"Pour prévoir l’avenir, il faut connaître le passé, car les évènements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés" a dit Machiavel au XVIème siècle.

Aujourd’hui tout comme hier, plus qu’hier serais-je tenté de dire, le pouvoir de l’argent domine et corrompt ; de même, notre 5ième République est à bout de souffle comme a pu l’être la 3ième République en son temps. Ainsi l’image du politique qui fricote avec le banquier, au lieu de servir le citoyen et l’intérêt général, occupe l’espace pour nourrir le « tous pourris » et ouvrir la voie du repli sur soi et de l’abstention aux élections, ou bien celle du rejet de ce qui fait notre République sociale et démocratique, au risque d’anéantir ces fondements, ces valeurs et ces acquis, au risque de dresser le peuple contre lui même.

Drapeaux cérémonieDu passé nous pouvons aussi tirer des leçons telles que celles dictées par un peuple qui refuse l’inacceptable, qui lutte pour sa liberté et ses droits sociaux, économiques et politiques. En cela il est bon de méditer en quoi l’engagement du monde du travail a pesé pour défendre la République en certaines périodes de notre histoire. Il n’a jamais failli comme l’a souligné François Mauriac au lendemain de la seconde guerre mondiale: « la classe ouvrière seule dans sa masse fidèle à la patrie profanée ». En ces temps difficiles, où se dessine un avenir incertain, il y a urgence à se projeter pour redéfinir ce qui fait le vivre ensemble.

Face à cette déliquescence politique qui se donne en spectacle, qui n’a que l’austérité sociale et économique à offrir, le Front de Gauche, en militant pour une 6ième République, est porteur d’une démarche de rassemblement, large et ouverte. Cette refondation républicaine ne peut pas se limiter aux seules questions de moralité et d’exemplarité qui nous sont soumises par le président de la République. Elle constitue bien plus qu’un rafistolage supplémentaire de la 5ième République. D’ailleurs les français n’en veulent plus de ces ajustements constitutionnels à l’exemple des alsaciens qui hier ont rejeté par référendum la recomposition territoriale qui leur était proposée.

Cette refondation s’impose et elle doit se nourrir des exigences de démocratie, de souveraineté, d’égalité, de fraternité et de liberté que porte le peuple pour que les institutions, et ceux qui les servent, assurent la primauté de l’intérêt général sur les intérêts financiers.

C’est le sens de l’appel à la manifestation citoyenne du 5 mai prochain.