Print - copieUnion Locale CGT d’Auray
Rue Joseph Rollo Rollo
56400 AURAY

Auray, le 18 mai 2012



Objet : Vos 10 propositions

Madame, Monsieur, Cher camarade,

Je vous remercie pour votre courrier qui m’interpelle sur la nécessité de rompre avec la logique actuelle de domination par la finance et mettre les richesses de notre pays au service de l’ensemble de la population.

Mes priorités de député se résument en quelques mots : un travail pour vivre dignement, un toit pour se loger et des services publics de proximité accessibles à tous. Avec le Front de Gauche je veux que l’organisation de la société ne vise qu’un seul but : l’intérêt général et l’émancipation de chacune et de chacun. Il faut donc promouvoir d’autres objectifs que le profit maximal qui est l’horizon indépassable du capitalisme. En conséquence le droit au travail, à l’emploi et au repos dans une nouvelle répartition des richesses doit être rétabli. L’emploi pour tous est une nécessité. Les besoins non satisfaits sont immenses. Chaque femme et chaque homme aspire à participer par son travail au bien de tous.

Elu député, je travaillerai à la réévaluation de l'ensemble des salaires et des traitements, des indemnisations du chômage et des retraites, et à leur indexation sur l’évolution du coût de la vie. Par la loi le SMIC sera immédiatement porté à 1 700 euros bruts par mois pour 35 heures conformément aux revendications syndicales et 1700 euros net pendant la législature. Par la fiscalité un revenu maximum fixé à 20 fois le revenu médian sera établi (soit aujourd’hui 360 000 euros par an). Le recours aux heures supplémentaires sera strictement limité. Comme le demande la Confédération Européenne des Syndicats, dans toutes les entreprises, l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire ne pourra dépasser 1 à 20. Ainsi, les patrons ne pourront gagner plus sans d’abord augmenter les salariés du « bas de l’échelle ».

Le droit à la retraite à 60 ans à taux plein (75% du salaire de référence) pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions particulières donnant droit a des départs anticipés sera à nouveau instauré. Aucun salarié ne touchera une retraite inférieure au SMIC. Pour éradiquer la pauvreté, je propose qu’aucun revenu ne soit fixé en dessous du seuil de pauvreté, en tenant compte de la composition familiale, que les minimas sociaux soient fixés en référence au SMIC et indexés sur celui-ci.

Panneau électionsLes aides aux entreprises seront soumises à des règles strictes et modulées en fonction du niveau des exigences sociales et environnementales qu’elles respecteront (réduction des temps partiels imposés, des écarts de salaire par exemple). Il faut désintoxiquer les entreprises de la finance et mettre fin à la déstructuration du marché du travail et à la désindustrialisation du pays. Il sera mis fin aux 30 milliards d’euros annuels d’exonérations de cotisations sociales patronales dont on a pu constater l’inefficacité pour l’emploi. Les entreprises qui délocalisent et licencient, devront rembourser toutes les aides publiques qu’elles auront perçues.

Eradiquer le chômage et lutter contre la précarisation seront une de mes priorités en réaffirmant le CDI à plein temps comme étant la norme du contrat de travail ; et en encadrant strictement le recours aux intérimaires et contrats à durée déterminée, en instituant notamment un quota maximal d’intérimaires et de contrats à durée déterminée dans les entreprises (égal à 5 % des effectifs dans les grandes entreprises et 10 % dans les PME). En plus de l’attribution de nouveaux droits aux salariés et aux comités d’entreprises en cas de licenciement et de délocalisation, je défendrai le rétablissement de l’autorisation administrative de licenciement, et interdirai les licenciements boursiers ainsi que la distribution de dividendes pour les entreprises qui licencient. Les revenus financiers des entreprises seront taxés au même niveau que le travail. Loin de toute « flexicurité » je suis partisan de sécuriser les parcours de chacune et chacun dans l’emploi et la formation avec continuité de revenu tout au long de la vie. Aussi je soutiendrai la création d’une sécurité sociale professionnelle, dont l’objet sera de prendre en charge les périodes de non-emploi, de formation et de retrait d’activité notamment pour les femmes ou les hommes élevant leurs enfants.

