La gare d’Auray figure parmi celles-ci ; elle doit se réorganiser pour accueillir en 2020 plus de 1,4 millions de voyageurs, soit le double d’aujourd’hui. Cette forte augmentation d’usagers en gare, susceptible d’engorger le quartier déjà très sollicité actuellement notamment au niveau du stationnement, oblige à repenser ses conditions d’accès. C’est l’objet de l’étude prospective « PEM d’Auray » en cours pilotée par le Syndicat Mixte du Pays d’Auray en collaboration avec les services de l’Etat, la SNCF et RFF, la Région Bretagne et le Conseil Général du Morbihan, Auray Communauté et les villes d’Auray et de Brec’h. Les conclusions sont attendues pour 2012.

          Avec BGV le Pays d’Auray va se trouver à 2 H 30 de Paris contre 3 H 18 dans le meilleur des cas. Cette réduction significative du temps de trajet va le rendre encore plus attractif et par conséquent impacté son activité économique et touristique. Pour en tirer le meilleur parti il faut s’y préparer en identifiant, à partir de l’existant, nos atouts et nos faiblesses, et les risques potentiels pour mieux les contrecarrer. Une étude menée en 2010 auprès de représentants de la sphère économique, des professionnels du tourisme et de la culture, et des institutions locales et départementales par le réseau des Agences d’Urbanisme de Bretagne sur l’appréciation de l’effet BGV sur les différents Pays bretons nous donne quelques enseignements utiles. Tous les acteurs consultés pensent que l’impact sera principalement touristique pour le Pays d’Auray, avec l’arrivée de nouveaux clients grâce au tourisme d’affaires ou aux séjours de courte durée « clé en main ». Ils n’excluent pas de voir des entreprises nouvelles s’implanter pour peu que l’on s’y intéresse en leur offrant des capacités et des fonctions à partir des gares (terrains, TIC et numérique), Lorient et Vannes étant mieux placées néanmoins. Ils disent que l’économie résidentielle, déjà moteur de développement du Pays, va se renforcer, ce qui est inquiétant à leurs yeux, étant donné que l’attractivité résidentielle est déjà très forte avec un grand nombre de résidences secondaires. Il est à craindre de voir, face à un accroissement de la demande, un renchérissement des prix de l’immobilier et du foncier sur le littoral et dans le quartier de la gare d’Auray. Ce qui risque, s’il on n’y prend pas garde, de repousser encore plus loin les résidents locaux, actifs notamment, du littoral et de renforcer le vieillissement de la population du Pays. Il est dit aussi, pour la gare d’Auray, que la plus forte critique porte sur le « stationnement jugé insuffisant » et sur « le problème de connexion avec les sites touristiques ». Ce que confirment les premiers éléments des enquêtes réalisées en gare d’Auray auprès des usagers au premier trimestre 2011 dans le cadre du diagnostic de l’étude PEM. De prochaines enquêtes devraient apportées plus d’éléments pour mieux encore apprécier les besoins.

Face aux enjeux forts d’accessibilité et de compétitivité pour le Pays d’Auray, trois objectifs se dégagent de l’étude des Agences d’Urbanisme de 2010: repenser l’accès routier de la gare d’Auray et le stationnement de proximité qui sont déjà problématiques aujourd’hui, améliorer les services connexes et renforcer l’intermodalité entre les différents modes et réseaux de transports urbains et interurbains notamment pour renforcer la continuité territoriale avec la presqu’ile de Quiberon et les îles. A ce jour la majorité des usagers du train utilise la voiture comme mode de rabattement de ou vers la gare d’Auray. Combien même que demain l’intermodalité s’améliore, ce qui est souhaitable, la voiture restera le mode le plus usité. Il y a lieu de penser que la configuration actuelle de la gare ne peut répondre demain à l’augmentation des flux routiers qu’ils soient individuels ou collectifs. Aménager l’accès de la gare en redistribuant les espaces existants est possible pour corriger les disfonctionnements actuels tels que l’arrêt minute, l’accès à la gare routière, la signalétique et l’information mais le foncier disponible sur Auray n’autorise pas de grand chambardement, d’autant plus qu’il faut en préserver pour répondre aux besoins ferroviaires (maintenance des voies ferrées, Fret…). Les axes routiers donnant accès à la gare desservent aussi des zones d’habitations et il n’est pas envisageable de modifier leur gabarit pour accroître leur capacité. L’offre de stationnement existante peut être améliorée par une meilleure organisation de celle-ci et une hausse du nombre de places est possible mais il faut privilégier les usagers qui prennent le train quotidiennement sans qu’ils soient pénalisés financièrement pour garer leur véhicule. Le stationnement dans les rues proches de la gare est aussi gênant pour les riverains avec la présence de voitures ventouses. Il convient de s’interroger comment le réglementer, en instaurant par exemple le disque bleu européen. Mais au regard de la hausse du nombre de voyageurs attendue une ouverture de la gare côté nord sur Brec’h est impérative, du foncier est disponible pour créer la voirie d’accès et les stationnements nécessaires. Cela passe par la réalisation d’une liaison entre les 2 communes au niveau de la gare, en souterrain ou en aérien.

Renforcer l’intermodalité avec les réseaux de transports urbains et interurbains s’impose pour mieux desservir d’une part les zones d’activités économiques d’Auray excentrées par rapport à la gare, et d’autre part les pôles touristiques et nautiques du Pays (St Goustan, Carnac, La Trinité S/Mer, Quiberon et les Iles…). Avec le BGV la gare routière doit être redimensionnée et la circulation des bus repensée en séparant si possible les flux à l’approche de la gare d’Auray. Enfin les services connexes de la gare sont à revoir : les services de location de véhicules « qui ferment trop tôt » et les taxis sont très mal notés à Auray car trop faibles en nombre et peu flexibles car seules les courses « rentables » seraient privilégiées. Pour répondre aux enjeux du BGV la gare d’Auray, porte d’entrée du Pays d’Auray, est appelée à connaître une mutation dans les années à venir. Les aménagements inhérents à la hausse du nombre de voyageurs obligent à repenser le quartier dans le cadre d’un renouvellement urbain qui place la revitalisation économique au cœur de son propre développement tout en préservant la qualité de vie de ces habitants. Loin d’être une contrainte c’est une chance pour Auray et Brec’h. Soyons au rendez-vous !