Ce cahier d’acteur a été élaboré dans une démarche de participation active des membres du CODEPA et validé par son Conseil d’Administration réuni le …………. Il prend appui sur les contributions antérieures du CODEPA, notamment celle relative au schéma de déplacements en Pays d’Auray élaborée dans le cadre du Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) validé en 2014, et sur le travail d’investigation mené avec les autres Conseils de Développement de Bretagne sur la réhabilitation de la ligne ferroviaire Auray-Saint Brieuc depuis plusieurs année.

Rythmes scolairesPour le CODEPA, ce projet de liaisons nouvelles ferroviaires, qui vise à améliorer l’offre de transport de la Bretagne dans la continuité de Bretagne Grande Vitesse (BGV), ne peut se concevoir que s’il profite à tous les bretons, par un renforcement de la cohésion et de la connexion des pays bretons et de leur attractivité économique.

Ce projet est à placer dans un contexte :
• de métropolisation des territoires, très marquée à l’Est de la Bretagne par la formation d’une conurbation de Rennes à Nantes, qui concentre un fort développement économique, et à l’Ouest avec la Métropole de Brest en formation ;
• de pression démographique conséquente, qui va s’accentuer dans les prochaines décennies selon les données INSEE, corrélée à un accroissement du vieillissement de la population, du littoral Sud de la Bretagne notamment pour les Pays d’Auray, de Lorient et de Vannes ;
• d’affaiblissement du centre Bretagne, qui ne dispose pas par ailleurs de liaisons ferrées voyageurs connectées au réseau TGV et TER malgré l’existence d’un réseau transversale partiellement utilisé pour le Fret aujourd’hui.

Le CODEPA prend note de l’objectif affiché de mettre la pointe bretonne et les villes de Brest et Quimper à 3 heures de Paris, et de renforcer la desserte Rennes-Nantes. Il considère néanmoins que ce projet ne doit pas conforter la métropolisation de ces collectivités au détriment d’un développement harmonieux des territoires bretons, littoraux et ruraux, de centre Bretagne notamment. Il rejette toute forme de bipolarisation territoriale qui participerait à un déséquilibre entre l’ouest et l’est de la Bretagne.

Le CODEPA considère que ce projet n’a de consistance que s’il est inscrit dans un projet de développement de la Bretagne, tant qu’économique que social. Il doit par conséquent amener les élus et les acteurs de la société civile à définir un projet d’avenir qui conforte les activités existantes et qui fait naître de nouvelles opportunités pour créer de l’emploi pérenne.

Photo gare d'AurayIl affirme son attachement au maintien des dessertes TGV et TER des gares actuellement desservies, notamment Auray. Pour lui, ce projet ne peut être réussi que s’il est lié aux Pôles d’Echanges Multimodaux (PEM), en cours d’aménagements ou à réaliser, et aux gares actuelles, à partir desquels il faut développer des services annexes d’intermodalité.

Ce projet doit accompagner une réhabilitation des lignes ferrées Auray-Saint Brieuc et Auray-Quiberon, par la mise en circulation de trains, pour que l’effet « gain de temps » profite à tous les territoires, à tous les usagers, tant littoraux que ruraux. L’amélioration de l’offre de transport par fer est de nature à répondre aux besoins croissants de transports collectifs, et elle s’inscrit dans une démarche de transition énergétique qui prenne en compte la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour le CODEPA, une politique cohérente de transport est celle qui privilégie la complémentarité et l’intermodalité, en excluant toute concurrence entre modes.

Un des scénarios envisage la création d’une ligne nouvelle de Rennes vers Saint Brieuc et Vannes, le CODEPA trouve surprenant de ne pas utiliser le foncier ferroviaire déjà disponible avec la ligne transversale Auray-Saint Brieuc pour ce scénario. Il pense qu’inscrire ce tronçon ferré dans ledit scénario contribuerait au développement économique du centre Bretagne en reliant de nombreuses villes moyennes bretonnes entre elles et au réseau « grande vitesse », d’autant plus si ce projet est concomitant au développement du numérique dans les territoires traversés. Ainsi le coût d’acquisition de foncier serait moindre et les incidences environnementales atténuées.

Photo d'un TGVAu vu des différents scénarii proposés, des variantes qui s’y rattachent, et du coût de la minute gagnée, le CODEPA :

demande à faire étudier une variante non prévue au dossier, à savoir l’intégration de l’axe Nord/Sud, de Saint Brieuc à Auray ;

priorise d’abord l’aménagement de l’ouest de la Bretagne avant l’axe Rennes-Nantes, par un renforcement de l’existant, notamment l’axe Auray-Quiberon.

Pour conclure, si ce projet est de nature à améliorer l’accessibilité et la mobilité des bretons à l’horizon 2030, il ne dispense pas d’apporter dès à présent toutes les améliorations utiles et possibles au réseau pour que les services actuels répondent au mieux aux besoins des populations.