Face à la surdité qui frappe le Président de la République Hollande, son gouvernement et ses parlementaires, les salariés, ceux qui ont chassé Sarkozy et cette Droite qui cherche à se refaire ces temps-ci, ceux qui ont tant espéré, à tort peut être, du changement promis, se mobilisent pour dire qu’ils n’attendent rien d’un remaniement ministériel mais veulent un changement de cap. Ils en ont assez des clins d’œil aux MEDEF et consorts, aux financiers de tout poil et autres agences de notation. Ils en ont assez des recommandations et remontrances de Bruxelles et de tous ces « sachant » bien pensants. Zéro pointé monsieur le Président. Il est plus que temps de mettre un terme à votre politique de droite.

Après l’acte citoyen de 2012 dans les urnes qui vous a fait roi pour « défendre le faible contre le fort » il faut en finir, ni plus, ni moins. Alors pour vous aider, en réinvestissant la rue, ils vous tendent la main et vous donnent le cap à suivre: le changement pas la continuité, le social pas l’austérité. Saisissez-la. Ne pas le faire est criminel. Ne pas le faire c’est trahir la Gauche. Et inutile de leur rabâcher la dette, la dette … ou de leur brandir la menace du retour de la Droite ou l’arrivée de son extrême pour les appeler à l’union sacrée, au vote utile… soyez généralissime sinon ils le feront sans vous.

Tout comme la noblesse et le clergé, qui se gavaient sous l’ancien régime, le capitalisme financier, avec ses soutiens politiques et économiques, ne peut que nous envoyer dans le mur. Ça suffit. Cette situation de crise sociale et politique confère de grandes responsabilités au Front de Gauche. Il se doit aujourd’hui, plus qu’hier, de réinvestir la rue et l’entreprise, d’être au côté des salariés qui luttent, de travailler avec eux à une alternative politique et ce dans la durée. Sinon à quoi sert-il ?

Manif FdG 2013Et en toute conscience, cette alternative politique n’est possible que si le pouvoir est aux mains des forces de progrès. Le Front de Gauche doit pour ce faire les rassembler en sortant du schéma institutionnel actuel, des alliances politiques électoralistes qui ont prévalus jusqu’à présent. Il faut faire appel à l’intelligence de ces femmes et ces hommes qui dans leurs syndicats, associations citoyennes agissent contre la misère, défendent l’emploi, prônent la planification écologique, réclament un autre partage des richesses créées par le travail ... et occupent la rue.

Ce réinvestissement est en effet, à mes yeux, de nature à aider à dépasser ces problématiques électorales qui n’intéressent pas la majorité de nos concitoyens voire pire brouillent le message politique du Front de Gauche. Chacun est à même de s’interroger pourquoi ces derniers ne nous attendent pas pour agir, pour exprimer leur ras le bol. L’émergence dans les manifestations de salariés coiffants des bonnets, rouges ou jaunes voire blancs, ou vêtus de gilets jaunes comme ces parents d’élèves qui contestent la réforme des rythmes scolaires montre tel un cri d’alarme l’urgence à être à l’initiative pour que la Gauche et le monde du travail lui même ne sombrent pas dans une impasse au profit des capitalistes et de leurs serviteurs. Et puis le rouge c'est la couleur de la révolution citoyenne et sociale, alors ne la laissons pas aux détracteurs de tous poils

Réinvestir la rue participe à cette prise de pouvoir par et pour le peuple, but que s’est d’ailleurs fixé le Front de Gauche (voir le programme « L’humain d’abord »), pour en finir avec l’insécurité sociale et l’insuffisance démocratique. Il est des moments de l’histoire où l’intervention directe des citoyens en grand nombre réécrit l’avenir, mais cela ne se décrète pas. Si la politique actuelle du pouvoir provoque un mécontentement vif, nourrit d’aspirations bafouées, et se heurte à une opposition grandissante dans la population rien n’arrive de manière spontanée. Aussi ce réinvestissement de la rue n’aura de résultats tangibles que s’il se construit démocratiquement dans les entreprises et les localités, à partir de rassemblements, de débats où les revendications, les mots d’ordre et les modes d’actions sont collectivement arrêtés, en veillant à ce que chacun dispose des éléments d’appréciation nécessaires à son positionnement. Ce réinvestissement ne sera aussi gagnant que s’il est placé sous la responsabilité et la vigilance de ses propres acteurs qui doivent éviter de le rendre impopulaire, et ainsi nourrir la réaction droitière, en travaillant à l’unité du peuple et non à sa division. Ceux sont là les conditions pour déjouer toutes les manœuvres et provocations qui ne manquent pas en pareille situation.

Drapeau rougeAlors la rue elle est à nous et brandissons le rouge à Lorient samedi 23 novembre… et n’oubliez pas …

« Accroche à ton cœur un morceau de chiffon rouge
Une fleur couleur de sang
Si tu veux vraiment que ça change et que ça bouge
Lève-toi car il est temps »