Pour nombre d’élus le territoire dispose d’un cadre réglementaire, le Schéma de Cohérence Territorial (SCoT), pour servir de base programmatique pour les 20 prochaines années. Ce document d’urbanisme et d’aménagement qui fixe les grandes orientations de développement économique notamment ne peut se suffire comme feuille de route des prochains élus communautaires. Fort des analyses et grands objectifs du SCoT il convient pour moi de définir un projet de territoire avec les populations ; aussi un des premiers engagements à porter dès le printemps prochain est de tenir des Assises de l’intercommunalité. Je pense en effet que pour concilier les habitants avec le fait intercommunal, pour éviter qu’un fossé ne se creuse entre le peuple et ses représentants, il faut renforcer la démocratie délibérative et le contrôle citoyen ; cela passe par la création d’un service dédié et un élu référent, avec l’ouverture d’une ligne budgétaire, et dont la priorité consistera à élaborer une Charte de conduite de la participation des habitants (qui vaudra obligation pour les élus) et à la faire appliquer. Cette charte, prélude à l’organisation des assises citées précédemment, co-élaborée avec le plus grand nombre, doit dresser les actions et les moyens de sa mise en œuvre. Parmi les actions je propose de tenir publiquement tous les ans une journée de compte-rendu de mandat, la mise en place d’atelier urbain participatif permanent pour accompagner et suivre les programmes d’aménagement du territoire, la création d’un conseil intercommunal du développement économique et commercial en lien avec la réalisation d’un observatoire de l’activité économique et de l’emploi, la possibilité pour la population de saisir directement le conseil communautaire par voie de pétition, et ouvrir les commissions intercommunales et les comités de pilotage aux citoyens via la société civile.

St CadoLa tenue d’assises doit aider à dépasser la seule question d’aménagement urbain du territoire ; pour que celui-ci soit agréable à vivre, solidaire dans le temps et dans l’espace, tourné vers l’avenir, il faut que l’humain soit au centre des préoccupations des acteurs politiques. Dans un contexte de crise sociale forte qui frappe durement les populations, déjà fragilisées par une libéralisation excessive voir une disparition totale des services publics, l’affirmation d’une politique de solidarité est nécessaire dans nombre de domaines, en premier lieu l’emploi, le logement et l’aide au plus démunis. Dans ce cadre je propose de prendre appui sur les atouts de notre territoire que sont sa maritimité et son agriculture et ses zones d’activités (pour créer des emplois qualifiés) et la présence d’associations caritatives fortes (pour relever le défi « solidaire »).

C’est pourquoi je soumets au débat la proposition :

• d’élaborer un schéma directeur des activités portuaires et maritimes;
• de prioriser les zones pour l’activité industrielle et productive à haute valeur ajoutée ;
• de travailler à la mixité des fonctionnalités en centre ville et bourg pour du logement et de l’activité commerciale, tertiaire et de services à la personne;
• de fédérer les offices de tourismes ;
• de créer une maison de la solidarité, associée à une maison de la justice et du droit, avec comme objectif partagé l’ouverture d’une épicerie sociale ;
• de créer une Société Publique Locale d’Aménagement pour réaliser de l’habitat, du logement social et maîtriser le foncier ;
• de renforcer l’accueil de la petite enfance par la création d’une crèche familiale intercommunale ;
• de viser la sobriété énergétique en ciblant le logement (isolation du bâti) et les transports via un plan pluriannuel d’investissements et d’aides ;
• de créer un service public intercommunal de l’eau (retour en régie) ;
• de créer une cuisine centrale intercommunale pour desservir les restaurants scolaires des écoles des 24 communes d’Auray Quiberon Terre Atlantique (qui serait facteur de développement pour les agriculteurs locaux en leur offrant des débouchés pour leur production) ; et de créer un restaurant inter-entreprise dans les zones d’Auray.

MarianneCes propositions, complétées je n’en doute pas par celles qui seront portées dans chaque commune, visent à affirmer l’action, la proximité, la coopération et la libre administration des collectivités en leur sein et entre elles pour mieux répondre aux attentes légitimes des populations, en opposition à toute approche qui renforce la concurrence territoriale sous la forme d’une métropolisation imposée.