AirepietonneStgoustan.jpgLe réseau viaire en ville c’est là où s’exprime la vie locale et se crée le lien social grâce aux échanges et accès qu’il permet aux commerces, aux services et lieux publics ou privés culturels voir éducatifs. Il participe grandement au développement du vivre ensemble. Aussi l’usage de ce réseau doit résulter d’un partage des espaces publics entre citoyens et usagers de la rue qui facilite l’apaisement, la cohabitation sans conflit et in fine renforce la sécurité des personnes les plus vulnérables.

Dans une société de plus en plus soucieuse de son environnement et optant pour un développement durable de tout ce qui fonde son existence il est opportun de s’interroger sur les pratiques des usagers circulant en ville en lien avec les habitants qui y résident. Le cadre juridique français a évolué dernièrement pour nous y aider en formalisant les aménagements de voirie qui s’avèrent nécessaires. Ainsi une seule et même règle s’applique pour tous.

zone30wilson.jpgLe Code de la route a été modifié pour ce faire en juillet 2008. Il impose désormais à tout automobiliste un principe de prudence à l’égard des personnes vulnérables, en premier lieu des piétons et personnes à mobilité réduite (article R 412-6). Cette nouvelle disposition règlementaire accompagnée d’une redéfinition des zones de circulation particulière en milieu urbain (aire piétonne, zone de rencontre et zone 30) et autorisant le double sens cycliste dans ces zones (sauf décision contraire prise par arrêté du maire) renforce le niveau de responsabilité des automobilistes en cas d’incident ou accident. Elle permet aussi de concilier la sécurité routière et la circulation automobile, en favorisant les déplacements doux et le développement de la vie locale et commerciale. Si cela peut apparaître complexe de prime abord dans les centres ville notamment, les intérêts des uns et des autres semblants éloignés, des solutions alternatives au « tout automobile » sont possibles en partant du postulat suivant : la vie locale et sociale, la sécurité des personnes les plus vulnérables doivent primées pour hiérarchiser les usages du réseau viaire.

C’est ce qui a guidé la réflexion des élus lorsqu’il s’est agi de redéfinir les usages des quais de St Goustan qui, après les travaux de confortement réalisés en 2009, vont être mis en valeur dès l’automne prochain. En effet l’ensemble des rues du quartier a été hiérarchisé selon leur usage et besoin : entrée du quartier en zone 30 pour arriver sur des zones de rencontre et achever son parcours dans une aire piétonne. C’est ainsi que nous travaillons au rééquilibrage des usages des rues du centre ville, en concertation avec les commissions municipales concernées, les commerçants et leurs représentants. L’expérimentation de piétonisation en cours doit conduire à délimiter le périmètre piéton du cœur de ville pour qu’ensuite soient listées les zones de circulation à classer zone de rencontre ou zone 30 ; cela est à faire au regard de la configuration des rues concernées, du trafic routier existant, des priorités de sécurité (des piétons en premier lieu), des besoins, de stationnement notamment, et de la mise en œuvre du Plan d’Accessibilité. Dès que cette hiérarchisation sera établie il conviendra de procéder aux aménagements nécessaires pour que chaque usager puisse se situer où il se trouve pour adapter son attitude selon qu’il soit automobiliste ou piéton. Il n’est pas faux de dire aujourd’hui que la piétonisation de certaines rues à Auray, quoique partagée chez les commerçants, ravit les clients des commerces et les usagers de l’espace public. Progresser ensemble est donc possible dans l’intérêt des Alréens.