Décidée au plus niveau, cette baisse aux Collectivités Territoriales est, au vu des chiffres et des conséquences, incidences que l’on est en mesure de quantifier au niveau du budget de la ville, est une erreur politique et économique. Autant il est possible de comprendre qu’il ne faille pas laisser filer le déficit public, autant faire peser sur les Collectivités Territoriales, donc sur les contribuables et les usagers des services publics de proximité, l’essentiel des efforts à réaliser est insensé. Notamment au regard de la fraude fiscale constatée et sans cesse dénoncée à tous les niveaux, mais aussi au regard des allègements sociaux et fiscaux attribués sans contrepartie réelle en terme d’emplois et de relance d’activités économiques. Aujourd’hui, il en coûte 300 000 € pour un emploi créé voire préservé avec le pacte de responsabilité et le CICE; est-ce acceptable ?

La confrontation à venir entre la réponse aux besoins et aux obligations légales et les contraintes imposées au titre de la participation des Collectivités Territoriales au redressement des dépenses publiques va donner lieu à très court terme à des arbitrages difficiles. Nous ne le nions pas. Toutefois nous restons attentifs aux choix opérés, ici à Auray et au-delà. Jusqu’en 2014, une certaine stabilité des recettes, notamment des dotations, a été enregistrée mais depuis c’est la chute libre, et malgré les multiples efforts engagés, il y a fort à craindre de se trouver en impasse, avant de taper dans le butoir.

Adapter les dépenses aux évolutions des recettes n’est envisageable que dans la mesure où ces dernières enregistrent au minimum une augmentation ; ce qui n’est pas le cas et tout laisse à penser que la situation va encore s’aggraver. Ce d’autant plus que certains candidats aux présidentielles de 2017 nous annoncent des baisses de dotations encore plus fortes. Aussi, les arbitrages, qui nous sont imposés par la force des choses, amènent à réduire les dépenses de fonctionnement si l’on veut investir ; et en cela il faut se dire les choses : deux choix s’offrent à nous.

Soit le choix est d’investir, quoiqu’il en est, en maintenant à tout prix une épargne élevée pour recourir le moins possible à l’endettement au cours de ce mandat ; ce qui oblige à baisser drastiquement les dépenses de gestion et de personnel en un temps record, mais jusqu’où ? Est-ce raisonnable d’envisager près de 30 millions d’Euros d’investissements d’ici 2020 à Auray en conservant une annuité de notre dette à 2 M Euros par an avec une baisse fort probable du résultat de plus de 250 000 € par an ? Dans cette hypothèse, dès 2017, au plus tard en 2018, vous aurez asséché la Capacité d'Autofinancement (CAF), et là vous n’aurez pas d’autres choix que de nous proposer une hausse des taux de la fiscalité locale. Pour autant, nous savons les uns et les autres que la faible capacité contributive des ménages d’Auray ne nous autorise pas à les solliciter encore plus durant ce mandat. Seule une évolution marquée des bases physiques de l’impôt peut être possible. Je me permets de relever ici que vous changer votre fusil d’épaule : aujourd’hui vous ne renier pas le fait de la nécessité de construire du logement car c’est le seul levier fiscal pour accroître les recettes de la ville; que n’avions nous pas entendu en 2014 ….

Soit le choix est toujours d’investir mais il est étalé dans la durée, donc au delà de ce mandat, pour se donner le temps des ajustements nécessaires, et de constituer des marges d’autofinancement avec des recettes qui resteront atones, semble t’il. Se donner du temps aussi pour intégrer les évolutions législatives relatives aux intercommunalités qui ne demandent qu’à renforcer les mutualisations et les coopérations entre les communes. Cette hypothèse empreinte de prudence est aujourd’hui celle qui convient le mieux à la situation de notre point de vue même si elle est loin d’être conforme à notre combat de justice sociale, que nous ne cessons de mener par ailleurs. Cette hypothèse invite à prioriser en ces temps de crise le vivre ensemble, l’humain en veillant au maintien des actions éducatives, sociales, associatives, culturelles et sportives.

Désormais la loi nous impose non pas d’acter qu’il y a bien eu débat mais d’approuver les orientations présentées. A la lecture des quelques chiffres énoncés, vous opter pour le maintien d’un haut niveau d’investissement, donc de réduire les dépenses de gestion et de personnel, dépenses incompressibles à tout va néanmoins, sauf à remettre en cause le service rendu aux alréens.

Vos orientations ne sont pas les nôtres aussi nous voterons contre.