Une autre étude d’aménagement urbain, sur un périmètre de 140 hectares, est actuellement en cours à l’initiative d’Auray communauté en lien avec l’arrivée du Bretagne Grande Vitesse et la création du Pôle d’Echange Multimodal. Elle vise à urbaniser l’ouest de l’agglomération d’Auray en intégrant des quartiers de Brec’h, de la gare à la Porte Océane en passant par la Chartreuse, Corohan, Kérizan, Kériquellan, Kéropert (le dernier hameau d’Auray), Toul Garros et Kerbois. Le SCOT, juridiquement opposable aux PLU des communes, en cours d’élaboration par le Syndicat Mixte du Pays d’Auray, défini lui les zones qui enserrent Auray à urbaniser dans les années à venir. Et toutes ces études s’opèrent dans un cadre institutionnel territorial en mouvement avec la création d’une nouvelle intercommunalité.

Ces projets d’urbanisation vont modifier le paysage de la ville d’Auray et de ces alentours dans les 15 à 20 ans, mais vont-ils améliorer la vie de ces habitants, vont-ils créer de l’emploi? S’ils font l’objet d’études menées séparément ils s’interfèrent les uns aux autres aussi leur mise en musique, en valeur et leur restitution doivent être portées publiquement d’un même mouvement ; tout comme doit l’être la concertation qui s’y rapporte. Malheureusement cette concertation est très limitée voir absente, elle reste l’affaire d’initiés. Certes des Ateliers se sont tenus à Auray pour le Centre ville, des réunions publiques sont organisées pour le SCOT et … rien à ma connaissance pour l’ouest d’Auray, mais les alréens disposent-ils de tous les éléments pour se faire une idée de ce qui se trame. Non, loin s’en faut.

Toute approche de concertation tardive lorsque les projets sont bien avancés, donc difficiles à corriger, car établis par des experts et considérés comme chasse gardée par certains élus, est vouée à l’échec. Il y a urgence à sortir de cette idée du dialogue qui se construit dans une relation à sens unique où l’information via la réunion publique fait œuvre de concertation. Toute concertation n’est véritable que si elle est articulée en diverses phases d’information large, de consultation et de débats dans la durée, en amont de la décision et tout au long de l’élaboration des projets. Dans ce méli mélo la ville d’Auray est belle et bien au centre des enjeux d’aménagements du territoire mais elle ne mène pas la danse politiquement. Des pans entiers de la ville et de ses environs sont donc appelés à être urbanisés, à muter dans les années à venir, et pas des moindres à l’exemple du hameau de Kéropert, et les décisions pour ce faire échappent en partie aux Alréens, voir … à leurs élus.

Affirmer le pôle économique d’Auray comme moteur de l’attractivité et de réponse aux besoins de centralité du Pays d’Auray ne doit pas conduire à une densification de nouveaux secteurs qui seraient de nature à fragiliser le centre ville, les autres quartiers et à éloigner leurs populations des services dont elles ont besoin, surtout lorsqu’elles ne disposent pas de moyens de déplacement. Chacun peut comprendre qu’il n’est pas possible d’insérer le très grand commerce dans les centres villes ou bourgs en raison des flux qu’il génère mais les activités de services à la personne ou de loisirs (un cinéma par exemple…), le commerce de détail et le tertiaire pour partie (la CAF…) doivent impérativement y rester, y être incorporés. Cette approche est d’ailleurs soulignée dans le SCOT, pour autant…

L’étude du Centre ville a mis en évidence la nécessité de défendre le commerce du cœur de ville d’Auray. Mais une simple ballade Porte Océane suffit à montrer que le siphonage est bien amorcé, qu’il s’accélère : des services publics (comme la CAF ou une crèche), de nombreuses professions libérales (ophtalmologues, dentistes, …), des petits commerces de détails (coiffeurs, opticiens…) s’y installent. La construction de bâtiment de petit gabarit, où sans le nommer des galeries commerciales prennent corps, risque d’accentuer ce déport. Demain avec l’édification de logements sur le plateau de Kéropert jusqu’au Reclus ou à Corohan, voir au sein même des dites zones d’activités, en sus de ce qui se fait sur Kerbois, le centre de gravité urbain et commercial de la ville d’Auray va se déplacer. Et avec un secteur de services et de loisirs fort (crèche, piscine, cinéma, hôtel, restaurants, CAF, CMS du CG … l’Hôtel intercommunal) un nouveau centre d’intérêt prend forme, se met en place de manière uniforme, technicienne et marchande pour satisfaire une société consumériste. Ne sommes-nous pas en train qu’esquisser le centre de ce d’aucun appelle l’Agglomération d’Auray ? Après le cœur de ville, le port de St Goustan, la gare, le temps est venu pour les bâtisseurs du XXIème siècle !

Une nouvelle étape de conquête de nouveaux territoires est en marche pour écrire une autre page d’histoire d’Auray qui est passé de 140 hectares en 1850 à 690 hectares aujourd’hui après l’annexion de plus de 430 hectares de Brec’h (des quartiers de Kerdrain à la gare) et plus de 100 hectares de Pluneret (St Goustan). Mais avec l’intercommunalité et les prochaines lois de décentralisation, la commune en voie d’évaporation, ces questions de territoires et de clochers appartiendront-elles encore au passé ? Est-ce que l’on veut ?