Pour aborder cette échéance il ma semblé utile d’en débattre avec celles et ceux qui ont été à mes côtés ou qui m’ont témoigné de la sympathie lors des élections législatives de 2012. Avec eux j’ai souhaité mettre en débat une série de questions pour voir comment aborder ce temps fort de la démocratie locale: quelle réflexion, approche et comment y associer les Alréens, comment la porter et la faire partager, avec qui… et ce dans un contexte politique marqué par une crise sociale et morale, une défiance aux politiques. Cela pour être utile, garder la ville d’Auray à Gauche et faire grandir une alternative à l’austérité qui sévit aujourd’hui. Et j’ai considéré que cette confrontation était plus que nécessaire face à la complexité des situations qui va découler de l’évolution de l’organisation institutionnelle de notre territoire avec la mise en place de la nouvelle intercommunalité au 1er janvier 2014 (qui comptera 24 communes du Pays d’Auray) et de l’évolution du mode de scrutin pour les conseillers communautaires.

Photo AC FdG mars 2012Pour cela j’ai animé un collectif baptisé pour la circonstance « Auray citoyen 2014 ». Des trois réunions qui se sont tenues ce printemps (et rassembler plus de 25 Alréens) la nécessité de rassembler toute la Gauche a émergé avec force. Rassemblement sous condition de combattre l’austérité, donner une place plus affirmée à la démocratie délibérative et participative, défendre les services publics, combattre l’évaporation des communes avec une intercommunalité qui se renforce. Fort de ces échanges j’ai précisé mes intentions à mes collègues conseillers municipaux d’Auray lors d’une réunion de la majorité municipale, le 10 juin 2013, dont voici ci-après la teneur.

« Depuis un an je me suis mis en retrait de la vie municipale, un choix difficile mais nécessaire pour moi, pour plus de sérénité et pour préserver ma santé. J’ai mis à profit cette année pour réfléchir sur le sens de mon engagement à Gauche que j’ai poursuivi sous d’autres formes. Cela fait aussi un an que la Gauche est aux affaires du pays, et je n’ai pas manqué de faire part de mes embarras voir désaccords, ici et ailleurs. Une année enfin durant laquelle je ne me suis pas désintéressé de ce qui se passe sur Auray et le Pays d’Auray, j’ai été attentif à l’exécution de plusieurs dossiers dont j’avais été l’initiateur en toute modestie, et j’ai également porté attention à l’évolution du dossier intercommunal.

En janvier 2013, lors de la réunion de groupe, à la question qui est à notre ordre du jour je n’avais pas donné de réponse quant à la suite de mon engagement à vos côtés pour la période à venir, pour les échéances de 2014. Depuis j’ai rencontré nombre d’alréens, et débattu au sein d’un collectif que j’ai constitué pour aborder cette question. A ce jour trois voies s’offrent à moi

1. Mettre fin à tout engagement et prendre ma retraite de manière effective ;
2. M’engager à Gauche en tant qu’acteur principal d’une démarche citoyenne et ouverte pour Auray dès 2014 ;
3. Poursuivre à vos côtés cet engagement.

La première voie, je ne vais pas m’y attarder, je l’écarte car je pense encore être utile au regard des combats à mener dans les mois et années à venir, du local au global ; reste à savoir de quelle nature peut être cet engagement. Il ne manque pas de partisans pour que je m’implique un peu plus au sein du CODEPA, c’est une hypothèse mais je ne la privilégie pas. La seconde voie est la plus conforme à mon engagement au sein du Front de Gauche, et même avant, et renforcé au vu des colères et reproches que j’ai à l’égard d’une politique nationale de gauche qui ne me satisfait pas, qui aujourd’hui nourrit le désenchantement, la déception; politique qui est porteuse de dangers électoralement car elle fait le lit de la droite et de l’extrême droite.

Et c’est parce qu’elle est la plus conforme à mes convictions que je ne souhaite pas la prendre sauf si je n’ai pas le choix. Pourquoi ? Je ne veux pas donner une once de victoire à la droite et encore moins ouvrir le chemin du pouvoir à l’extrême droite à Auray et ailleurs. Je ne me suis pas battu depuis 2002 contre et aujourd’hui anéantir toutes ces années de combats pour une ambition d’égo, de pouvoir. J’ai une ambition bien sur, elle est et reste de gauche pour servir l’humain contre la finance. Et c’est de cette ambition que prend forme la voie qui me semble la plus appropriée à la situation, la plus proche des avis qui me sont donnés. Elle est contrainte pour moi et offre peu de marge mais ne ferme aucune porte à la discussion. Elle tient compte d’une réalité et de l’enjeu qui en découle : la nouvelle intercommunalité du Pays d’Auray, la place et le rôle que doit y jouer la gauche dans sa diversité. Je pense être utile à ce niveau pour porter nos valeurs et les exigences des alréens et plus, au regard de la connaissance qui est la mienne des problématiques et dossiers intercommunaux.

Au niveau de la ville d’Auray je n’ai plus à démontrer ma capacité à traiter de tout ce qui touche à la vie publique locale. Pour la prochaine mandature je pense qu’il ne suffit pas d’être élu, il faut que la démocratie participative et délibérative soit plus affirmée comme pilier de l’action politique, et que pour cela une organisation et une prise en compte politique et opérationnelle est nécessaire. D’ailleurs il serait pertinent de travailler dès maintenant avec la population pour co-construire le projet pour Auray. Cette troisième voie, où la composante de gauche (le PCF avec le Front de Gauche) que je représente entend peser de tout son poids, en nombre d’élus, d’adjoints et de conseillers délégués à l’égal d’aujourd’hui, est celle qui fera gagner la gauche, avec une demande précise : le poste de premier adjoint avec la délégation de l’intercommunalité. »

Photo FdG PCFCet été, à l’initiative d’élus PCF d’Auray, les adhérents communistes d’Auray ont échangé lors d’une réunion sur la stratégie à adopter pour aborder cette échéance dans les meilleures conditions en sachant que la situation nationale rend les choses plus difficiles pour toute la Gauche. Il s’en est suivi une rencontre, le 18 juillet, avec le maire G Roussel au cours de laquelle nous avons réitéré nos demandes tant programmatiques que celles se rapportant à la liste. Après en avoir débattu il a été convenu de se revoir à la rentrée. Il convient de noter que les communistes seront appelés à valider les listes de candidats PCF en octobre, priorité étant donner au programme.

Pour ma part les enjeux de cette élection ne peuvent se limiter à une simple question de rassemblement qui s’inscrirait dans la continuité des actions et projets menées depuis 1995 sur Auray, combien même qu’il n’y a pas à rougir du bilan de l’action municipale conduite par M Le Scouarnec et ses équipes successives. Le projet 2014/2020 doit être écrit avec les Alréens en tenant compte des évolutions démographiques, économiques, environnementales et politiques du territoire, notamment avec une intercommunalité qui se renforce et une métropolisation qui se profile. J’aborderai cette question lors d’un prochain billet. Dans l’immédiat je vais organiser une nouvelle réunion du collectif « Auray citoyen 2014 » le jeudi 19 septembre 2013 (à 18 h 30 salle Louis Massé à Auray) pour faire le point et décider de la manière à poursuivre le débat.