MarianneLe présidentialisme de la Vème République n’est pas remis en cause, il est plutôt renforcé avec la préconisation de réduire le délai existant entre l’élection présidentielle et les législatives. Jospin achève en quelle que sorte son œuvre : le quinquennat. La proportionnelle est proposée à dose homéopathique et rien n’est dit sur la démocratie participative et citoyenne. Le Parlement, chambre d’enregistrement, aux ordres du parti majoritaire et sous la tutelle de Bruxelles, n’est pas prêt de devenir cette Assemblée populaire et sociale que nous voulons construire au service et à l’image de la société française. Certes la question du cumul des mandats est timidement abordée mais pas un mot sur le vote des étrangers aux élections locales, sur l’attribution de nouveaux droits aux représentants des salariés. Décidément le slogan « le changement, c’est maintenant » devient une coquille vide. Inutile de tourner autour du pot, ce n’est pas ainsi que l’on affaiblira le pouvoir des marchés financiers et de ceux qui en usent. Vivement la VIème République !

Autre rapport, celui du Secours Catholique qui dans un document intitulé « Regards sur 10 ans de pauvreté » dresse un état alarmant de la situation de milliers de personnes frappées par la misère, l’adversité. Malheureusement les mesures budgétaires d’austérité adoptées ces derniers jours risquent d’accentuer le problème, d’autant que l’absence ou la perte de l’emploi restent la cause première de cette pauvreté galopante et rien n’est fait pour interdire les licenciements boursiers.

Plus près de nous, le rapport portant sur la création de la grande intercommunalité du Pays d’Auray a été présenté aux élus du Conseil Municipal d’Auray (19 présents sur 33). Plusieurs questions ont été abordées. Celle de la gouvernance préoccupe, les petites communes se sentent sous représentées avec l’actuelle réforme ; j’ai proposé une autre formule qui vise à valoriser ces communes sans nuire au projet d’ensemble et à la représentativité des autres communes plus importantes. Par exemple en instituant un membre de droit par commune et un membre par tranche de 2000 habitants, ce qui implique à sortir du carcan imposé par la loi de 2010. Je pense également que l’opposition doit pouvoir disposer d’une place, la règle restant à trouver. Enfin la parité doit être renforcée au sein du conseil communautaire, ce qui est loin de l’être aujourd’hui. A cette fin j’ai tenu à rappeler que la réforme de 2010 avait provoqué un fort mécontentement chez les élus locaux ; et que JP Bel, le président PS du Sénat, a dit que : « la réforme territoriale doit être abrogée et entièrement repensée ». Pour ma part réformer la loi de 2010 ne peut pas se limiter à la simple suppression du conseiller territorial ; la nouvelle donne du printemps dernier, à savoir l’arrivée de la Gauche au pouvoir, doit être prise en considération pour répondre aux inquiétudes des élus.

Face à la crise, toutes les Collectivités Territoriales sont confrontées à une double contrainte : réduire leurs dépenses dans un contexte de baisse de leurs ressources et répondre à la montée des besoins sociaux. Aussi j’ai souligné que la présentation des maquettes financières, au delà de leur complexité, ne suffit pas à rassurer, d’autant plus que tout n’est pas bouclé et qu’il n’y a pas assez de recul pour évaluer les incidences financières consécutives aux mesures d’austérité qui sont issues de la mise en application du TSCG européen. J’ai demandé que la création de cette intercommunalité ne se traduise pas par un recours accru à l’impôt ménage.

Carte du Pays d'AurayAutre question : comment associer les partenaires locaux que sont les associations, les entreprises et les syndicats à la réflexion en cours, et ensuite, pour renforcer la démocratie ? Hormis la commune, socle démocratique de la République et qui doit le rester, l’intercommunalité est encore trop peu connue. Je propose de créer un Conseil de Territoire pour ce faire. Je considère que l’intercommunalité ne doit pas conduire à réduire les pouvoirs d’initiative des communes. Il convient de faire attention à ce que les transferts de compétences ne rendent pas plus complexe la réalisation des actions de proximité, voire remettent en cause les services de proximité existants (petite enfance, école de musique…) et accentuent les inégalités sociales, au risque de rendre moins lisible le rôle et la place de l’intercommunalité et des élus et, in fine, de renforcer celle des experts et élites techniques ou des services marchands.

Afin de construire une coopération intercommunale cohérente et efficace pour le Pays d’Auray, sans que la fusion ne conduise à créer des syndicats pour assurer des prestations de proximité ou à aller vers la privatisation, je propose qu’une charte d’aménagement et de développement solidaire des services à la population, qui puisse servir de base de partage entre les élus des différentes communes de notre territoire, soit élaborée dans le cadre d’une démarche libre. Quant aux personnels et aux services il y a aussi un manque de visibilité ; j’ai insisté pour qu’une discussion soit engagée avec les représentants des personnels, considérant qu’on ne peut pas se résumer à une simple consultation des Comités Techniques Paritaires pour être conforme à la loi pour se donner bonne conscience.

Et la semaine c’est achevée par les cérémonies du 11 novembre.

Drapeaux cérémonie''11 heures du matin, le 11 novembre 1918,
Ma chère bien-aimée pour la vie,
Tout est fini ; la paix est signée –on ne tue plus- le clairon sonne le cessez-le-feu. Je suis à Omont dans les Ardennes. Je pars à l’instant pour la frontière. Tant fait plus. Je suis maintenant hors de danger. Ne peux écrire plus longuement aujourd’hui. Meilleure douce caresse à vous tous. A toi bon baiser et à bientôt''.

Ces quelques mots de Achille Marius Maillet, poilu de la 11ème compagnie, illustrent l’histoire de notre pays et montre combien était grand le soulagement de voir s’achever cette guerre meurtrière. Sur les 8 millions d’hommes, très jeunes pour certains, mobilisés entre 1914 et 1918 plus de deux millions ne revirent pas les leurs ; il y a 94 ans, enfin ce 11 novembre 1918, le cauchemar prenait fin. Que de souffrance et cela pour les marchands de canons ! Quelle connerie la guerre, plus jamais ça ou Der des Der, oui la paix est bonheur aussi restons attentifs car les faiseurs de guerre existent toujours et ils ne manquent pas d'arguments trompeurs pour jeter les hommes dans la folie guerrière.