Photo industrieLes évolutions intervenues depuis les années 1980, dates où a débuté le détricotage des règles du commerce mondial arrêtées au lendemain de la seconde guerre mondiale, pourraient être appréhendées comme une révolution copernicienne de mon point de vue, contrairement au pacte de compétitivité qui nous est soumis. Ce dernier ne vient que renforcer un état de fait : la mondialisation et la financiarisation de l’économie sans limite. La présidente du MEDEF ne se trompe pas d’ailleurs en applaudissant des deux mains. En entérinant les thèses libérales la Gauche socialiste au pouvoir vend son âme au diable, ce n’est pas nouveau! Soit, mais ce n’est pas une raison de l’accepter sans lutter ; ce n’est pas parce que nous voulons la réussite de la Gauche que nous devons nous taire, nous les communistes, les militants du Front de Gauche … et vous aussi camarades socialistes et écologiques, pour l’humain d’abord.

Répétée à l’envie, la baisse de compétitivité de notre économie, de notre industrie, serait due à un coût du travail trop élevé. Lorsque l’on nous en parle il y a mélange des genres pour mieux noyer le poisson, pour nous asséner des contre vérités et nous faire supporter l’insupportable : la baisse des cotisations payées par l’employeur via un crédit d'impôt, avec transfert à la grande masse des salariés et des ménages via une hausse de l’impôt. Lequel ? La TVA, dans un premier temps, cet impôt injuste qui frappe indifféremment et touche plus durement ceux qui consomment l’essentiel de leur revenu pour vivre que ceux qui épargnent et spéculent. Au delà du fait que le pouvoir d’achat des français est encore pénalisé, les nouveaux taux de la TVA sont de plus fixés sans une véritable réflexion et vont à l’encontre de toute logique à l’exemple de la hausse du taux pour les transports (c’est quoi la transition écologique ?) ou la baisse pour la nourriture (quelle lutte contre les produits favorisant l’obésité ?). Que n’avons nous entendu sur l’iniquité de la TVA sociale de Sarkozy et voir que ceux là même qui la dénonçaient renier leur engagement en quelques mois pour in fine créer la TVA socialiste ; c’est à vous dégouter de la chose politique. Il est loin le temps où le candidat Hollande tenait ce discours: "Je la (la TVA NDLR) considère inopportune, injuste, infondée et improvisée. C'est inopportun d'augmenter la TVA au moment même où la croissance se ralentit, de l'aveu même du premier ministre. C'est infondé : la compétitivité n'est qu'un faux prétexte. Ce n'est pas en baissant les cotisations patronales de quelques points qu'il y aura quelque progrès que ce soit dans notre commerce extérieur. Il y a là un mauvais prétexte pour une mauvaise cause". C’était à Brest en janvier dernier, bigre le changement.

Après le déficit public, voici venu le temps du déficit de compétitivité, avant que ne vienne le déficit de changement ! Mais quand va-t-on parler du coût du capital, et pouvoir s’en libérer ? Marx a dit : "ce ne sont pas les individus qui sont posés comme libres dans la libre concurrence, seul le capital est posé comme libre". Cette libre domination sans partage, en apparence inébranlable, doit être brisée. C’est possible et la solution est politique comme le souligne la Fondation Copernic et ATTAC: "Plutôt que de s’acharner à prolonger artificiellement la vie d’un modèle de développement insoutenable en aggravant encore ses dégâts écologiques et sociaux, un gouvernement progressiste devrait explorer les voies d’un autre modèle de développement. Aux antipodes de la compétitivité". Faut-il encore en avoir le courage.