Madame, Monsieur le Maire,

Au nom de l’Association Départementale des Elu(e)s Communistes et Républicains du Morbihan (ADECR 56), je vous adresse nos meilleurs vœux pour cette année 2016, à vous et aux élu(e)s de votre conseil municipal.

En cette période de débats et de votes des budgets communaux et intercommunaux, l’ADECR 56 vous sollicite pour recenser les incidences budgétaires qui résultent des baisses de dotations de l’Etat, imposées depuis plusieurs années et accentuées depuis 2015. Ceci afin de faire remonter au Gouvernement, par le truchement des Parlementaires du département, les difficultés qui en découlent.

Ces baisses de dotations de l’Etat préoccupent au premier chef les élu(e)s des communes. De toutes parts, à l’occasion des vœux, à l’adresse des populations notamment, remontent des inquiétudes, s’égrènent les manques à gagner en monnaies trébuchantes et s’ébauchent des mesures qui ne seront pas sans conséquences pour nos populations.

Ces craintes et colères ne font que renforcer celles exprimées depuis l’an dernier : plus de 19 786 motions de soutien à l’action de l’Association des Maires de France (AMF), lancée en septembre 2015, ont été votées par les conseils municipaux et communautaires ; action que l’ADECR 56 a soutenu dans le département.

Voilà des années que les élus travaillent à l’équilibre entre le maintien des services à la population, la maîtrise de la fiscalité pour préserver le pouvoir d’achat des familles, le contrôle de l’endettement de leurs collectivités pour ne pas handicaper l’avenir, et la poursuite des investissements utiles à l’épanouissement et au bien être des habitants.

Cet exercice, parfois difficile, atteint aujourd’hui, avec cette ponction financière sans précédent, les limites du supportable. Les agents territoriaux, les responsables d’associations, le monde économique, notamment les entreprises du BTP, ne manquent pas de nous alerter sur les conséquences à venir en termes d’égalité d’accès aux services publics, de bien vivre ensemble, de tranquillité publique, d’emplois publics ou pas.

L’austérité n’est pas une fatalité. Dans un pays où l’Etat a su renflouer les banques en quelques heures, où plus de 20 milliards sont versés au C.I.C.E. sans création réelle d’emplois, où l’évasion fiscale et les profits financiers atteignent des records… il n’est pas acceptable de mettre « au pain sec et à l’eau » nos collectivités. Il n’est pas acceptable de frapper encore plus lourdement les familles déjà durement touchées par les bas salaires et les basses retraites, le chômage et la précarité.

Cette austérité, imposée par des politiques européennes au seul service de la finance, nous conduit droit dans le mur et nourrit les pires idéologies. Les communes, en bout de chaine institutionnelle, dernier maillon démocratique de proximité, n’ont pas à supporter cette cure drastique financière.

Comptant sur votre compréhension et dans l’attente d’une réponse, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Maire, l’expression de mes salutations distinguées.

Lanester, le 19 janvier 2016,

Roland LE SAUCE
Président de l’ADECR 56
Conseiller municipal d’Auray