Exiger du travail et gratuit de surcroit, alors que le nombre d’emplois sur le marché du travail se réduit, est indigne. D’autant plus qu’au nom de la crise (sempiternelle crise !) le droit de travailler est bien mis à mal ; la précarisation devient la norme avec son lot d’incertitudes et de misères. Personne ne choisi d’être pauvre ou de le devenir. C’est une situation subie et nul n’est à l’abri. En faisant des bénéficiaires des aides sociales, telles que le RSA ou les allocations familiales, des boucs émissaires des élus UMP, qui optent une attitude de Frontisation , menacent de plus en plus les principes fondateurs de la République et du bien vivre ensemble. Opposer les catégories sociales entre elles, alimenter les peurs parce que sa politique économique et en matière d’emplois est défaillante : voilà comment la Droite s’y prend pour garder le pouvoir.

Qu’adviendrait-il si par idéologie ultralibérale l’Etat abandonnait toute politique de solidarité envers les plus démunis, fragilisés par les aléas de la vie ? Notre société se déliterait encore plus et ainsi s’accentueraient la haine de l’autre et l’insécurité dans les quartiers urbains mais aussi dans nombre de communes rurales ou villages. Ce qui amènerait les tenants de plus d’ordre à exiger encore plus de sécurité, accentuant ainsi la dérive sécuritaire déjà constatée depuis 2002. C’est sur ce terreau d’excès du libéralisme débridé, de l’argent roi que germent tous les autoritarismes et les politiques d’austérité, drastiques et injustes. Situations que rejettent par ailleurs au delà de nos frontières les jeunes Grecs, Espagnols et les peuples Arabes aujourd’hui. Vous avez dit révolution !

La pauvreté prive les individus du bénéfice des droits essentiels. Ils connaissent le mal logement, la mal bouffe, le surendettement, et ne disposent pas de moyens pour l’éducation et l’accès à la culture, facteurs d’émancipation. Ils ne partent pas en vacance, pourtant d’aucun reconnaisse que des vacances cela reste un moment privilégié pour renforcer le lien familial. Ils comptent malheureusement parmi ceux qui s’abstiennent aux élections. Quoiqu’il en soit ils sont tous plus méritants et respectables que ceux qui les stigmatisent, que ces riches à qui on ne demande aucune contrepartie aux cadeaux fiscaux que leur attribue généreusement le Pouvoir de Droite.

A cette heure on nous rabâche qu’il faut sauver l’Euro, qu’au nom de la crise de la dette il faudrait en France aussi que les salaires et les retraites soient diminués. Notre salut : suivre l’exemple de la Grèce. Oh crise que de noms as-tu ! Mais de l’argent il y en existe. Selon le rapport de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale, les entreprises du CAC 40 ont réalisé 230 milliards d’Euros de bénéfices cumulés ces 3 dernières années tout en ne payant que 10 milliards d’impôts soit un taux de 4,3 %. De plus la politique de réduction d’impôts à leur égard (suppression de la TP par exemple) est évaluée à 120 milliards d’Euros sur 10 ans. A cela s’ajoute les cadeaux fiscaux accordés aux contribuables assujettis à l’ISF toujours bénéficiaires du bouclier fiscal jusqu’en 2014. Sans ces manques à gagner pour les finances publiques, le déficit public serait ramené à moins de 3 % du PIB sans difficulté. Mais de cela la Droite au garde à vous devant les agences de notation ne veut pas l’entendre. Qui a dit qu’il fallait réguler les Marchés financiers ?

Il est grand temps que grandisse le refus des diktats des Marchés financiers et que monte l’exigence d’un partage des richesses au profit de celles et ceux qui les créent. Les élections de 2012 sont l’occasion de porter le débat nécessaire à la mise en œuvre d’une politique de rassemblement de Gauche qui traite de toutes les questions : de la jeunesse à l’emploi en passant par l’Europe, de la nécessité de mobiliser les moyens financiers pour y parvenir par une réforme juste et égalitaire de l’impôt. Les citoyens dont les revenus n’excèdent point ce qui est nécessaire à leur subsistance doivent être dispensés de contribuer aux dépenses publiques. Les autres doivent les supporter progressivement, selon l’étendue de leur fortune. Ces quelques mots de Robespierre ne sont-ils pas révélateurs !