« Je tiens à rappeler que cette annonce de N.Sarkozy de relever de 30 % les droits à construire, au regard de l’insuffisance de production de logements, souligné par le 17ième rapport de la Fondation Abbé Pierre, a été présentée pour relancer la construction, répondre à la demande attendue de logement et mettre un terme à la spéculation foncière et immobilière ; ce qui est loin d’être le cas. Cette règle, il faut le dire, ne constitue pas une contrainte pour les élus qui refusent de construire du logement social, elle n’est nullement imposée et ne renforce pas la loi Solidarité Renouvellement Urbanisme (SRU) ; d’ailleurs par délibération du CM il est possible de déroger à cette mesure, c’est d’ailleurs ce que nous allons faire en quelque sorte. Et j’approuve la délibération soumise aux élus qui propose de prendre les mesures nécessaires pour déroger à cette disposition. Pourquoi ?

Cette règle n’est d’aucune aide pour les élus favorables à la construction de logements accessibles, sociaux ou non. Le besoin ne réside pas dans la fixation et dans l’imposition d’un nouveau ratio mais dans la définition d’une autre politique de la pierre qui s’exprime en faveur d’outils qui bloquent la spéculation des sols et la flambée des prix de la construction et de l’immobilier, et qui se traduit par des subventions substantielles et des prêts bancaires à taux bas sur de longue durée.

Avec cette règle il y a un risque réel de voir les prix du foncier et de la construction croître, et faire in fine l’affaire des seuls promoteurs. En effet elle permet d’augmenter le nombre de m² construits donc vendus. Et qui dit plus de logements sur une parcelle donnée dit foncier plus cher. Sans maîtrise publique le marché mène la danse. En refusant d’adopter cette nouvelle disposition, qui doit être supprimée par le nouveau gouvernement, mais dans l’attente, nous nous attaquons à la spéculation et au logement cher.

Enfin je voudrais dire que la qualité urbaine d’une ville et que l’équilibre de son développement tant du point de vue de la mixité sociale que fonctionnel ne peuvent se réduire à une simple application d’une règle arithmétique pour assurer un vivre ensemble».