Septembre est en effet le mois des demandes de subventions, un rituel en somme mais pas si anodin que cela. A la lecture des bordereaux, il est facile d’établir les grandes lignes budgétaires de l’année qui suit, voire des années suivantes. Et dans le cas d’une alternance municipale, les délibérations prises ont valeur à mes yeux, pour partie, d’orientations politiques. Certes certaines demandes portent sur des dossiers inscrits dans la durée et à caractère annuel, à l’exemple des investissements nécessaire au fonctionnement des activités culturelles de la ville (renouvellement d’équipement de sécurité sonore à Athéna, acquisition d’instrument de musique à l’école de musique, restaurations de biens matériels ou immatériels patrimoniaux au service archives…). D’autres sont relatifs à des projets amorcés précédemment, amendés par la nouvelle équipe municipale dans certains cas : restauration de la façade de l’hôtel de ville avec création d’un accueil de rez-de-chaussée, aménagement du centre ville (de la place Deshayes à celle de la République, avec réfection des parkings Notre Dame et Kériolet…), travaux dans les écoles et les équipements sportifs (réfection de toiture à Tabarly et des sanitaires à Rollo, des enduits extérieurs à St Goustan, réfection des éclairages des gymnases du Verger et de La Forêt), travaux de voirie (avenue De Gaulle et rue Dunant, parking du collège du Verger rue Anne de Bretagne), poursuite de la restauration des terrasses du mausolée Cadoudal et remise en état du pavage du pont de St Goustan. A cela il faut d’ajouter la seconde phase de l’Opération de Renouvellement Urbain du Gumenen Goaner.

Bref, les élus ont voté hier au soir pour 9 536 321 € de dépenses d’investissements, sans inquiétude quant à leur financement, alors que les subventions n’en assurent qu’une partie, et que celles-ci risquent de se réduire comme peau de chagrin à l’avenir. Certes il y a lieu d’étaler certains de ces investissements sur le mandat qui commence, comme les 3 millions d’€ prévus pour le centre ville ou les 4,6 millions d’€ pour l’ORU du Gumenen. Mais quand même ! Il en reste combien pour la seule année 2015 en fait ? Puis en face de ces montants on met quoi, comment on associe les Alréens ? Car au delà des chiffres il y a de l’humain, qui vit dans la ville, qui paie de l’impôt aussi. Il n’est pas dans mon intention de dire que c’est trop, des investissements sont plus que nécessaires car c’est de l’emploi et une réponse aux besoins des habitants, mais peut-on faire comme si de rien n’était, alors que l’on sait que les dotations de l’Etat vont être drastiquement réduites dans les années à venir.

Argent en EurosQui va payer ? Les usagers des services publics comme cela semblent être avec la hausse des tarifs de garderie à Auray en cette rentrée. Ou encore les occupants à titre individuel ou collectif de logements ou de locaux associatifs à qui il est proposé, « incité fortement » ou envisagé un relogement, une hausse de loyer voire l’instauration d’un tarif d’occupation ? Et ainsi … les locaux devenus vacants, bien situés seraient vendus… J’ai d’ailleurs interpellé le maire à ce sujet à l’issue du conseil : « Quelle est votre politique patrimoniale et sociale à l’égard des logements communaux et associatifs ? ». Le maire et son adjointe aux affaires sociales se sont voulus rassurants. Suite à un inventaire, au regard de la vétusté, insalubrité dans certains cas, des mises aux normes imposées comme l’accessibilité, des bilans énergétiques, sonores … l’usage, l’affectation et l’existence même du patrimoine mis à disposition à titre gracieux ou non méritent examen aux dires du maire. Il n’est pas question pour lui de mettre les gens dehors, mais il s’interroge par exemple quant à la pertinence d’avoir des logements sociaux communaux alors que cette compétence incombe aux intercommunalités et aux bailleurs sociaux. Affaire à suivre donc, en commission pour le maire. Et pourquoi pas avec les intéressés ? Reste à voir la forme.

Le Conseil a aussi adopté des conventions d’usage exclusif, partiel ou temporaire d’équipements municipaux tel que le nouveau local bâti en limite du terrain de rugby (pour remplacer l’ancien club house devenu vétuste) dans lequel une salle polyvalente va être partagée entre le club de rugby et les associations ou la ville pour ces propres besoins. Bien que répondant à un besoin bien identifié pour le club de rugby, j’ai émis quelques réserves quant à cette utilisation mutualisée dans la mesure où le club est libre d’aménager la salle polyvalente selon ses souhaits. J’ai souligné le risque d’une autorisation de cette nature, source de conflit d’intérêt entre association occupante à titre quasi-exclusif et usager occasionnel.