Il y a quelques jours le premier ministre a précisé comment il entendait y parvenir. Les collectivités locales, principalement les communes, seront appelées à se serrer la ceinture à hauteur de 10 milliards d’euros d’ici 2017 ; cet effort sans précédent s’ajoute aux 3 milliards d’euros déjà prélevés en 2014 et 2015.

Dans sa dernière note de conjoncture sur les finances locales, la Banque Postale établit que la baisse des dotations de l’Etat engagée en 2014 freine déjà l’investissement des collectivités locales et n’est pas sans incidence sur l’activité des entreprises de Travaux Publics et du Bâtiment. Elle prévoit un net recul des dépenses d’investissement des collectivités locales dès cette année (-5,6%). Et elle annonce que cette forte baisse n’est peut-être rien en comparaison de ce que réserve les trois prochaines années. La baisse de 10 milliards d’euros évoquée ci-dessus devrait selon le scénario le plus pessimiste conduire à une chute des investissements de près de 35% d’ici trois ans.

Et combiné à la suppression de la clause de compétence générale aux Régions et aux Conseils Généraux, qui jusqu’à présent permet des financements croisés pour conduire des projets de développement dans les domaines du sport et de la culture notamment, la facture risque d’être salée pour les communes et les intercommunalités et … les entreprises, donc l’emploi.

          Mais comment ressentir dans sa commune l’incidence de ces dispositions budgétaires ? Difficile d’en prendre l’exacte mesure, d’autant plus que l’on nous assène à longueur de temps que les collectivités locales sont trop dépensières. Il est clair que le cumul de ces décisions va impacter l’épargne brute de la commune qui est la différence entre ces recettes, qui vont diminuer, et ces dépenses de fonctionnement, qui sont jusqu’à présent en hausse, transfert de compétences obligent à l’exemple des nouveaux rythmes scolaires. Si rien ne s’y oppose, cette évolution négative va amener rapidement à réduire les investissements et à revoir l’action politique de la ville dans plusieurs domaines.

Á titre indicatif la baisse de dotation de l’Etat pour la ville d’Auray est estimée à 200 000 € au budget primitif 2014, elle sera d’autant en 2015 soit un total sur deux ans de 600 000 € (200 000 € en 2014) + (200 000 € de 2014 + 200 000 € en 2015). Rapporté à l’habitant cela fait 46 €. Pour assurer le fonctionnement et l’entretien courant d’un m² de patrimoine, hors voirie, la ville d’Auray dépense 150 € par habitant. Autre exemple, le montant de la rénovation de la rue du Verger, subventionnée à 50% par l’Etat et la Région et le Département, est de 463 000 €. Demain ces aides ne seront plus possible en raison de la disparition de la clause de compétence générale, d’un côté la ville perd 200 000 € de dotation et de l’autre elle ne bénéficiera plus de subventions … et les besoins d’amélioration de la voirie, de la sécurité des usagers seront toujours là ! Pour compenser de pareilles baisses il faudrait que l’impôt soit augmenté de telle sorte qu’aucun habitant ne l’accepterait. Alors que faire ?

Dans l’immédiat la nouvelle équipe municipale de droite n’envisage pas de revenir sur le budget 2014 de la ville d’Auray voté en février dernier, mais la vigilance reste de mise. Nous le savons, il va falloir l’organiser pour sortir de la désespérance nos concitoyens et faire, avec eux, que leurs attentes sociales et économiques trouvent des réponses dans les budgets à venir. Reste à définir la forme de cette organisation.