minutes, voire plus pour certaines destinations. Même si cette échéance peut paraître lointaine, c’est déjà demain ! L’anticipation est donc indispensable, car beaucoup de décisions se prennent très en amont. Les acteurs territoriaux bretons se doivent de se préparer aux évolutions qu’entraine la mise en service de la nouvelle ligne à grande vitesse. Les Clubs TGV sont, à ce titre, en tant qu’initiatives informelles, utiles pour rassembler les bonnes volontés. Ils sont ouverts à tous les décideurs publics et privés : élus et représentants des collectivités, acteurs du monde économique, enseignants, chercheurs, universitaires, acteurs du monde touristiques, représentants des associations culturelles, sportives…Pour être prêts en 2017, quatre Clubs TGV bretons ont ainsi été créés entre juin 2012 et février 2013 en Ille-et-Vilaine, Côtes d’Armor, Finistère et Morbihan.

Club TGV BretagneAprès les réunions de lancement qui ont permis de préciser le projet et son calendrier, chacun des clubs s’est organisé en fonction de son territoire et de la dynamique impulsée par les équipes d’animation. Les premiers travaux des Clubs bretons ont notamment mis en évidence la nécessité d’engager des actions de promotion dans les différents secteurs dès 2015, afin que les effets de la grande vitesse soient perceptibles à la mise en service de 2017. Ils sont aussi coordonnés par une équipe régionale pour partager les idées et les pistes de travail, et susciter les synergies. Cette équipe a défini huit projets à débattre par département:

1. Développer l’accueil numérique ;
2. Faciliter le voyage de porte à porte ;
3. Contribuer à améliorer les services aux voyageurs ;
4. Améliorer les offres touristiques ;
5. Formaliser des messages communs de marketing territorial ;
6. Communiquer ensemble ;
7. Développer le projet de gare La Brohinière / Centre Bretagne ;
8. Créer du business (créer une structure d’appel à projets pour alimenter les autres thèmes).

En Morbihan, une première réunion de travail en juillet 2013, qui a rassemblé une soixantaine d’acteurs socio-économiques et institutionnels, a arrêté comme axes de travail l’attractivité économique, le tourisme, l’enseignement et la recherche. Le Conseil de Développement du Pays d’Auray (le CODEPA), attentif aux travaux du Club TGV Morbihan, y participe selon ces disponibilités. C’est à ce titre que j’ai assisté aux réunions des 27 février, 05 novembre et 04 décembre 2014 à Auray où il a été question d’attractivité économique et de développement du tourisme.

Photo gare d'AurayLes réflexions menées portent sur comment vendre le territoire « Morbihan Sud », quelle marque et quel marketing territorial faut-il développer, sur quels arguments s’appuyer pour mettre en valeur notre zone géographique, qui reste à définir. Où et comment se situe par exemple le Pays d’Auray dans ce « Morbihan sud » ?

A partir du constat que notre territoire est un lieu où il est possible de se réaliser professionnellement et personnellement, qu’in fine l’objectif visé est d’y installer des entreprises et des salariés, le Club TGV Morbihan dégage quatre idées force de nature à construire les réponses aux questions posées précédemment:

  • notre cadre de vie est exceptionnel,
  • nos entrepreneurs sont conquérants,
  • notre territoire est à taille humaine,
  • notre territoire bénéficie d’un dynamisme démographique et économique.

La démarche choisie pour poursuivre la réflexion va consister à interroger des entreprises dans ce cadre pour qu’ils soient les promoteurs de ce territoire, de leur territoire. Une quarantaine est déjà ciblée sur Vannes. Combien pour Auray ?

Quant au tourisme, deux approches s’entrechoquent :

  1. une approche industrielle avec la SNCF au travers de son portail « Voyage.SNCF.Com » qui est plus adaptée à l’évènementiel (course du Rhum, festival inter celtique de Lorient…) ;
  2. une approche plus artisanale et locale qui prend appui sur la mise en place d’une démarche partagée autour des atouts du territoire et du tourisme durable (Golfe du Morbihan et PNR, entreprises labellisées…).

Là aussi, la réflexion continue pour élaborer des propositions de « séjours Packagés ». Affaires à suivre.

Plan gare d'AurayC’est également au cours de ces rencontres que j’ai pris connaissance de l’évolution du dossier « Pole d’Echange Multimodal » d’Auray (PEM). A ce sujet, il est surprenant d’apprendre que le dossier est toujours à quai depuis février 2014, car la réflexion menée précédemment serait jugée insuffisante. Faute de contrat de pôle, le financement des travaux n’est pas assuré à ce que l’on dit aussi : il faut trouver 28 millions d’€ ! Une Assistance à Maitrise d’œuvre a été désignée par AQTA, cela devrait aller mieux…

Mon intention avec ce billet n’est pas de tirer le signal d’alarme mais force est de constater que si les acteurs économiques et du tourisme du territoire, dont il nous faut définir les contours, sont mobilisés, ce n’est pas le cas des élus. De plus, le Pays d’Auray semble être à la remorque de notre voisin vannetais qui a quelques longueurs d’avance semble t-il. Certes les élections de mars dernier et la création d’Auray Quiberon Terre Atlantique (AQTA) ont bousculé l’agenda, mais face aux enjeux l’implication active est plus que nécessaire. Elle est impérative. Ça urge, sinon le TGV sifflera mais ne s’arrêtera plus à Auray. Espérons qu’à la prochaine réunion du 05 mars 2015, le Pays d’Auray aura raccroché le train de l’avenir.