Affiche Ay Com 11 juil 2013Bien que l’information relative à cette restitution publique n’a été que parcellaire la participation des habitants et des acteurs économiques et politiques des secteurs urbains concernés montre combien ils sont intéressés par le devenir de leur ville ou de leur quartier. Il en ressort que cette étude qui vise à organiser l’ouest de la ville d’Auray à plus ou moins long terme n’a pas été de nature à répondre aux préoccupations du moment de nombre de présents, en premier lieu celles consécutives à l’enclavement de la zone de Porte Océane qui génère des conflits de circulation. Il y a là une urgence à traiter à très court terme, avec la certitude d’y parvenir, pour ne pas hypothéquer durablement les développements urbain et économique préconisés par cette étude. Cela étant dit il est bon de souligner l’intérêt d’une telle étude prospective en raison des évolutions que connaissent ou vont connaître les secteurs de la gare d’Auray, de La Chartreuse et les zones d’activités de Brec’h et d’Auray. Porter un regard sur le devenir de 140 hectares de foncier bâti et non bâti en faisant abstraction des difficultés et contraintes du quotidien n’est pas un exercice aisé mais nécessaire. Je m’étais exprimé en ce sens il y a déjà plusieurs mois.

Si leur urbanisation s’est accélérée avec la création de la RN 165, dont il faut contenir l’étalement aujourd’hui, les communes d’Auray et de Brec’h se caractérisent néanmoins par la présence des vallées du Loc’h et du Reclus qui délimitent telle une frontière l’habitat de l’activité économique et commerciale. Ces trames vertes et bleues à protéger amènent à interroger sur les connexions à valoriser ou à créer pour qu’elles n’apparaissent pas comme une rupture d’urbanisation entre quartiers de vie sociale et secteurs d’activités mais comme une partie intégrante à haute valeur écologique de la ville. Elles doivent en cela être renforcées à mes yeux par une kyrielle de parcs urbains et squares parsemés en divers lieux et reliés entre eux par des cheminements doux, refaçonnant ainsi par la main de l’homme le paysage de la ville sans nuire aux espaces naturels existants.

Plan gare d'AurayAutre donnée essentielle : la réalisation du PEM. Il va restructurer en premier lieu le quartier immédiat de la Gare mais aussi les quartiers comme La Chartreuse, Penhoët, Kérizan, Keriquellan, Corohan et Léaulet ; il va aussi conduire à réorganiser les entrées de la ville au sens de l’agglomération et l’accès à la gare tant le nombre de voyageurs attendus est important dans les 10 ans. Enfin cette réflexion n’est pas à déconnecter de l’évolution institutionnelle et territoriale du Pays d’Auray en cours, à savoir la création au 01 janvier 2014 de la nouvelle intercommunalité dont une des finalités est de faire d’Auray une agglomération équilibrée et dynamique entre Vannes et Lorient.

En quoi, par conséquent, les orientations arrêtées y répondent tout en donnant de la cohérence à l’aménagement de l’ouest d’Auray et en préservant la ville d’Auray en elle-même d’une sur-densification réelle ou supposée?

Cette réflexion c’est menée à partir des trois polarités de vie quotidienne constitutifs de l’agglomération que sont, pour le bureau d’étude et les élus, le centre ville d’Auray, le quartier Gare/La Chartreuse et la zone Porte Océane couplée au hameau de Keropert. Ces 3 polarités, n’excluant pas toute urbanisation dans des secteurs autres, existants ou en devenir :
déterminent l’architecture prioritaire du réseau viaire (à améliorer ou à créer : avenue de l’océan, rues de la libération et Charles de Blois, voiries de désenclavement de la Porte Océane et de desserte de la gare côté nord) et de transports en commun ;
concentrent le potentiel de construction de logements et de développement d’activités dans le cadre d’une densification urbaine (30 logements à l’ha) pour parvenir à l’horizon 2030 à un accroissement de la population à hauteur de 6 à 7000 habitants supplémentaires, et à la création de 1000 emplois.

Cela se traduit pour :

Le centre ville dont la dynamique de développement n’est pas traitée dans le cas présent mais dans le cadre d’une étude spécifique menée par la ville d’Auray qui préconise la construction de plus de 1000 logements notamment sur les 1650 prévu au Plan Local de l’Habitat (PLH) d’Auray Communauté pour l’ensemble de la ville d’Auray;
Le quartier gare/La Chartreuse par une mutation forte du foncier existant (y compris celui prévu pour le stationnement du PEM) pour compter jusqu’à 3000 habitants, palier minimum pour avoir une activité de commerce de proximité viable selon les promoteurs de l’étude, et par la réalisation d’une technopole (500 emplois) et d’un parc urbain ;
La zone de Porte Océane/Keropert par une requalification de l’avenue de l’océan et la création de nouvelles voiries pour désenclaver la zone vers Brec’h (Léaulet et Corohan) et Auray (rejoindre le rond point de Super U et contourner le hameau de Keropert), par la transformation d’une partie de la zone en habitations tout en la densifiant avec notamment un parc de loisirs et de plein air (+ 500 emplois) afin in fine de parvenir à l’irruption d’un nouveau quartier urbain de 2800 habitants ;
Le secteur de Kérizan qui constitue une entrée d’agglomération à soigner, par la détermination d’un projet urbain sur 6 ha qui privilégie un traitement paysager le long des routes RN 165 et RD 768 et la construction de bâti en front de rue, et par la mise en réserve de 15 ha actuellement ouverte à l’urbanisation ;
Le secteur de Corohan/Léaulet par la construction d’habitats et d’activités de part et d’autre de la nouvelle voirie qui désenclavera la zone Porte Océane.

Tout ce qui précède comme projection n’a de sens que si ce qui se dessine demeure le lieu de vie et d’émancipation des femmes et des hommes qui vivent la ville, y travaillent, s’y rencontrent. Aussi avant tout il est important de faire émerger avec cette étude un projet de ville qui soit aussi un projet de vie en commun qui n’ignore pas qu’il se construit dans une histoire et est en mouvement car assis sur du vivant. C’est ce à quoi les élus doivent dès maintenant s’atteler pour que ce que porte cette étude en terme de densification ne se transforme pas en malentendu, ne nourrisse pas des inquiétudes sociales et fasse les choux gras des promoteurs immobiliers.