Les enseignants et parents d’élèves disent être « dans le flou » le plus complet ; ils craignent que leur avis importe peu car l’information et « la pseudo-concertation » semblent se faire par journaux interposés. Mais « que va décider la ville et quand ?» Telle est en substance la question qui les taraude. Favorables à la réforme des rythmes, lorsque l’on se donne la peine de les écouter et de les entendre, ils ne voient dans les propositions de la ville que « du bricolage par quart d’heure », de l’imprécision quant au « contenu et à l’encadrement des activités péri-éducatives », et aussi une recherche « du moindre coût ». Et de s’interroger sur les locaux et autres équipements nécessaires, ou encore sur la gratuité des activités et des quarts d’heures de garderie supplémentaires. Quel est le cap ? La ville serait-elle atteinte du syndrome hollandais ?

Classe d'écoleIl est vrai que les partisans de voir appliquer cette réforme dès la rentrée prochaine disent concerter. C’est le moins que l’on puisse faire. Quelques réunions d’informations et d’échanges sont tenues au cours desquelles sont loués, avant tout, les mérites de l’action périscolaire de la ville d’Auray: fort du fait qu’elle est déjà en avance la réforme semble donc plus aisée à faire (un animateur intervient chaque jour dans chaque école publique élémentaire lors de la pause méridienne allongée en conséquence, soit 3 animateurs pour 410 élèves, alors qu’il en faudrait plus d’une vingtaine … mais cela c’est un autre sujet). S’il est bon de saluer la municipalité d’Auray d’avoir amorcée une mise en œuvre d’activités périscolaires de 11 h 30 à 13 h 30, l’existant, en le confrontant aux études et expertises relatives aux rythmes biologiques de l’enfant, invite à se questionner car il est loin à mes yeux des besoins des élèves pour demain.

En effet depuis plusieurs semaines maintenant s’expriment nombre de personnes sur le sujet. L’Académie Nationale de Médecine vient de confirmer il y a peu ce qu’elle disait dans un rapport en 2010 à savoir que la semaine de 4 jours est un contresens biologique et qu’il faut passer aux 4,5 jours avec la ½ journée supplémentaire calée au samedi pour éviter la désynchronisation inévitable en début de semaine ; elle ajoute qu’une journée à 5 heures 30 est trop longue et qu’il convient de faire 4 heures 30 à 5 heures selon les âges ; enfin elle préconise que les devoirs soient effectués à l’école et non à la maison. Rythmes scolairesSelon l’INSERM, aussi partisan de la semaine à 4,5 jours avec le samedi matin, il est préférable de différencier les modalités d’organisation des rythmes entre les maternelles et les élémentaires, en tenant compte de la vigilance des élèves par un ciblage des créneaux les plus favorables aux apprentissages nécessitant une attention forte (fin de matinée et milieu d’après midi) et en prévoyant la sieste des plus petits à partir de 13 heures/ 13 heures 30. Le chronobiologiste René Clarisse, qui juge meilleure cette configuration des 4,5 jours avec le samedi matin pour les enfants, préconise également d’aménager la pause méridienne, sans que celle-ci dépasse 2 heures, pour les maternelles selon les âges avec sieste pour les plus jeunes et activités calmes pour les plus grands. Ce que confirme Claire Lecomte, autre chronobiologiste, en disant que la pause méridienne, qui ne doit pas être supérieure à 2 heures, est la plus compliquée à gérer et que pour ce faire il faut des personnels qualifiés et des lieux autres que le préau et la cour de récréation pour avoir des activités.

Autres éléments dans la période, le résultat de 2 sondages. Le lendemain de l’action de grève du 12 février 2013, à la demande du SNUipp FSU, la société Harris, après avoir interrogé un panel représentatif, a fait paraître un sondage par lequel les parents ne jugent pas cette réforme des rythmes comme prioritaire, l’accent devant être mis selon eux sur « l’autorité et la discipline » ; ils s’expriment en autre pour que les activités périscolaires soient en fin de journée (68 %) et gratuites (62 %). Une majorité pense de plus que leur commune n’a pas les moyens humains et techniques pour réussir cette réforme. Autre sondage effectué en février 2013 auprès des élus locaux en charge des sports. Il en ressort que les élus ont beaucoup de difficulté à appréhender la réforme, ces conséquences financières et organisationnelles. Ils comptent sur la concertation pour qu’émerge un vrai Projet Educatif et disent qu’une mise en œuvre en 2014 est préférable pour y parvenir. Ils pointent d’une part les difficultés à avoir des créneaux ou des solutions d’accueil pour les activités sportives, et d’autre part les risques de fragilisation des emplois dans les associations et clubs sportifs en raison d’une perte d’adhérents, particulièrement les Offices Municipaux des Sports.

Image FdGSe donner du temps semble être la voix à prendre, non pour attendre mais pour engager une démarche participative et citoyenne avec tous les acteurs de la sphère éducative, les parents d’élèves et les associations. Pour moi il faut sortir de cette idée que dès lors que l’on est élu il n’y a qu’à appliquer un programme de manière descendante. Pour que les choix à opérer le soient en toute conscience il faut de la créativité, de la nouveauté, du partage. La mise en place de cette réforme est une occasion pour innover en la matière. Je propose que soit créer une commission extra-municipale composée d’élus, d’agents municipaux, de parents d’élèves et d’enseignants, de membres d’associations avec pour mission d’animer la réflexion, de contribuer à ce que l’information se fasse dans les deux sens, de consulter voir d’auditionner les acteurs concernés, d’organiser la co-élaboration d’un Projet Educatif par la mise en place d’Ateliers citoyens. Oui redonnons le pouvoir aux citoyens d’Auray.