Autant dire que cette disposition signe de fait la disparition des lignes en question, avec une atteinte considérable à la cohésion nationale et à l’unicité du réseau ferré, sans parler des conséquences sur l’emploi et sur l’activité industrielle liée aux commandes passées de renouvellement du matériel ferroviaire. « Ces dispositions dramatiques pour les usagers sont la déclinaison d’orientations européennes de libéralisation du rail, de mise en concurrence des territoires » a indiqué André Chassaigne, député Front de Gauche. Ces propositions ne sont pas dignes d’une politique de gauche alors que s’ouvre un débat national sur la réforme du système ferroviaire pour lequel le Ministre des Transports a acté sa réunification.

Logo CGT cHeminotsCe que la Fédération des cheminots CGT ne manque pas de rappeler en réaffirmant que les Trains d’Equilibre du Territoire (TET) sont des circulations qui doivent rester sous l’autorité de l’Etat, quels que soient les parcours et les villes desservies, que le réseau ferré ne peut être fractionné car il s’inscrit dans un maillage territorial de logique nationale. Dans une époque où les questions environnementales deviennent prioritaires, comment comprendre qu’un gouvernement de gauche opte pour des dispositions d’ordre libéral en suggérant même à transférer certains de ces trains à la route pour alléger les coûts.

Train corailL’acte 3 de la décentralisation qui s’annonce, que je situe dans le prolongement de la réforme territoriale de Sarkozy de 2010 et qui malheureusement ne sera pas abrogée, accentue les travers des 2 actes précédents qui, il faut le dire, ont éloigné le citoyen des lieux de décisions et conduit à la confiscation du pouvoir territorial par une élite locale qui ne ressemble pas au corps social. Cet acte vise aussi à renforcer la logique de régionalisation et de libéralisation des services publics qui prévaut aujourd’hui et qui se trouve confortée par la mise sous tutelle des collectivités locales par l’Etat en application de l’austérité qu’impose la règle d’or de réduire les dépenses publiques votée par le gouvernement Ayrault et le Parlement. Cet acte risque surtout d’accentuer les fractures territoriales existantes actuellement comme on peut le constater en matière de santé, de logement, de développement économique. Il serait plus judicieux de dresser en premier lieu un bilan des décentralisations passées, à partir de critères partagés, afin de mettre en évidences les inégalités bien réelles entre territoires et ainsi aider l’Etat, garant du ciment républicain, à rétablir l’égalité et la justice entre les citoyens. C’est la voie à suivre pour être en adéquation avec les attentes exprimées dans les urnes en 2012.

Print - copieCette année 2012, avec le Front de Gauche, nous avons bataillé pour chasser Sarkozy et l’UMP du pouvoir en portant notre programme L’humain d’abord. L’année 2013 qui approche doit être celle du changement réel et nous sommes au pied du mur. Les échéances à venir dans les deux prochaines années ne nous autorisent aucun répit. Je ne souhaite pas l’échec de la gauche au pouvoir mais cela ne m’impose pas de me taire. Ensemble faisons entendre notre voix, notre différence et construisons le changement.