Un nouveau périmètre avait été adopté pour une application à partir du mois de mars 2012. Celui-ci fut l’objet de modification dès le mois de juillet 2012, à la demande des commerçants sédentaires de la rue Clémenceau, déjà, pour l’élargir à ladite rue. Cette mesure temporaire fut dénoncée dès septembre 2012 par les représentants des commerçants non sédentaires au Comité Technique Paritaire Halles et Marchés et fut abandonnée car jugée non satisfaisante. Elle avait surtout eu pour effet de brouiller la lecture du nouveau périmètre mis en place en début d’année 2012, de faire fi de la décision du comité selon les représentants des commerçants non sédentaires et de créer des incompréhensions parmi les professionnels, surtout ceux qui avaient été contraint de quitter la rue Clémenceau, qui voyaient d’autres étals occupés leur ancien emplacement. Il en suivi néanmoins un aménagement du périmètre pour tenir compte de la saisonnalité du marché d’Auray : un périmètre été (du 1er avril au 30 septembre) et un hiver (du 1er octobre au 31 mars). A y regarder de près, il en résulte que le périmètre a connu plusieurs bougés en moins de 2 ans. Cela a de quoi dérouter.

Aujourd’hui les commerçants sédentaires de la rue Clémenceau réclament à nouveau la réintégration de leur rue au sein du périmètre du marché pour la période de juillet et août. Je ne suis pas favorable à cette demande. Il n’est pas possible de modeler le périmètre du marché au gré des saisons et des désidératas des uns et des autres. Le marché du lundi à Auray est vu comme une animation pour certains et doit en conséquence leur être bénéfique. C’est une animation, oui, qu’elle participe à renforcer l’activité des commerces et services de la ville, oui, mais c’est avant tout une activité économique à part entière, avec ses particularités et sa réglementation, qui aujourd’hui souffre et dont il faut être attentif.

La réorganisation de 2011/12, à partir de problèmes de sécurité qui ne se limitent pas à une simple question de largeur de rue, a permis de mettre en évidence d’autres problématiques qui, en lien avec l’informatisation de la gestion du marché, ont amené à resserrer le périmètre autour des places Notre Dame, Gabriel Deshayes, Joffre et de la République. Ce qui s’est traduit par une réouverture à la circulation de certaines rues (Bourdeloye, Pasteur…) et places (Four Mollet) le lundi. Je m’autorise ici à souligner le paradoxe de voir certains commerçants réclamer la fermeture d’espaces publics à la voiture le lundi, espaces qui doivent être libérés au plus vite pour revoir l’auto avalée le centre une fois le marché achevé, et dénoncer toute approche de piétonisation d’autres jours.

L’outil informatique permet en effet une connaissance plus fine du marché : nombre de commerçants, type … par lundi. Nous ne sommes plus dans l’approximatif. Avec le recul depuis 2011, le mythe des 400 voire 450 commerçants non sédentaires et du plus grand marché de Bretagne appartient au passé. Il est constaté une baisse de participation ces 2 dernières années (plus de 10%). Lorsque l’on atteint 320, c’est déjà bien ; mais nous nous situons en moyenne entre 150 à 200 par lundi dans les meilleurs des cas. Il est urgent de s’interroger sur le pourquoi d’une telle baisse. Les modifications de périmètres ne sont en rien responsables, sauf si on les change constamment ; certaines villes de Bretagne connaissent le même phénomène et les obligent à supprimer leur marché. Une question de pouvoir d’achat peut être !

L’optimisation du périmètre s’impose d’autant plus que notre marché fluctue selon les saisons et est très impacté par la météo. Et il n’y a rien de pire qu’un marché parsemé d’étals. C’est comme une rue commerçante avec une majorité de vitrines murées. La tenue d’un marché en ville c’est aussi une organisation municipale conséquente donc de l’argent public, qui se fait rare aujourd’hui. Une mobilisation de plusieurs services est nécessaire : voirie, police municipale, fourrière, placiers, nettoiement, déchets. Plus le périmètre est étendu plus la sollicitation des services est importante, plus le temps de nettoyage est grand, etc… et plus la ville est libérée tardivement pour les commerçants sédentaires. Le plan de circulation ne peut pas être évoqué que lorsqu’il va dans le sens du poil et être ignorer autrement.

Autres éléments à prendre en compte :
• comment justifier la mise à la fourrière d’un véhicule automobile stationné place Notre Dame si aucun étal n’y est ;
• le manque de place pour les étals est parfois évoqué en cas d’affluence, d’arrivée impromptue de commerçants non sédentaires, la Place Notre Dame peut contenir 200 étals, il y a de la marge…
• le marché d’Auray, c’est des commerçants non sédentaires présents à l’année et un certain nombre, exigeants, qui n’y sont que quelques lundis, en juillet et août notamment.

L’ensemble de ces données militent pour ne pas modifier le périmètre du marché mais plutôt à poursuivre la réflexion pour le rendre plus attrayant, plus dynamique.