Présenté aux membres du Conseil de Développement ce jeudi 11 avril 2013, au regard des évolutions à venir et des enjeux pour le devenir du Pays d’Auray, la CGT considère que le SCOT doit porter l’élément principal constitutif de la ville et du territoire, c’est à dire l’humain, celui qui y habite, qui y travaille en premier lieu. Il doit donc contribuer à préserver l’équilibre républicain entre les communes et maintenir, voir renforcer une politique publique de proximité. L’évolution de la démographie qu’il prend en compte ne doit pas renforcer le vieillissement de la population et les inégalités territoriales déjà existantes en matière de logements notamment. Le développement économique qu’il prescrit doit favoriser l’emploi qualifié, bien rémunéré pour contrebalancer le poids de l’emploi lié à l’activité résidentielle et au tourisme facteurs de précarité.

L’aménagement de notre territoire doit donc combattre toute forme de séparatisme social et économique, de ségrégation territoriale pour mettre en œuvre un véritable droit à la ville, au logement pour tous, à l’accès à l’emploi, à la culture... La CGT pense que l’on créé aussi de la plus value économique et sociale dans les centres villes et centres bourgs, ce qui doit conduire à cesser de reléguer toujours plus loin, à la périphérie, où chez les voisins, les activités économiques (notamment de services à la personne) et les populations actives.

Photo usine industrieLa CGT demande à privilégier l’installation des PME et PMI à vocation industrielle dans les zones d’activités qui sont proches des réseaux de transports, embranchées au rail ou pouvant l’être (Auray, Pluvigner, Landaul, ligne Auray Quiberon). Quand aux activités tertiaires et de services à la personne elles doivent en priorité être maintenues en ville au lieu des transferts en zones d’activités, le secteur de la gare d’Auray doit y contribuer par exemple. Elle demande aussi à développer ou à renforcer la formation professionnelle aux métiers industriels à partir des centres de formation pour adultes (AFPA d’Auray et Brec’h), et des lycées professionnels (James à Etel par exemple) en lien avec les besoins des entreprises du territoire (plasturgie, nautisme…). Elle propose la création d’une plateforme logistique à Auray pour répondre aux besoins des entreprises et acteurs économiques afin de développer les activités primaires telles que l’agriculture, la pêche et la conchyliculture. Celle-ci doit être proche des réseaux de transports routiers et ferroviaires.

La question de gouvernance de cet outil SCOT est par conséquent posée dans la mesure où le développement économique est piloté par les intercommunalités pour les zones d’activités et par les communes pour le commerce et les services à la personne de centre ville ou bourg; la CGT demande qu’une coordination soit établie pour ne plus voir des activités de centre ou de bourg atterrir en zone et ainsi créer des problèmes d’accessibilité pour les habitants dépourvus de moyens de déplacement. De cette question découle la suivante: quelle instance de suivi pour renforcer la démocratie participative et le rôle du Conseil de Développement ?

Photo gare d'AurayLa problématique des déplacements, de la mobilité est importante, pour autant la centralité ne doit pas conduire à être obligé à se rendre à la ville-centre (Auray) pour avoir accès à un certain nombre de ses besoins ; pour la CGT une réponse doit être possible au plus près dans chaque commune. La contribution du CODEPA au Schéma des déplacements du Pays d’Auray est à prendre en considération pour renforcer le transport collectif, l’intermodalité et la multimodalité. La valorisation des axes ferrés Auray/Quiberon et Auray/Pontivy/St Brieuc appelle à mener une étude pour montrer la volonté affichée par le SCOT de faire de l’axe Nord/Sud la colonne vertébrale du développement du Pays d’Auray ; la CGT soumet l’idée de créer un syndicat mixte pour cela. De plus cette valorisation doit être au centre de l’urbanisation future du territoire pour participer au transfert de la route vers le collectif (la construction des grands lotissements, des nouveaux quartiers sont à prioriser à proximité des voies ferrées, des voies de dessertes).

Le foncier mutable identifié nécessaire aux besoins d’urbanisation n’est pas un problème mais la solution aux problèmes diagnostiqués, à savoir la préservation de foncier agricole et combattre le mitage, la préservation et le développement des activités tant primaires qu’industrielles, la construction de logements. Pour la CGT il convient de mener une action qui soit porteuse de cette identification (étude, listage…). Elle propose aussi que soit mise en place une politique foncière visant à maîtriser les coûts du foncier afin de rendre compatible le coût de sortie du foncier bâti avec les revenus des ménages du territoire si l’on veut maintenir une population locale active et jeune. Pour maîtriser ce foncier nécessaire, la puissance publique doit en conséquence se doter d’outils tels que la création de Société d’Economie Mixte ou de Société Publique Locale d’Aménagement.

Port QuiberonEn matière de politique en faveur du logement et des infrastructures qui s’y rapportent, il est préconisé de construire dans toutes les communes avec une part « locatif social » marquée dans ce que l’on désigne comme l’agglomération d’Auray et dans les pôles de centralité ; en plus de la règle des 20 % pour les communes de 3500 habitants et plus la CGT propose que pour toute opération, quelle que soit la taille de la commune, de plus de 20 logements ou de + de 2000 m² de SHON il faut du logement social. La CGT questionne aussi sur l’approche qui a été des décideurs politiques pour anticiper les besoins en matériaux de construction, pour l’approvisionnement en ressources locales, pour la valorisation ou la réutilisation des matériaux existants ou issus des déconstructions. Elle demande de fixer un taux d’Eco-lotissements sur le Pays d’Auray.

La production d’énergie est un enjeu fort de notre territoire, du fait de sa dépendance des territoires voisins ; une volonté semble affichée pour y répondre. Si le développement de filières énergétiques est souhaitable pour produire localement (réseau chaleur, bois, éolien …), la maîtrise des consommations, notamment des bâtiments énergivores ou anciens, oblige à prendre des dispositions de nature à réduire la facture énergétique des ménages. La CGT demande quelle dynamique entend prévoir le SCOT à cet effet (isolation de bâtiments…). Elle souligne le potentiel d’emplois susceptibles d’être créés dans ce cadre. La valorisation de notre façade maritime ne doit pas se limiter au tourisme, la création d’une filière de déconstruction de bateaux (notamment pour le nautisme) doit être travaillée avec les professionnels du territoire ; tout comme le transport maritime (autoroute de la mer…) et le développement d’une filière énergie sont à promouvoir. Pour l’eau et le bon état écologique des eaux en 2015, en application de la directive européenne de 2000, la CGT propose de mettre en œuvre un schéma directeur des activités maritimes avec un volet spécifique pour les aires de carénage et la mutualisation des structures existantes.