Une union n’est possible que si les choses sont clairement dites, mises sur la table : ce que l’on partage, ce qui nous divise, au delà des femmes et des hommes que nous sommes, de nos engagements. La vie politique, l’action des politiques nous sont témoins. Ce n’est pas par un simple coup de changement de Président de la République et de majorité parlementaire que le changement annoncé, attendu se réalise. Ce n’est pas parce que la France vient de connaître un fort mouvement républicain suite aux attentats tragiques de ce début de mois, sorte de trêve calmant pour un temps les haines et les rejets nourris des casses sociales, que l’union s’impose. Et que dire des congratulations de certains ministres et élus socialistes suite à la victoire de Syriza en Grèce ce week-end. Je suis Syriza, mais de grâce ne prétendez pas l’être car le peuple grec vient de jeter aux orties la politique d’austérité qu’impose la commission européenne à tous les peuples européens et que vous soutenez, malgré certains soubresauts.

Il n’est jamais bon de prendre un train en marche. Force est de constater que depuis 2012 les actes sont bien différents des formules séduisantes et électoralistes. Le peuple, les salariés, les militants du Front de Gauche se sont engagés à fonds pour le changement et quand celui-ci est arrivé, alors que vous avez bénéficié de cet effort, vous leur tournez le dos.

Le parti socialiste a été un parti révolutionnaire, il y a longtemps, car il ne se bornait pas à réformer et à palier aux pires abus du capital mais visait à réformer la société en affirmant la souveraineté économique du peuple, la souveraineté du travail, grâce à la construction d’une République laïque, sociale et démocratique, y compris dans l’entreprise et la cité. C’est loin d’être la doctrine d’aujourd’hui : après avoir fléchi devant le MEDEF en lui accordant des milliards, bridé l’intervention des collectivités locales par une baisse sans précédent des dotations, redéfini les institutions territoriales sans consulter le peuple, c’est au tour de la loi Macron qui libéralise à tout va maintenant. Adieu Départements, Prud’hommes, médecine du travail et autres représentations du personnel. Une loi contre les salariés alors que ceux-ci étaient en droit d’attendre que le Gouvernement qu’ils ont élus les préserve des lendemains difficiles. Aussi il n’y a pas lieu de s’étonner que ceux qui vous ont fait rois vous détrônent. Quoique de plus normal que d’être chassé comme peut l’être un salarié dans sa boîte, sans indemnités, ni recours. Et oui l’exercice de la liberté, sa défense, scander « je suis Charlie » ne suffissent pas à réaliser la justice.

Localement aussi une union n’est possible que si les choses sont clairement dites, mises sur la table. Comment continuer le combat ensemble lorsque les actes sont contraires à la volonté exprimée, lorsque dans les faits vous ignorez vos partenaires ? Prétendre représenter la seule opposition de gauche à Auray en affichant un score de 47,5 % et oublier comment ensemble nous y sommes parvenus ce n’est pas faire œuvre d’union. Il faut se rendre à l’évidence, la lecture de certains articles de presse locale suffit à étayer le propos : il n’y a pas une opposition à la droite municipale à Auray, non, il y en a deux. Celle issue de vos rangs et celle bâtie avec le Front de gauche. Désormais il faudra l’entendre ainsi.