Les pistes exploitées pour casser le service public de l’Education Nationale sont nombreuses. Ne plus scolariser les moins de 3 ans (et ainsi accélérer la fermeture de classes en école maternelle telle qu’annoncée à Pluneret ces derniers jours) est très prisé depuis quelques années : 2 à 3 % de baisse des effectifs en maternelle permet de gagner 1 000 postes d’enseignants. Autres pistes : la réduction du nombre de remplaçants qui se traduit par des classes sans professeur durant des jours comme à l’école du Loch d’Auray il y a peu, la fermeture de classes dans les filières professionnelles à l’exemple de la suppression de Bac Pro au Lycée Colbert de Lorient, la surcharge des classes à 35 élèves voir plus, le regroupement de filières comme au lycée St James à Etel où les 2 classes nautiques et carrosseries n’en ferons plus qu’une ; la baisse du taux d’encadrement des élèves…

Et le top du top, la récupération des postes d’enseignants qui n’ont pas de classe, qui ne sont pas devant des élèves selon le ministre à savoir ceux des RASED. Ces postes dédiés à l’aide spécialisée aux élèves en difficultés constituent un dispositif d’accompagnement scolaire très utile et ont montré leur efficacité pour lutter contre les inégalités. Les élèves qui bénéficient de ce soutien vont payer la note et voir leur situation s’aggraver. Est-ce ainsi que l’Ecole de la République doit traiter ses enfants, surtout ceux qui sont frappés par l’adversité, qui sont les premières victimes de la crise sociale qui mine notre pays ?

Quelle valeur donner aux propos du Président de la République qui annonçait en septembre 2011 le gel des fermetures de classes dans le primaire à la rentrée 2012. Il est vrai que le candidat-président Sarkozy, qui promettait en 2007 que « dans les quartiers où s’accumulent tous les problèmes de l’exclusion et du chômage, de créer des classes de quinze élèves dans les collèges et les lycées », n’en est pas à un mensonge près.

Devant ces annonces la riposte s’organise avec les enseignants, les parents et les élus des territoires. Je suis solidaire de leurs luttes et leur apporte mon soutien pour que l’Ecole dispose des moyens nécessaires à ses missions car l’élève, nos enfants n’ont que l’Ecole pour apprendre. La saignée doit cesser.