Présidé par Jean Moulin, puis par Georges Bidault, le CNR regroupe huit réseaux, des partis politiques dont le PCF et des représentants des syndicats CGT et CFTC. Ce Conseil est chargé d’élaborer un programme de gouvernement en prévision de la libération de la France occupée par les nazis. Adopté le 15 mars 1944, ce programme arrête un ensemble de principes et de valeurs qui forme les bases du contrat social et de vie démocratique de notre pays ; ensemble qui ne cesse d’être détricoté depuis des décennies au motif que l’Etat ne peut plus en assumer les coûts, au nom de la sacro-sainte loi du marché dit libre et non faussé.

A cette heure où notre pays connaît nombre de difficultés il est bon de se souvenir de ces combattants qui à l’issue de cette guerre atroce et face aux difficultés de la reconstruction avaient eu le courage et l’audace de mettre en œuvre ce programme de conquête sociale, démocratique et économique. C’est ainsi que la Sécurité Sociale vit le jour sous l’impulsion du ministre du travail Ambroise Croizat conformément au programme du CNR qui stipulait la création « d’un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail », et « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ». L’actuel ministre du travail serait bien inspiré de relire ces quelques lignes à l’aune d’une énième réforme des retraites, à l’heure où le chômage frappe toutes les familles.

Guy MocquetC’est aussi au nom de ce programme que les sources d’énergie (charbon, électricité et gaz) furent nationalisées. A l ‘époque il était question du « retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques » et de « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie », ou encore « une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie des la dictature professionnelle instaurée à l’image des états fascistes ». Qu’es tu devenu cher programme ? De coups de boutoirs en renoncements l’idéal s’en est allé en fumée pour se soumettre à l’argent roi sacralisé.

Résister est à nouveau à l’ordre du jour. Et de citer Stéphane Hessel qui vient de nous quitter : « Nous, vétérans des mouvements de résistance et des forces combattantes de la France libre, nous appelons les jeunes générations à faire vivre, transmettre, l’héritage de la Résistance et ses idéaux. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers, qui menace la paix et la démocratie ».

A l’initiative de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance, avec le concours de la ville d’Auray, une cérémonie se tiendra dimanche 26 mai 2013 à 10 h 30 aux monuments aux morts d’Auray pour commémorer cet anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance. Nous nous devons d’y assister en mémoire de nos aînés et pour montrer notre détermination à ne pas laisser les valeurs et principes du programme du CNR sombrer à tout jamais.