Les élus des différentes collectivités de la Bretagne Centrale, de Pontivy à Loudéac en passant par Carhaix, des représentants d’associations et des citoyens du centre Bretagne, et au delà, ont porté avec force et détermination leurs exigences pour que ce projet de réalisation d’infrastructures ferroviaires nouvelles contribuent à mieux desservir leurs territoires et à conforter l’existant, à savoir la ligne fret Auray/Saint Brieuc via Pontivy et Loudéac. A partir du postulat d’avoir été les grands oubliés des grands travaux d’aménagements du territoire breton, ils veulent que la création de lignes nouvelles contribue à corriger les déséquilibres qui en ont découlés et qui aujourd’hui handicapent le développement économique et la croissance démographique de la Bretagne Centrale. Considérant que le choix des décideurs politiques, à l’issue de ces débats publics, figera pour longtemps, un siècle selon leurs dires, le paysage ferroviaire breton, ils voient dans un des scénarii (le vert) l’opportunité d’un développement pour la Bretagne Centrale et d’un réaménagement équilibré de la Bretagne entre les Métropoles de Rennes et Brest, entre le littoral et le rural. Nombreux ont aussi été les intervenants à réclamer la réhabilitation au service voyageurs de la ligne Auray/Saint Brieuc comme élément de maillage entre le nord et le sud de la Bretagne.

LNOBPL scénario vertBien que des oppositions se sont faites jour entre les partisans d’une ligne nouvelle et ceux de la seule réhabilitation de l’axe central Auray/St Brieuc, entre les pour et les contres Notre Dame Des Landes (NDDL), ce débat public a mis en exergue la nécessité de drainer de manière équilibrée tous les territoires, d’assurer l’égalité de traitement entre tous les citoyens bretons, et de faire en sorte que l’effet Bretagne Grande Vitesse profite à tous les bretons. A mes yeux, les différents scénarii proposés sont loin d’y répondre, en particulier pour la Bretagne Centrale. La notion de « 3 heures de Paris » est emblématique pour la pointe bretonne et les scénarii présentés ont pour objectif d’y parvenir à l’horizon 2030. C’est aussi un critère d’efficacité, de rentabilité à l’égard de la concurrence aérienne notamment. Mais avec ces scénarii la ville de Pontivy, la Bretagne Centrale se trouvent dans tous les cas à plus de 3 heures de Paris car non desservies. Il y a de quoi interroger quant à la pertinence d’un tel critère, notamment au regard du coût du km de ligne nouvelle, 15 à 20 millions d’€, pour un gain de 5 à 10 minutes dans certains cas. Améliorer l’accessibilité de l’ouest breton au reste du monde est une bonne chose, surtout dans le cadre d’une économie globalisée. Mais pour y arriver le choix d’aménagement doit viser plusieurs objectifs : gain de temps, développement équilibré de toute la Bretagne, réponse aux besoins de mobilité de tous les bretons. Et il faut trouver le juste équilibre en terme financier en ces temps de disette.

Photo gare d'AurayA la lecture des différents comptes rendu de réunions publiques, des cahiers d’acteurs parus, chacun y va de son scénario : pour les uns c’est le bleu (le Pôle métropolitain Loire Bretagne), pour d’autres le vert (Bretagne Centrale). Et ils y rajoutent des aménagements de toutes natures: tantôt pour se raccorder en direct avec NDDL (le Conseil Général des Cotes d’Armor), tantôt pour développer le fret depuis St Nazaire notamment. Le mauve ne semble pas lui avoir de fans car les gains de temps ne sont pas suffisants. Pour moi le scénario vert, c’est à dire celui qui préconise la réalisation d’une ligne nouvelle en Y au départ de Rennes en direction de St Brieuc et Vannes, peut répondre à l’aménagement le plus pertinent car pénétrant en centre Bretagne, avec un bémol néanmoins : les trains passent sans s’arrêter en Bretagne Centrale car il n’est pas envisagé de construire une gare.

A partir des principes édictés pour l’élaboration des scénarii, un scénario vert corrigé est possible : la réalisation d’un Y de Rennes en réutilisant la ligne existante Auray/Saint Brieuc, avec la création d’une gare Pontivy/Loudéac. En effet le scénario vert est celui qui fait gagner le plus de temps à Brest et Quimper et il permet d’accroître la capacité des lignes périurbaines de Rennes. Il s’appuie pour une bonne part sur le réseau existant. En terme de coût, il n’y a pas lieu d’acquérir une partie du foncier car l’existant est réutilisé ; de plus une réhabilitation de la ligne Auray/Saint Brieuc s’impose à terme quel que soit les scénarios. Enfin les questions environnementales qui doivent être prise en compte dès à présent ne se posent pas de la même façon lorsque l’on réutilise un axe existant.

La question n’est pas tranchée, le débat se poursuit. Que chacun y participe … et j’entendrai siffler le train, faute de ne plus les conduire.