L’attractivité de notre territoire est plurielle. Elle est démographique avec néanmoins un vieillissement qui s’affirme et qui n’est pas sans poser de problèmes. Elle est littorale et rurale avec des espaces maritimes et des paysages de qualité. Elle est connectée à la route et au train, à Internet. Elle est surtout patrimoniale, tant qu’historique que religieuse, voire gastronomique. Elle est aussi fragile car interdépendante de facteurs climatiques et humains.

Avec toutes ces attractivités, il est raisonnable de penser que notre Pays ne manque pas de moteurs de développement. Mais il n’y a véritablement développement à mes yeux que s’il y a d’abord une production de biens industriels, une distribution et une exportation ; et ensuite seulement ce développement se renforce par la captation des revenus des propres résidents du Pays et de ceux qui viennent y travailler, y étudier ou s’y détendre.

QuiberonL’économie résidentielle est prépondérante dans le Pays d’Auray ; elle pèse pour 78 % des emplois (20% pour le tourisme, 31% pour les résidents à l’année et 27% pour les résidents secondaires). Elle créé de l’emploi mais plutôt peu qualifié, souvent précaire, moins bien rémunéré et offrant peu d’évolution de carrière. Le risque de voir durablement cette économie persister dans le Pays d’Auray est réel, avec ce que cela peut faire naître comme inégalités sociales, de conflits entre résidents originaires, locaux ou de passages, de difficultés au niveau du foncier notamment pour l’installation d’actifs voire d’entreprises. Et dans un contexte de crise, où le pouvoir d’achat est en berne, il y a à craindre.

Notre territoire n’est pas industriel donc mais une économie de production existe (20% de l’emploi). Il nous faut la préserver, mieux l’accroître. Pour ce faire des politiques volontaristes s’imposent. Dans un système de production issu d’activités de plus en plus dématérialisées, de la connaissance, faisant appel à une main d’œuvre qualifiée et bien rémunérée, mais avec des processus d’externalisation, la présence de moyens d’échanges, d’infrastructures conséquentes pour les transports et les communications est primordiale. Dans ce monde globalisé, tout n’est que connexions. Hier il fallait être branché, maintenant si t’es pas connecté aux réseaux, physiques ou virtuels, t’existes pas. Le Pôle d’Echange Multimodal (PEM), le numérique et la téléphonie sur le Pays d’Auray, le Très Haut Débit à Auray sont autant d’atouts de nature à renforcer notre développement, sauf qu’il y a quelques grains de sable dans l’effectivité de leur mise en œuvre. Ne désespérons pas.

Toute économie locale est donc dépendante à la fois des revenus productifs et non productifs. Et l’exercice consiste à trouver le juste équilibre pour assurer un développement harmonieux, pérenne et durable qui favorise le progrès social. Pas question d’opposer ou de faire un choix, impossible par ailleurs car destructeur, entre une économie de production et une économie résidentielle mais de voir comment peut évoluer notre activité économique dans les prochaines années de manière équilibrée.

Photo gare d'AurayCela interroge sur l’action du politique et des institutionnels, des banques, du MEDEF … en particulier celle menée par le gouvernement qui réduit les dotations aux collectivités territoriales et renforce les dividendes du CAC 40 via le CICE et le pacte de responsabilité. Cela interroge aussi, plus localement, sur les outils que l’on se dote pour l’aménagement du Pays en terme de pilotage de l’activité économique, de logements, d’équipements culturels et récréatifs. Cela interroge enfin sur les moyens que l’on met en œuvre pour valoriser les productions locales, pour éviter la perdition vers d’autres territoires voisins ou éloignés. Et avec cela, nous vivons dans un monde de marchandisation et de concurrence sans limite ! Le Schéma de Cohérence Territorial (SCoT) y répond pour partie, dans les grandes lignes mais il reste un document d’urbanisme opposable aux Plans Locaux d’Urbanisme (PLU). Mais alors que faire ?

C’est faire de l’économie de proximité en ayant des stratégies, menées de pair :

  • de confortement de l’économie de production par une bonne connaissance de son territoire et de ses acteurs économiques et sociaux (mise en place d’un observatoire), par un investissement dans la formation, par l’affectation du foncier des zones en priorité à la production et aux entreprises de services qui lui sont liées, et par l’organisation de filières, de pôles, de grappes d’entreprises ou autres clusters (pour rester connecté) ;
  • d’articulation entre les acteurs de l’économie productive et résidentielle, avec ceux de l’économie Sociale et Solidaire, pour développer des synergies de coopération, en n’hésitant pas à travailler avec nos voisins de Vannes, Lorient et Pontivy.

Par exemple, le patrimoine du Pays constitue le point fort de l’attractivité du Pays. Il est transversal. Sa mise en valeur, son usage, sa connaissance, sa protection participent grandement au développement économique du pays. Il peut être ce fil rouge à partir duquel il est possible de bâtir une stratégie d’activités économiques conjointes de production et de résidence. Le patrimoine, c’est du tourisme, du savoir et de la recherche (histoire du territoire et de ces habitants au fil des siècles), de l’artisanat (entretien des édifices….), du terroir et de la gastronomie (activités primaires, ostréiculture…), de la culture (associations…), du littoral (activités de pêche, nautiques, de sports…) etc. Il ne s’agit pas de créer un label ou une quelconque marque, ça existe déjà, mais de les obtenir. Ce label porte un nom : Pays d’Arts et d’Histoire.