Ce projet repose sur quatre axes :

1. La construction d’une ligne à grande vitesse entre Le Mans et Rennes, qui mettra Rennes à moins d’1h30 de Paris et, du même coup, la pointe Bretonne à un peu plus de 3 h à l’horizon 2017.
2. La modernisation du TER sur les axes Rennes-Brest et Rennes-Quimper pour diffuser l’effet accélération jusqu’à la pointe de la Bretagne.
3. L’aménagement de dix gares en Pôles d’Echange Multimodaux (PEM) pour favoriser le passage du train à d’autres modes de transport sur tout le territoire breton.
4. Un nouveau Projet d’horaire TGV-TER pour la mise en service en 2017.

La conception de nouveaux horaires TGV et TER se prépare dans le cadre d'une réflexion commune entre le Conseil régional de Bretagne, Réseau Ferré de France et la SNCF. Pour en parler et construire les meilleures réponses aux besoins de tous les bretons, le Conseil, accompagnée de RFF et de la SNCF, a engagé une consultation des territoires et des usagers. Huit réunions publiques sur le projet de desserte TGV-TER ont été organisées à cet effet courant juin et juillet. C’est la première étape d'une démarche qui se poursuivra jusqu'en 2017, voire au delà. En effet, pour parvenir à l’objectif des 3 heures à la pointe bretonne, une nouvelle étape d’aménagements sera nécessaire ; c’est la raison d’être du projet de lignes nouvelles Ouest Bretagne-Pays de Loire qui va se trouver au centre du débat public qui doit être mené à l’automne prochain. On en reparlera.

Photo gare d'AurayLors de la réunion à Vannes à laquelle j’ai assisté, la Région après une brève présentation du projet et de son état d’avancement, a dit que le BGV devait bénéficier à toute la Bretagne (heureusement !) et se traduire par un accroissement de la desserte ferroviaire et non une remise en cause de l’existant, sans pour autant accroître le nombre de rames TGV mises en circulation pour la SNCF . Le gain de temps réalisé de 45 minutes doit donc être maximisé à partir de trains TGV directs de Paris à Rennes ; la Région garantit de desservir toutes les gares actuellement desservies … sans toutefois affirmer le maintien du même service. En d’autre terme, le nombre d’arrêts en gares peut être différents qu’actuellement mais les actuelles gares TGV le restent. Cette maximisation passe, pour la Région, par une mutualisation des TGV et des TER. Aucune grille horaire n’a pas été présentée pour étayer le propos.

La Région a également réaffirmé son attachement aux dessertes en antenne, à l’exemple du Tire Bouchon, et souligné l’importance des Pôles d’Echange Multimodaux (PEM) qu’il faut réaliser, combien même que tous les financements ne soient pas acquis, le nouveau Contrat de plan Etat / Région étant toujours en discussion et sa finalisation pas aisée en ces temps de disette, austérité oblige. Un appel du pied à l’adresse des élus des collectivités locales qui vont subir aussi le couperet financier de l’Etat. Autre donnée, avancée par le représentant de la Région, à intégrer dans la réflexion : la récente réforme ferroviaire qui prépare l’arrivée de la concurrence à partir de 2019, et contre laquelle, je le dis, les cheminots se sont bien battus le mois dernier, face à un gouvernement qui a tourné le dos aux attentes sociales et brade le Service Public. Je m’en souviendrai, à l’avenir ma voix prendra désormais la voie de la résistance pour combattre celles et ceux qui renoncent pour mieux servir la finance, qui ont oublié qui les a mis au pouvoir, qui offrent un boulevard aux extrémismes de droite.

Rythmes scolairesJe suis intervenu dans le débat pour dire mon inquiétude face à la libéralisation du rail en 2019 et interroger si celle-ci n’allait pas mettre en péril tout ce que la Région était en train de bâtir. J’ai rappelé que le Pays d’Auray, desservi par la Gare TGV d’Auray, comptait 80 000 habitants aujourd’hui et que demain, selon les travaux du Schéma de Cohérence Territorial (SCoT), il en comptera 110 000. Aussi, bien qu’Auray soit entre deux agglomérations plus importantes, Vannes et Lorient, il n’était pas envisageable de voir réduire sa desserte TGV ; au contraire, pour moi, il faut l’accroître vu l’attractivité de son paysage et son développement démographique. J’ai enfin acté l’attachement de la Région aux dessertes par antenne en soulignant l’importance de développer la desserte de la presqu’ile de Quiberon pour le Pays d’Auray ; je n’ai pas manqué de rappeler, à cet effet, le travail réalisé et les propositions formulées par les acteurs de la société civile dans le cadre de l’élaboration du schéma des déplacements (qui n’est pas encore annexé au SCoT).

A l’issue de cette première réunion, il nous faut être attentif à l’évolution de ce dossier. Il n’est pas acquis que la gare d’Auray conserve ces 6 arrêts Aller/Retours TGV journaliers. La construction des grilles horaires se doit être plus transparente. Les usagers ont la possibilité de s’en saisir au travers des comités de lignes ou en s’impliquant dans les travaux du Club BGV créé par la SNCF et les acteurs économiques bretons.