Mise en page 1 (Page 3)La résistance avait pour objectif de libérer la France et l’Europe du fascisme, et aussi de jeter les bases de la reconstruction du pays afin d’assurer son indépendance économique et le progrès social. Le programme du Conseil National de la Résistance (CNR) définissait les mesures et actions à mettre en œuvre. Reflet de l ‘engagement de la classe ouvrière dans la lutte contre l’occupant, il visait entre autre à mettre en place « une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général », ainsi qu’« un plan complet de Sécurité Sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail », et « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».

Le patronat ne rêve que de revenir sur ces conquêtes sociales de la Libération. En finir avec les systèmes de protection sociale, les Services Publics et les garanties collectives au nom du manque de « compétitivité » et du « coût du travail » qui serait trop élevé, tel est leur leitmotiv. N’est-ce pas Denis KESSLER, membre éminent du Medef, qui avait osé affirmer que la politique sociale du gouvernement Sarkozy allait «enfin nous défaire du modèle social né du sortir de la guerre et qui était issu du programme du CNR ».

Depuis les années 1980 les dérèglementations et libéralisations de pans entiers de l’économie mondiale ont dilapidé en partie ces acquis, renforcé les thèses patronales et libérales, laissé les mains libres à la finance et au marché, et conduit au résultat de crise que nous connaissons aujourd’hui. L’engagement des militants PCF et du Front de Gauche dans la dernière période électorale a permis de mettre en lumière les dangers de ce libéralisme mondial décomplexé et d’écarter Sarkozy et l’UMP du pouvoir en France. Pour autant le combat doit inlassablement se poursuivre car la remise en cause de la liberté de spéculer et d’exploiter sans vergogne ne semble pas être à l’agenda du Président Hollande et du Gouvernement socialiste, ni à celui de l’Union Européenne. Cette liberté, celle de la main invisible, qui engendre le chômage de masse, la misère et le désespoir, terreau de tous les racismes et de la xénophobie n’est pas celle pour laquelle se battaient nos camarades.

Guy MocquetFace à ceux qui veulent conserver l’ordre social injuste qui régit l’économie et la société d’aujourd’hui en assénant qu’aucune autre politique n’est possible, que l’avenir de nos jeunes ne peut être que plus sombre, souvenons nous de l’appel de Guy MOQUET, l’un des 27 de Châteaubriant, « ce que je souhaite de tout cœur c’est que ma mort serve à quelque chose … vous qui restez soyez dignes de nous les 27 qui allons mourir ». Oui, soyons dignes de ces syndicalistes CGT, de ces communistes, de ces patriotes dans nos actes citoyens de tous les jours pour construire une société au service de l’Humain d’abord ; c’est le meilleur hommage à leur rendre, pour le présent et l’avenir. Résistance, résistance ... ne lâchons rien!