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« Quelle place et quels moyens veut-on donner à l’éducation dans notre pays et en Europe ? Quel citoyen veut-on préparer ? Quelle capacité à vivre ensemble dans une société solidaire et plus juste voulons-nous forger ? Quelles connaissances, quels savoirs et quelles qualifications seront indispensables aux jeunes pour cela ? Quelle place auront-ils dans la construction de leur propre avenir ? Parents, jeunes, enseignants, universitaires, associations complémentaires de l’enseignement public et d’éducation populaire, professionnels des collectivités locales, élus locaux, professionnels de la petite enfance et responsables syndicaux, nous appelons à la mobilisation de tous autour de l’éducation et de la formation, dès la petite enfance et tout au long de la vie »

C’est en ces termes que débute « l’appel de Bobigny pour un projet national d’éducation » élaboré en 2010 lors des assises nationales pour l’éducation par 42 organisations, syndicats et associations du monde éducatif. Le chef du gouvernement actuel, J.M.Ayrault (lui-même signataire de cet appel) aurait été bien inspiré de soumettre ce texte à son ministre de l’éducation nationale ; Vincent Peillon, au lieu de vouloir faire passer en force une réforme qui, telle qu’elle est prévue ne fera que déstabiliser l’école tant elle manque de clarté sur ses visées et ses modalités d’application.

En effet, si les rythmes peuvent être un élément permettant la réussite des élèves, seuls, ils ne peuvent lutter contre l’échec scolaire. Le calendrier très serré qui est imposé, empêche toute réflexion globale sur les rythmes de vie des enfants, leurs conditions d’accueil et l’articulation nécessaire avec les horaires de travail de leurs parents. Alors que ce changement entend s’inscrire dans un processus de Refondation de l’Ecole, la concertation avec tous les partenaires et acteurs du système éducatif est court-circuitée. L’impact sur les personnels, sur la vie associative locale risque pourtant d’être extrêmement important.

Manif éducationQue dire d’une refondation de l’Ecole qui entend se faire sans débat démocratique et en l’absence de consultation des personnels ? Le rôle du scolaire et du périscolaire n’est pas précisé. Des activités pédagogiques pourront être mises en place, mais le gouvernement ne dit pas au service de quel projet éducatif. Sa faible durée, 30 à 45 mn, en réduit la portée et pose la question du personnel encadrant. Et ce n’est certainement pas en assouplissant les normes d’encadrement, piste actuellement privilégiée, qu’un projet de qualité pourra être porté. Au contraire, cela risque de nuire à la sécurité des enfants. Des promesses d'ateliers culturels, sportifs sans renforcement des moyens matériels et humains, des recrutements toujours plus précaires pour les animateurs, des conditions de travail détériorées pour tous (agent de service, ATSEM, animateurs, PVP, enseignants), des temps de présence dans les écoles rallongés pour les élèves et toujours aucune prise en compte des revendications portées depuis longtemps : baisse des effectifs dans les classes, suppression des évaluations nationales, du Livret personnel de compétence (LPC), de Base Elèves, des Programmes de 2008, des Stages de remise à niveau (SRAN), de l'Aide personnalisée... Horaires des écoles, durée de la pause méridienne, organisation de la sieste en maternelle, utilisation des locaux scolaires sur le temps périscolaire, organisation des activités pédagogiques complémentaires, tout cela ne peut être pas être le fruit d’une décision unilatérale écartant la participation active des nombreux acteurs éducatifs, premiers experts du travail éducatif auprès des enfants.

Les chercheurs de l’éducation, les personnels d’éducation, les parents, les élus, les jeunes s’invitent dans le débat, confrontent leurs points de vue au regard des ruptures indispensables à mettre en oeuvre en matière d’éducation pour aller vers l’école de l’égalité et de la citoyenneté.

Table ronde avec des représentants de parents d’élèves (FCPE) des responsables de services municipaux, des représentants d’enseignants, des animateurs du monde associatif, des élus territoriaux suivi d’un débat avec la salle.