Manif 14 nov 2012Ainsi ces salariés ont crié leur colère face à la dégradation de l’emploi et du pouvoir d’achat qui s’accentue et met à la rue des familles entières, alors même que les banques et les patrons ne cessent de réclamer encore plus d’efforts et de flexibilité. Ils ont réaffirmé leur refus de ces traitements de chocs, véritables fausses solutions, mis en œuvre en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie et maintenant en France avec le pacte de compétitivité du gouvernement Ayrault, qui plongent l’Europe dans la récession économique et créent des déséquilibres préjudiciables entre les différents Pays de l’Union Européenne. La violence qui s’exprime dans certaines villes, où les forces de l’ordre n’hésitent pas à intervenir pour briser toute résistance, interroge et inquiète. L’indignation et la souffrance des peuples ne peuvent être étouffées à coups de matraques. Non il n’y a pas de mauvais européens au sud et de bons au nord mais des femmes et des hommes qui veulent vivre ensemble et en paix. Prenons garde à ces faiseurs de division qui avec ce type de propos attisent la haine et la peur de l’autre, jettent à la vindicte des peuples tout entier au risque de les voir se dresser les uns contre les autres. Il y va de l’existence de l’Europe, d’une Europe solidaire et de progrès social que j’appelle de mes vœux et qui reste à bâtir en brisant ce « sacro-saint principe de libre concurrence et non faussée ». Souvenons-nous de cette citation de Jean Jaurès : « le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ».

La grève de la faim du maire de la ville de Sevran (93), Stéphane Gatignon, a suscité nombre de réactions politiques. Sans vouloir le dédouaner de ces propres responsabilités quant à la gestion de sa ville (voir la position des élus Front de Gauche de Sevran), par cette action, il a mis en lumière les difficultés financières que rencontrent bien des collectivités locales, des communes et aussi des départements. Certes les députés l’ont entendu en votant la semaine passée une augmentation de la Dotation de Développement Urbain (DDU) : elle passe de 50 à 75 millions d’Euros. Les villes en grande difficulté vont pouvoir souffler un peu … mais pour combien de temps car cette mesure s’apparente plus à un cautère sur une jambe de bois. En effet pour trouver ces 25 millions d’€ il a fallu les puiser dans une provision directement gérée par le ministère du budget et dont la finalité est de couvrir des dépenses de nature urgente donc non pérenne (par exemple : une catastrophe naturelle). Il est d’ailleurs dit que pour 2014 et les années suivantes ce montant proviendra des dotations de l’Etat aux collectivités locales. Lorsque l’on sait que le budget de l’Etat pour 2013 a acté un gel des dotations de l’Etat pour 2013 et une baisse pour 2015 et 2016 il n’est pas exagéré de dire qu’il n’y a rien de nouveau : les collectivités doivent se serrer la ceinture et être partageuses (voir le cri d’alarme lancé par des maires à ce sujet).

Photo Gatignon 2012De telles mesures ont de quoi interpeller et ne vont pas nous aider à sortir de la crise. Il est bon de se rappeler qu’en 2009 et 2010 il avait été demandé aux collectivités locales d’être un amortisseur social pour que les personnes en détresse puisse passer le cap dans les meilleures conditions (que n’avons nous d’ailleurs entendu sur notre système de Protection Sociale par ceux là même qui en sont les premiers détracteurs !). Il fallait aussi booster les investissements en avançant d’un an le remboursement du FCTVA (Fonds de Compensation de la TVA). Tout cela nous l’avons fait pour soutenir l’activité économique et l’emploi. Pour rappel les collectivités locales réalisent plus de 75 % des investissements dans ce pays et participent ainsi pour une bonne part au développement de l’emploi dans le BTP. Aujourd’hui il faut continuer à être ces acteurs indispensables de proximité mais avec quels moyens ? Cette question est d’autant plus difficile à résoudre lorsque l’on sait que la nouvelle étape de décentralisation à venir et que la refondation annoncée de l’école vont se traduire pas des dépenses non compensées comme cela a été le cas de par le passé. Par exemple pour « refonder l’école », et « changer les rythmes scolaires », je peux comprendre la nécessité d’évoluer pour mieux répondre aux besoins mais les coûts de ces décisions seront à la charge des communes. Il est avancé le chiffre de 150 € par élève, pour Auray qui en compte plus de 1 100 en primaire cela représente 165 000 €. En somme il nous faut faire plus avec moins. Il est aisé de parler de réorganisation, de mutualisation pour mieux gérer l’argent public mais quand vous êtes à l’os que reste t’il : la suppression des services publics et des équipements pour les donner au privé (il n’attend que ça) et/ou augmenter l’impôt local.

A ce sujet la fronde des petites entreprises, des artisans et commerçants concernant la Cotisation Foncière des Entreprises est symptomatique des problèmes de financement des politiques publiques locales. (Voir le communiqué des élus communistes et républicains du Morbihan).

Porte monnaieAndré Laignel (du Parti Socialiste) avait dit en 2010, en conclusion du rapport de l’Observatoire des Finances Locales dont il était le Président: « A ce constat sur les comptes 2009/2010, s’ajoutent les inquiétudes sur les effets durables et profonds de la crise, sur l’impact réel de la suppression de la taxe professionnelle qui entraînera, en tout état de cause, un transfert de charges sur les familles et un recul considérable de l’autonomie fiscale des collectivités, ... De plus, le gouvernement ayant annoncé le gel des dotations de l’Etat destinées aux collectivités locales pour 2011, et un recul de l’ensemble de ses financements en faveur des territoires, l’aggravation de la situation financière des administrations publiques locales est inéluctable. Tous les éléments d’une crise des finances locales sont donc ainsi réunis, mettant dangereusement en cause les capacités de développement de nos territoires et, souvent, l’existence même de nos services publics locaux ». Fin de citation.

Et aujourd’hui le changement c’est pour quand ? Une réforme de la fiscalité locale pour mettre toutes les collectivités territoriales sur le même pied d’égalité est toujours à l’ordre du jour.