Ces manifestants portent le titre d’Indignés, de 99 %. Ils refusent ce Monde placé sous la botte tyrannique d’un Roi-Argent, anonyme et invisible. Ils grondent contre cette minorité qui avidement accapare la richesse créée par le travail à leur seul profit, qui spécule ouvertement et leur impose l’austérité, qui exclue les peuples de toute décision démocratique pour taire toute velléité. Ils disent aux responsables politiques et économiques de ne pas céder à la dictature des marchés financiers et des agences de notations. Ils appellent toute la société à ne pas être indifférent, à ne pas démissionner, pour la paix et le bien être des peuples, la démocratie. Moi aussi je suis indigné de voir ma Mutuelle taxée avec excès, de payer un droit d’entrée de 35 € pour aller en justice sous prétexte de financer la réforme de la garde à vue, de voir des dirigeants d’entreprise s’accorder des primes qui dépassent l’entendement à l’exemple de l’entreprise Avon polymères de Vannes… Je dis que ce mouvement d’indignation est juste et qu’au delà de l’indignation le jour de résister est arrivé.

C’est vrai les raisons de s’indigner, de résister et de se battre sont nombreuses, même s’il est parfois difficile de comprendre les tenants et les aboutissants de ce Monde qui nous dirige. Dans ce tumulte citoyen et démocratique, porteur d’exigences sociales et économiques, se pose avec force la question de l’ordre du Monde, du rapport à l’argent et au travail, à celui qui produit, à celui qui gouverne. Il est urgent d’y répondre. « Tout homme sensé est obligé de reconnaître aujourd’hui qu’une transformation profonde est inévitable. Ce ne sont pas ceux qui la préparent qui sont dangereux. Ce sont ceux qui la nient ou qui tentent de s’y opposer.» a écrit Jean Jaurès en 1906 dans le journal l’Humanité.

Alors oui aujourd’hui et plus qu’hier il faut transformer la société, il nous faut construire une alternative aux politiques libérales menées depuis des lustres. Face à la campagne de bourrage de crane actuellement organisée autour de la dette des Etats en Europe, au spectre affiché de la faillite de la Grèce nous nous devons de dénoncer la prétention des marchés financiers à gouverner à la place des citoyens et de leurs élus. Il est possible de reprendre le pouvoir à la Finance, de donner à la Banque Centrale Européenne les moyens de briser la spéculation. C’est l’objectif premier du Front de Gauche et de son programme « l’Humain d’abord ». S’attaquer à la racine du mal, à la crise du système capitaliste et financier, passe notamment par une autre répartition des richesses, la mise au pas des grandes banques (qui se nourrissent injustement de la crise), la création d’un pôle financier public au service du bien commun, la mise en place d’un contrôle citoyen de la dette de l’Etat. Ne nous contentons pas d’une alternance en 2012, changeons la société ; le capitalisme n’est pas la forme définitive de la société humaine.