Par le truchement d’une disposition du règlement du Plan Local d’Urbanisme (PLU), la nouvelle municipalité prive Auray d’un outil indispensable pour venir en aide aux personnes désocialisées qui sont très présentes en ville. Cette décision interpelle car cette municipalité a une lecture à géométrie variable du règlement du PLU : tantôt elle s’y plie, tantôt elle y déroge.

Il n’y aura pas de logements sociaux dans le projet de construction d’immeubles sur le terrain anciennement occupé par les Affaires Maritimes, rue Abbé Joseph Martin, malgré l’obligation imposée par le PLU d’en réaliser 20 % ; lesdits logements seraient construits plus tard au Gumenen. Le projet de Maison Relais est lui sacrifié alors que le besoin est criant à Auray et que des solutions de droit existent comme le paiement d’une taxe par place de stationnement manquante. Un porteur de projet motivé, un gestionnaire reconnu par les services de l’Etat, un lieu répondant aux critères de proximité des services sociaux: tout pour enfin travailler à l’insertion des personnes désocialisées et patatras, c’est le rejet. Si on ajoute l’invitation faite aux locataires des logements sociaux communaux à libérer leur logement, surtout ceux du centre ville, pour faire sans doute demain une opération foncière, il ya de quoi s’inquiéter. D’un côté, on donne des gages aux promoteurs fonciers pour des opérations juteuses, de l’autre, on use du pouvoir réglementaire pour éluder un dossier encombrant politiquement. Les masques tombent. La nouvelle Municipalité d’Auray aurait-elle un problème avec la question sociale ?

Il ne peut avoir deux poids deux mesures dans le respect du PLU, tout comme il est urgent de réaliser une Maison relais en centre ville. Les Alréens peuvent compter sur notre soutien et notre participation pour la sauvegarde d'une politique sociale et solidaire au profit des plus modestes, pour la reconnaissance d'un droit à vivre au cœur de la ville d’Auray.

Auray, le 08 octobre 2014.