La finalité de cette étude vise à structurer et à consolider l’urbanité du centre-ville en lui donnant une définition (notion de cœur de ville), en veillant à assurer une mixité des fonctions et de l’habitat (sociales, urbaines et économiques), dans un contexte de densification et de mutation future de foncier à forte valeur ajoutée. In fine il est prévu de définir avec le plus de finesse possible les programmes potentiellement envisageables à court, moyen et long terme. Trois ateliers de concertation ont été initiés pour associer la population à cette réflexion et parvenir à concilier les avis et propositions des uns et autres.

Mairie d'Auray à NoëlDeux scénarii ont été mis en débat pour ce faire. Ils ont été construits à partir :
• des enjeux de conservation et de reconfiguration des espaces publics, du patrimoine, du stationnement et du commerce, de mutation du foncier et de construction de logements.
• d’orientations arrêtées par un comité de pilotage à savoir qu’il faut construire 1650 logements à Auray d'ici 2025 application du Plan Local d’Habitation, préserver les espaces verts et agricoles existants, diversifier le bâti existant et répartir le besoin de logements (selon la clé suivante: 70% en centre ville et le reste sur la ville avec une attention particulière pour le quartier gare), préserver le cœur patrimonial d'Auray (renforcement de la contournante pour la circulation et définition d’un circuit cœur de ville), optimiser le stationnement tout en maintenant le même nombre de places qu’aujourd'hui.

Un scénario A qui renforce le centre ville à partir d'un développement par couche pour se dissiper vers l’extérieur, avec la création de cheminement piéton (la piétonisation du cœur de ville est plus marquée), une refonte du stationnement avec 40 % de souterrain (payant) et 60% en surface, une revalorisation du commerce à partir de l’actuelle Galerie marchande du pavillon, la construction de logements place du Ballon (139), Four mollet (261), sur le terrain de sport du Loch avec descente sur St Goustan (286), cœur ville (44), et kériolet/Tripodes (346). Ce scénario est plus tourné vers le développement économique et touristique.

Un scénario B qui propose d'aménager l'espace par axe dans le sens Nord/Sud pour relier la rivière du Loch au reclus et St Goustan, l'objectif étant de faciliter le quotidien et les activités résidentielles en assurant des continuités entre les espaces publics et les équipements publics; il vise à requalifier les espaces à partir d'une refonte des voiries (partage entre usagers, priorisation des déplacements doux). Le stationnement est extériorisé pour préserver les cadres existants et garantir la gratuité (report du centre de 45% du stationnement au delà de la contournante) La construction de logements se fait au Ballon (171), au Penher (27), à Athéna/Four mollet (103), au Loch (42) et kériolet/Tripodes/Bocéno (203). Le commerce est pour sa part renforcé à partir de l'idée d'avoir une "locomotive" place Notre Dame.

Rue_du_lait.JPGCes deux scénarii proposent la valorisation du patrimoine alréen de St Goustan à la Place Deshayes via la rue du lait ; ils ont été soumis au débat en réunion publique le 17 janvier dernier à Athéna; ni l'un, ni l'autre n'a obtenu l'assentiment des présents; un mix des deux étant demandé! C’est ce qui a été présenté ce jeudi 18 avril. Ce scénario de synthèse, présenté comme raisonnable, qui se doit de répondre aux enjeux et orientations pointés lors des réunions de travail précédentes, ne fait pas l’unanimité à mon avis. C’est une base de travail qui demande encore des approfondissements et beaucoup de concertation quand aux suites à y donner.

Les grandes lignes de ce scénario sont :

La création de parvis et de zones piétonnes et semi-piétonnes de St Goustan à Athéna et retour à St Goustan via le Loch en passant par les rues du Château, du lait et les places de la République, Deshayes et Notre Dame pour desservir les principaux édifices patrimoniaux et publics (mairie, église St Gildas, chapelle St Esprit, centre culturel Athéna, rampes du Loch…) ;

La mise en place d’un circuit Cœur de ville avec une signalétique adaptée pour relier les parcs de stationnement entre eux, en sus de l’axe dit « la Contournante » qui délimite ce qu’il faut entendre par Centre-ville;

Le déport d’une partie des places de stationnements du Cœur de ville au delà de « la Contournante », la partition étant de 40 % en Cœur de ville à 5 mn de la Mairie, le reste à 7/10 mn, ce qui se traduit par une disparition partielle du stationnement Place Notre Dame et à Kériolet et la nécessité d’organiser le stationnement (courte durée, …);

Le maintien et le renforcement des activités « Commerces » par la mise en œuvre d’une politique volontariste assise sur la piétonisation de certains axes (rue du lait, place Deshayes…) et l’implantation d’un commerce « locomotive » Place Notre Dame, en lieu et place des stationnements actuels, pour favoriser le chaland;

La densification de l’urbanisation des secteurs ciblés comme stratégiques à savoir Kériolet/Le Tripode (une partie du parc de stationnement et les propriétés de l’hôpital, le jardin du Bocéno), place Notre Dame/zone à proximité d’Athéna, avenue Foch/le Penher/centre des finances … pour répondre aux objectifs de construction de logements prévus par le PLH ;

La réservation du Parc Royère et du stade du Loch pour créer à terme des espaces de respiration et de détente en centre ville, en lien avec une mise en valeur des rampes du Loch qui donnent sur le port de St Goustan (faire en sorte que la ville haute et la ville base se rencontre, que les alréens se retournent vers la mer).

Argent en EurosIl revient maintenant aux élus de valider cette étude et ces propositions. Mais une question reste en suspens : qui pilote la suite, combien ça coûte et qui paie ? Pour moi il faut très rapidement s’engager dans un processus qui donne à la puissance publique les moyens de ses ambitions, sinon la sphère privée, à l’affut voir déjà dans les cale-pieds, va à nouveau mener la barque de l’urbanisation comme elle l’entend. Des outils de maitrise du foncier existent pour aider les collectivités à construire la ville dans le respect des choix opérés par la population : l’Etablissement Public Foncier Régional qui doit être sollicité au plus vite pour acquérir les fonciers mutables ciblés par l’étude, la création d’une Société Publique Locale d’Aménagement avec les autres collectivités du territoire (et pour la mise en œuvre du SCOT elle sera très utile) pour piloter les opérations d’aménagements urbains préconisés et enfin la définition d’un ou plusieurs périmètres de création de Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) pour dégager les moyens financiers nécessaires sans grever le budget municipal.

En toute circonstance la concertation avec la population doit se poursuivre. Cette étude s’achève l’histoire ne s’arrête pas, elle ne peut l’être. La mise en place d’un Atelier citoyen permanent serait en cela utile pour poursuivre la réflexion et passer à la fabrique de ce projet.