Roland EtelLes services publics ont à répondre à la satisfaction des besoins des populations et à l’intérêt général. Ils doivent donc être préservés de toute soumission à des intérêts privés comme aux marchés financiers. L’éducation, la santé, la protection sociale, la recherche, l’énergie, l’eau, les transports, les télécommunications, le crédit, le logement, la Poste, la sécurité et la justice seront protégés comme notre patrimoine commun car ils assurent les conditions de l’égalité et de la citoyenneté. Je mènerai notamment une bataille pour le droit inaliénable à l’eau et à l’énergie comme bien commun de l’humanité en engageant un processus d’appropriation sociale de la gestion de ce dernier. Pour que l’accès égal de tous aux services publics soit garanti il faut maintenir et reconstruire les services publics de proximité.

Les moyens des services publics seront renforcés avec des financements dégagés de l’emprise des marchés financiers pour leur permettre de remplir leurs missions au service de l’intérêt général en dehors de toute contrainte de rentabilité financière. Des critères d’efficacité sociale seront établis démocratiquement en lieu et place des critères marchands. Les secteurs confiés au service public seront protégés de la libéralisation des marchés et de leur mise en concurrence. Le monopole public sera rétabli là où l’intérêt général le commande. Au plan européen et mondial, nous agirons pour le développement de coopérations publiques solidaires afin d’étendre et renforcer les services publics. Je militerai pour arrêter toutes les libéralisations opérées notamment dans les secteurs du rail, du courrier et de l’énergie. Je proposerai de nouveaux services publics en particulier dans le domaine de la petite enfance qui est menacé par la directive européenne service dont je demanderai l’abrogation. Le service public de l'information et de la culture doit être soustrait du pouvoir de l’argent. Le mouvement sportif verra ces moyens accrus pour l’accomplissement de ses missions de service public.

Une réforme de la fiscalité doit permettre de contribuer à une réorientation radicale de la politique économique. Il sera mis fin au démantèlement de la fiscalité du patrimoine engagé par le gouvernement Sarkozy/Fillon, au bouclier fiscal, à la TVA sociale et le rendement de l'ISF sera optimisé. Une loi anti-évasion fiscale soumettra à l’impôt les revenus des Français à l’étranger. Loin de toute fusion entre la CSG et l’impôt sur le revenu, une nouvelle cotisation sociale sur les revenus financiers sera établie afin d’aller vers la suppression de la CSG et l’extinction de toute fiscalisation de la protection sociale. L’impôt sur les sociétés et le taux des cotisations sociales sera modulé pour pénaliser les entreprises qui délocalisent, qui développent leurs placements financiers, ou qui se servent des nouvelles technologies pour supprimer des emplois et dégrader les conditions de travail afin d’inciter les entreprises à développer la valeur ajoutée, les formations, les salaires et l’emploi.

Photo affiche 2012 BlogContre la dictature des marchés financiers le pouvoir de la société sur les banques et le crédit sera rétabli. Un pôle financier public sera créé à cet effet par la mise en réseau des institutions financières publiques existantes (Caisse des dépôts, Crédit foncier, OSEO, CNP, Banque postale), les banques et assurances mutualistes dans le respect de leurs statuts et la nationalisation de banques et compagnies d’assurances. Ce pôle financier public fournira un crédit bonifié aux entreprises pour l'emploi, la formation, la recherche et le développement sur critère d'utilité sociale et environnementale des investissements et de la production. Les conditions pour imposer aux banques le financement, à des taux d’intérêt faibles, des projets porteurs d’un renforcement de l’emploi, de la qualification et du potentiel de création de valeur ajoutée dans les territoires seront ainsi possibles.

Il faut libérer les finances publiques des griffes des marchés financiers. La stratégie du Front de Gauche se décline en quatre axes : reprise du contrôle des mouvements de capitaux aux frontières de l’Union Européenne, possibilité que les banques centrales contribuent directement au financement des biens et des services publics, obligation de détention de titres de la dette publique par les institutions financières, abrogation du pacte de stabilité et du pacte euro-plus. La Banque centrale européenne (et les banques centrales nationales comme la Banque de France qui constituent ensemble, l’Euro-système) devra financer directement, par création monétaire, un Fonds de développement social, solidaire et écologique européen. Celui-ci viendra en place du Fonds de stabilité financière institué en mai 2010 par les dirigeants de l'euro et que ceux-ci entendent remplacer, à partir de 2013, par un « Mécanisme européen de stabilité » qui doit être réexaminé car porteur d’austérité pour le peuple.

Espérant répondre aux attentes de vos adhérents.

Je vous prie, madame, monsieur, cher camarade, d’agréer l’expression de mes fraternelles salutations.

Roland LE SAUCE

Candidat Front de Gauche