En vérité cette nouvelle réforme, qui se fait sans aucune concertation et de manière hiérarchique, ne vise uniquement qu’à répondre aux exigences de Bruxelles. Ce « big bang institutionnel » ne fera qu'accroître le sentiment d'abandon ressenti par les collectivités territoriales et les populations qui ne connaissent que l'austérité comme voix de salut.

Nous, élu(e)s de l'Association Départementale des Elus Communistes et Républicains du Morbihan (ADECR 56), avons conscience de la nécessité d'engager une réforme de nos institutions. Cependant, celle-ci ne doit pas conduire à la disparition pure et simple des Conseils Généraux ou à la transformation des Régions en structures gigantesques sans aucun ancrage local. Nous pensons que l'optimisation et l'organisation territoriale de notre pays doit contribuer à renforcer les services de proximité, la citoyenneté, la démocratie locale et participative. Elle doit être pensée pour et avec les citoyens et non sur une seule logique de réduction des dépenses publiques et de compétitivité. Nous demandons que les choix engageant l'avenir de nos collectivités territoriales soient tranchés souverainement par référendum.

MarianneNous rejetons la disparition des conseils départementaux car nous considérons qu'ils sont le bon échelon pour réduire les inégalités sociales et territoriales. Malgré des budgets de plus en plus contraints, ils ont parfaitement rempli leurs missions de services publics et ont largement contribué à la dynamique du territoire.

Pour la Région Bretagne, les enjeux du débat et du choix sont de la même nature que pour les autres Régions ; aussi il est improductif d’opposer, d'un côté, les partisans d'une grande région Ouest progressiste et, de l’autre, les partisans d'une région Bretagne réunifiée aux préoccupations archaïques teintées de nostalgie.

Ainsi, la modernité n'exige en rien la constitution de mastodontes territoriaux et la renonciation à nos identités collectives. La modernité exige en revanche des principes telle la démocratie participative et locale, seule garante d'une cohésion sociale et d'une efficacité de l'action publique.

Nous allons mettre à profit le délai que nous donne le report des élections départementales et régionales pour informer les citoyens sur l'enjeu de cette réforme, en débattre collectivement sur l'avenir de nos collectivités. L'heure est venue d'exiger un renouveau démocratique dans l’intérêt de l’ensemble des populations.

Auray, le 04 juillet 2014.