Une réflexion c’est également engagée en 2009 avec la Fédération Auray Commerce sur les conditions de circulation en centre ville. Au cours de plusieurs rencontres, les questions de partage de l’espace public, de stationnement et de signalétique ont été abordées. A partir de mai 2010, à la demande de certains commerçants, nous avons expérimenté la piétonisation de certaines rues du centre ville dont les rues du Lait et du Belzic. Cette expérimentation a fait l’objet de nombreux points d’étape et d’ajustements avec les représentants des commerçants des rues du centre ville et de la Fédération Auray Commerce. S’il ressort que la piétonisation de certaines rues et places en centre ville ne fait pas l’unanimité des commerçants, les avis divergeant sur l’intérêt commercial des rues piétonnes à Auray, l’expérimentation menée a montré sa pertinence ; la population Alréenne et les touristes l’ont bien accueillis. Restait à la Municipalité de décider des suites à donner à cette expérimentation. Pour l’y aider une consultation des Alréens a été effectuée courant décembre 2011 sous la forme d’un sondage téléphonique auprès de 600 habitants majeurs d’Auray, soit près d’un ménage sur dix, représentatifs des différentes classes d’âge (14 % de moins de 30 ans, 35 % de 30 à 50 ans et 52 % de plus de 50 ans). Le résultat est sans appel : 81 % des habitants d’Auray consultés sont favorables à la piétonisation des rues du Lait et du Belzic les samedis de 14 à 19 heures. Une extension de la piétonisation de ces 2 rues à d’autres heures ou jours, ainsi qu’à d’autres rues n’a pas recueilli l’assentiment des habitants. Ce sondage met en exergue le potentiel de réflexion, de capacité d’engagements que peut recéler notre ville d’Auray. Il dit aussi que pour la piétonisation le dialogue ne peut pas se limiter aux seuls commerçants, mais que c’est aussi l’affaire des Alréens.

La méthode retenue par la Municipalité combinant concertation, expérimentation et consultation a porté ses fruits. Elle n’est certes pas exempt de commentaires, d’interrogations, d’imperfections. Qui décide des sujets à mettre à l’agenda ? Comment et qui tranche ? Un programme électoral avec des objectifs et des engagements suffit-il, donne t-il toute légitimité pour décider et mettre en œuvre sans la population ? Le doute, l’erreur sont-ils permis ? Le suffrage universel confère un pouvoir certes mais la chose publique n’est pas qu’administrative. Il n’est pas question d’échapper à mes propres responsabilités d’élu mais être élu et avoir un programme ne suffit pas pour avoir réponse à tout. Je pense que les meilleures décisions sont celles qui sont imprégnées des préoccupations des citoyens et qui sont prises en accord avec eux, dans le sens majoritaire et l’intérêt général ; car une ville se construit tous les jours, dans les tracasseries quotidiennes sans nier les enjeux plus grands de la société qui nous entoure. La chose publique n’est pas une chasse gardée pour une élite quand bien même qu’elle soit élue. La chose publique se partage. En cela la démocratie participative, car c'est de cela qu'il s'agit, ne peut être une pratique à usage limité ou ciblé pour faire valider des choix actés ailleurs, par acquis de conscience. Elle doit venir en complément à la démocratie représentative. Elle doit être conçue comme une aide à la réflexion, à la décision.

La citoyenneté, le vivre ensemble, la démocratie participative, autant de formules qui se trouvent vides de sens s’il n’y a pas une organisation de proximité qui permet l’expression des attentes et des besoins, qui permet de dépasser la simple expression d’opinions, d’avis. De quels outils faut-il se doter pour y répondre ? Force est de constater que notre organisation territoriale et administrative actuelle tend à éloigner le pouvoir du peuple. Entre deux élections point de salut ! La souveraineté directe du peuple doit trouver une traduction institutionnelle, avec les moyens et les espaces nécessaires à son expression. Il existe ici ou là des outils tels que des Ateliers citoyens, des commissions extra-municipales ou autres Carrefours de discussion. Pourquoi ne pas en créer ?